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Liban

Le gouvernement britannique veut interdire la branche politique du Hezbollah

Réagissant à la décision britannique, le chef de la diplomatie libanaise Gebran Bassil a estimé qu'elle "n'aura pas d'impact négatif direct" sur le pays du Cèdre.

Des partisans du Hezbollah brandissant des drapeaux du parti chiite lors d'un discours de Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah, retransmis sur un écran, le 1er mai 2018 à Baalbeck, dans la Békaa. REUTERS/Hasan Abdallah

Les autorités britanniques ont dévoilé lundi leur intention de placer la totalité du Hezbollah libanais, et non plus uniquement sa branche militaire, sur leur liste des organisations accusées de terrorisme.

"Le Hezbollah poursuit ses tentatives de déstabilisation de la situation fragile au Moyen-Orient, et nous ne sommes plus en mesure d'établir une distinction entre sa branche militaire déjà proscrite et son parti politique", a annoncé le ministre britannique de l'Intérieur, Sajid Javid. "De ce fait, j'ai pris la décision de proscrire le groupe dans son intégralité", ajoute-t-il dans un communiqué.

Cette interdiction entrera en vigueur vendredi si elle reçoit l'aval du Parlement, ce qui ne devrait être qu'une formalité. L'appartenance au Hezbollah ou toute incitation à le soutenir sera considérée comme un crime passible de dix ans de prison. 

Réagissant à la décision britannique, le chef de la diplomatie libanaise Gebran Bassil a estimé qu'elle "n'aura pas d'impact négatif direct sur le Liban, car on a déjà l'habitude de cette situation avec d'autres pays". Le parti de M. Bassil est allié au Hezbollah au sein du gouvernement. Les responsables britanniques, notamment la Première ministre Theresa May, ont assuré aux autorités libanaises "qu'ils ne voulaient pas que cette question ait un impact sur les relations bilatérales", a précisé M. Bassil en conférence de presse, au côté de la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini.


"Du sang américain sur les mains"

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a, lui, "félicité" Londres pour cette décision. "Ce groupe terroriste parrainé par l'Iran a du sang américain sur les mains. Il continue de préparer et mener à bien des attentats au Moyen-Orient, en Europe et dans le monde entier", a-t-il commenté sur Twitter.

Le gouvernement israélien s'est de son côté réjoui de l'annonce britannique et a demandé aux pays de l'Union européenne de suivre cet exemple.



(Lire aussi : Macron : La France fait "le distinguo" entre les branches politique et militaire du Hezbollah)



En 2008, le gouvernement britannique avait ajouté la branche armée du Hezbollah à sa liste des organisations terroristes interdites, alors que seule "l’organisation de la sécurité extérieure" du Hezbollah figurait auparavant sur cette liste, créée dans le cadre d’une législation antiterroriste renforcée votée en 2000. 

L'année dernière, un expert anti-terroriste américain avait déclaré que "Londres a un problème avec le Hezbollah", affirmant que le parti chiite libanais est impliqué dans un trafic de drogue sur le territoire britannique ayant pour but de financer ses activités militaires. Matthew Levitt, directeur du programme de contre-terrorisme du Washington Institute for Near East Policy, avait alors avancé que la politique de Londres concernant le Hezbollah est "inefficace", et que la présence de partisans de la formation chiite dans la capitale du Royaume-uni est "un problème majeur".


Le Hezbollah est considéré comme une organisation terroriste par Israël et les Etats-Unis, mais seule sa branche armée est classifiée comme telle par l'Union européenne. Elle fait ainsi une distinction entre cette aile-là et la composante politique du parti chiite. L'UE avait imposé en 2013 des sanctions contre la branche armée du Hezbollah. En 2017, plusieurs pays arabes, notamment ceux du Golfe, ont qualifié le parti de "terroriste".

Le bloc du Hezbollah au Parlement est composé de 14 députés. Le parti chiite dispose en outre de trois portefeuilles au sein du nouveau gouvernement du Premier ministre Saad Hariri : la Santé, dirigé par Jamil Jabak, qui ne fait pas officiellement partie du parti mais est le médecin personnel de son secrétaire général, Hassan Nasrallah ; la Jeunesse et les Sports, dirigé par Mohammad Fneich ; et le ministère d’Etat pour les Affaires du Parlement, dirigé par Mahmoud Comati. 



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Les autorités britanniques ont dévoilé lundi leur intention de placer la totalité du Hezbollah libanais, et non plus uniquement sa branche militaire, sur leur liste des organisations accusées de terrorisme."Le Hezbollah poursuit ses tentatives de déstabilisation de la situation fragile au Moyen-Orient, et nous ne sommes plus en mesure d'établir une distinction entre sa branche militaire...

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LES BRITANNIQUES ECHOUANT DANS L,AFFAIRE DU BREXIT ET ECONOMIQUEMENT EN SUSPENS VEULENT SE FAIRE DISTINGUER PAR QUELQUE CHOSE... QUOI QU,ELLE SOIT !

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

19 h 57, le 25 février 2019

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Commentaires (2)

  • LES BRITANNIQUES ECHOUANT DANS L,AFFAIRE DU BREXIT ET ECONOMIQUEMENT EN SUSPENS VEULENT SE FAIRE DISTINGUER PAR QUELQUE CHOSE... QUOI QU,ELLE SOIT !

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    19 h 57, le 25 février 2019

  • Allignement sur Trump.

    Sarkis Serge Tateossian

    18 h 13, le 25 février 2019