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À La Une - Liban

Corruption : Siniora est une "ligne rouge", affirme le mufti de la République

Reçu par Hariri, le cheikh Abdellatif Deriane appelle les responsables à "résoudre le dossier de la lutte contre la corruption dans le cadre des institutions de l'Etat", loin de toute "vindicte politique". 

Le mufti de la République, cheikh Abdellatif Deriane, reçu par le Premier ministre Saad Hariri, lundi 4 mars 2018, au Grand Sérail. Photo Dalati et Nohra.

Le mufti de la République, le cheikh Abdellatif Deriane, a déclaré lundi que l'ancien Premier ministre Fouad Siniora, qui est ces derniers jours l'objet de violentes accusations de corruption de la part du Hezbollah, est considéré comme "une ligne rouge" à ne pas dépasser, appelant à tenir la lutte contre la corruption à l'écart de la "vindicte politique". 

"La lutte contre la corruption est essentielle à l'établissement d'un Etat juste et fort", a affirmé le mufti du Grand Sérail, où il s'est entretenu avec le Premier ministre, Saad Hariri. Il a toutefois appelé à "résoudre ce dossier dans le cadre des institutions de l'Etat", soulignant qu'il existe "des organismes de surveillance qui doivent accomplir leur devoir". "Nous refusons toute surenchère et vindicte politique dans ce dossier", a-t-il insisté. "Fouad Siniora est une ligne rouge. Il est un homme d'Etat excellent et c'est lui qui a rendu aux comptes publics leur transparence et leur crédibilité", a-t-il déclaré, avant de souligner que M. Siniora est "une personnalité de grande valeur, que nous défendrons contre toute calomnie".

Depuis plusieurs semaines, le Hezbollah et le Courant patriotique libre (CPL, fondé par le chef de l'Etat, Michel Aoun) s'affichent à l'avant-garde de la lutte contre la corruption, en ouvrant plusieurs dossiers liés aux comptes publics. La semaine dernière, le député du bloc du parti chiite, Hassan Fadlallah, avait remis au procureur général financier, Ali Ibrahim, les documents liés au dossier des comptes publics afin qu’il ouvre une enquête sur des milliards de livres libanaises qui auraient disparu, selon lui, notamment durant la période 1993-2012. L'ancien Premier ministre et ministre des Finances, Fouad Siniora, un des faucons du Courant du Futur de M. Hariri, avait exposé vendredi son point de vue sur ce dossier, chiffres à l'appui, lançant une virulente attaque contre le Hezbollah.

Samedi, M. Fadlallah, avait estimé que "Fouad Siniora se désigne lui-même comme accusé, en se montrant tendu et colérique, ce qui pose de nombreuses questions, d'autant que son intervention télévisée était empreinte de violence politique et communautaire et d'accusations lancées pour détourner l'attention du dossier des comptes publics".


De son côté, le cheikh Nabil Kaouk, membre du Conseil central du Hezbollah, a qualifié lundi la lutte contre la corruption de "résistance, au même titre que la résistance contre l'occupation" israélienne et de "responsabilité religieuse et nationale". "Nous n'avons pas l'intention de nous venger de quelqu'un en particulier ou de régler des comptes", a-t-il affirmé. 


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Le mufti de la République, le cheikh Abdellatif Deriane, a déclaré lundi que l'ancien Premier ministre Fouad Siniora, qui est ces derniers jours l'objet de violentes accusations de corruption de la part du Hezbollah, est considéré comme "une ligne rouge" à ne pas dépasser, appelant à tenir la lutte contre la corruption à l'écart de la "vindicte politique". "La lutte contre la corruption est essentielle à l'établissement d'un Etat juste et fort", a affirmé le mufti du Grand Sérail, où il s'est entretenu avec le Premier ministre, Saad Hariri. Il a toutefois appelé à "résoudre ce dossier dans le cadre des institutions de l'Etat", soulignant qu'il existe "des organismes de surveillance qui doivent accomplir leur devoir". "Nous refusons toute surenchère et vindicte politique dans ce dossier", a-t-il insisté....
commentaires (14)

Et le Hezbollah est irréprochable ?

Eleni Caridopoulou

18 h 04, le 12 mars 2019

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Commentaires (14)

  • Et le Hezbollah est irréprochable ?

    Eleni Caridopoulou

    18 h 04, le 12 mars 2019

  • Portez donc le dossier du port en citant les responsables clés preuves à l’appuie à la Justice. Qui vous en empêche? D’ailleurs commencez par vous-même, lorsque vous avez quelque chose à récupérer au port, n’allez pas voir qui connait qui au port où à l’aéroport. Même moi je peux entrer à l’intérieur des conteneurs sans faire partie du Hezbollah ni de quoique se soit. Condamner un crime n’empêche pas d’en condamner un autre. Par contre faire 1 erreur et penser la compenser par une deuxième, cela fait toujours 2 erreurs au final au lieu d’une.

