L'émissaire de l'ONU en Syrie Geir Pedersen (2e à g) reçu le 20 mars 2019 par le président libanais Michel Aoun au palais de Baabda. Photo tirée du compte Twitter de la présidence
Le président libanais, Michel Aoun, a de nouveau affirmé mercredi, en recevant au palais de Baabda l'émissaire de l'ONU en Syrie Geir Pedersen, que le Liban ne pouvait plus supporter les conséquences de la présence des plus d'un million de réfugiés syriens, appelant à œuvrer "sérieusement" à leur retour dans des zones sûres dans leur pays.
"En tant que responsables, nous sommes inquiets pour notre pays. Nous sommes arrivés au bout de nos capacités à supporter les conséquences de la présence des réfugiés syriens. Il faut sérieusement œuvrer à leur retour dans les zones sûres de Syrie qui sont désormais vastes et capables de les accueillir", a déclaré le chef de l'Etat libanais à M. Pedersen, selon un communiqué de la présidence libanaise.
"Plusieurs pays ont pris part à la guerre en Syrie et ils veulent que nous en assumions les conséquences. Si ces pays avaient consacré 10% des coûts de cette guerre pour régler la tragédie des réfugiés, ils auraient contribué à régler les problèmes de ces derniers et éviter au monde plus de crises", a ajouté le chef de l'Etat, rappelant que "le Liban n'a jamais refusé d'accueillir les réfugiés syriens durant toutes ces années de guerre pour des raisons humanitaires". "Aujourd'hui, cela n'est plus nécessaire car la Syrie commence à retrouver sa sécurité et sa stabilité, hormis des petites poches", a affirmé le président Aoun.
Le Liban accueille près d’un million de réfugiés syriens, et la question de leur retour fait polémique sur la scène politique libanaise. Certains responsables, et notamment Michel Aoun, appellent à organiser le retour de ces réfugiés vers la Syrie, estimant que le pays quasi-entièrement reconquis par les forces du régime est désormais "sûr". D'autres calquent leur point de vue sur celui de la communauté internationale et appellent à un règlement politique du conflit avant d'assurer ce retour.
Le chef de l'Etat a de nouveau appelé les Nations unies et les grandes puissances à proposer leur aide aux Syriens revenant chez eux, "d'autant que plusieurs régions n'ont pas subi de destructions".
Dans la journée, la Sûreté générale libanaise a indiqué que 172 046 réfugiés syriens étaient rentrés chez eux depuis mai 2018 dans le cadre des opérations de retour volontaire qu'elle organise en coordination avec les autorités syriennes. Ces retours se font sur la base de listes nominatives transmises par la SG aux autorités syriennes qui acceptent certains noms et en rejettent d'autres.
De son côté, M. Pedersen a salué l'assistance fournie par le Liban aux réfugiés syriens et réitéré le soutien de l'ONU au Liban, rappelant que l'une de ses fonctions principales est d'aboutir à une solution politique au conflit syrien.
L'émissaire norvégien, qui revient de Syrie où il s'est notamment entretenu avec le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem, a en outre évoqué avec le président libanais le résultat de ses contacts avec les responsables du régime syrien et les membres de l'opposition syrienne à Riyad.
M. Pedersen s'est ensuite entretenu avec le directeur général de la SG, Abbas Ibrahim.
La semaine dernière, le Premier ministre Saad Hariri avait appelé lors de la conférence de "Soutien à l’avenir de la Syrie et de la région", organisée conjointement par l'UE et l'ONU à Bruxelles, la communauté internationale à faire pression sur le régime du président syrien Bachar el-Assad pour faciliter le retour des réfugiés de son pays, demandant aux pays donateurs d'accroître leur aide au Liban.
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Mais c’est humain que voulez vous que les syriens aillent faire en Syrie ? Plus de maison ( occupées par des membres d’une autre communauté ou des profiteurs de guerre ou exproprié sans indemnité) , plus de travail , pas d’argent , le service militaire pour devenir de la chair a canon . un régime qui ne fait absolument rien pour leur retour car sincèrement , ce n’est pas vraiment sa tasse de thé ....l’humanitaire .
20 h 24, le 20 mars 2019