    Chady

    11 h 40, le 05 mars 2019

  • C'est scandaleux qu'un dignitaire religieux se mêle de justice et de politique. C'est faire obstruction à la justice que de dire que M. Siniora est une ligne rouge. J'espère que personne ne selm laissera intimider par ses déclarations qui nous ramènent au Moyen âge, direct. Et sans rappeler le veto de ce même cheikh et de Mgr Raï au mariage civil "un péché". Les Algériens sont dans la rue...

    Marionet

    20 h 05, le 04 mars 2019

  • La justice n'a pas besoin du feu vert de quiconque et surtout pas de ligne rouge!! Alors ça passe mieux comme cela ?

    Tina Chamoun

    18 h 06, le 04 mars 2019

  • IL Y A CERTAINS DONT LES INTERETS SONT CONTRE L,AVANCEMENT DU PAYS. ILS NE VEULENT PAS QU,IL AILLE DE L,AVANT MAIS DEFRINGOLE EN ARRIERE. ET, ILS SONT TOUT DESIGNES !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    17 h 03, le 04 mars 2019

  • Selon les médias européens dont "Le Point", les usines artisanales du captagon dans la Békaa font de la résistance au sommeil...au même titre que la résistance dans les deux tiers du Golan syriens occupés par Israél depuis 52 ans.

    Annie

    16 h 55, le 04 mars 2019

  • CE SONT DES ACTIONS REVANCHARDES QUI SONT LANCEES PAR LES PLUS CORROMPUS DES CORROMPUS. QU,UNE COMMISSION SOIT FORMEE D,URGENCE LOIN DES PRESSIONS POLITIQUES ET QUI INVESTUGUERA ET REPORTERA A LA JUSTICE TOUT ACTION CORROMPUE... EN COMMENCANT PAR L,AEROPORT, LES PORTS, LES FRONTIERES TERRESTRES ( TRAFICS DE TOUT GENRE ), L,EDL, LES BARGES TURQUES ET TOUTES LES INSTITUTIONS DU SECTEUR PUBLIC. CA S,APPELLE COMBATTRE LA CORRUPTION. ENTRETEMPS QUE LE GOUVERNEMENT S,ATTABLE SANS RETARD AUX REFORMES ET PROFITE DES AIDES ET INVESTISSEMENTS DE LA CEDRE ET AUTRES !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    16 h 15, le 04 mars 2019

  • La justice est magnifique sans empreinte de revanche ... la justice doit être impartiale ... la justice contre la corruption est demandée certes !! Mais dans ce cas alors demandons justice pour toutes les corruption surtout celle du port que certain grand riche ne paie qu’une partie de la douane ou pas du tout cela aider par certaines personnes untouchable c’est même devenue un barème que tout le monde connaît

    Bery tus

    16 h 08, le 04 mars 2019

  • "Une ligne rouge"??? Qui vous a octroyé ce droit Cheikh Deriane? Même le Président de la République ne peut constituer une ligne rouge lorsqu'il s'agit de corruption!! De toute façon c'est Mr. Siniora lui-même qui s'est mis en pleine ligne de tir, et le simple fait de dire qu'il constitue une ligne rouge implique que ses défenseurs sont dans le même giron. Il est temps de mettre tous nos politiciens -j'entends "TOUS"- a pied d’égalité devant la justice...ou ce qui'il en reste! Pauvre Liban qui continuera d’être sous l'emprise des chefs religieux

    Georges Breidy

    15 h 57, le 04 mars 2019

  • C'est pourtant la première fois dans l'histoire du Liban que la Justice est saisie pour traiter de tous les cas de corruption de nos dirigeants de tous bords ! Ce serait dommage de lui mettre d'ores et déjà des lignes rouges !

    Chucri Abboud

    15 h 43, le 04 mars 2019

  • La Justice indépendante et impartiale ne devrait pas être limitée par des lignes rouges ! Elle n'a de limite que la loi ! Vorre déclaration est un vrai recul Monsieur le Mufti de la République !

    Chucri Abboud

    15 h 40, le 04 mars 2019

  • Et pourtant, Monsieur Nabil Kaouk, vous et vos partenaires et associés du Hezbollah ne faites que cela, depuis le lundi 25 février 2019 : vous venger et règler des comptes en accusant des "particuliers" de la vie politique qui ne sont pas de votre bord ! Et vous, bien-entendu, vous êtes des princes de l'honnêteté irreprochables... Irène Saïd

    Irene Said

    15 h 23, le 04 mars 2019

  • “... l’objet de violentes accusations” Citez nous en 1 seule

    Chady

    15 h 16, le 04 mars 2019

  • ""Siniora est une "ligne rouge", affirme le mufti de la République"" On n'a dans ce pays que des lignes rouges. la même ligne rouge pour le mariage civil, même ""facultatif"". C'est pas mal les lignes rouges, après les lignes vertes de la guerre.

    Charles Fayad

    15 h 12, le 04 mars 2019

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