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Économie

Hydrocarbures offshore : ouverture de quatre nouveaux blocs pour le 2e round

Énergie

L’État libanais pourrait prendre part au consortium qui remportera le 2e round à travers une compagnie nationale pétrolière, a annoncé le ministre de l’Énergie.

24/12/2018

L’Autorité de l’énergie (LPA, rattachée au ministère de l’Énergie) recommande l’ouverture de quatre nouveaux blocs, sur les dix que compte la Zone économique exclusive (ZEE), pour le deuxième round d’attribution des licences d’exploration et de production d’hydrocarbures offshore, qui devrait être lancé début 2019. Il s’agit des blocs 1 (au nord-est), 5 (au centre-est), 8 (au sud-est) et 10 (au sud-ouest), comme l’a précisé la LPA sur son site. Le Liban avait signé en février dernier ses deux premiers contrats d’exploration et de production d’hydrocarbures offshore avec le consortium Total-Eni-Novatek pour les blocs 4 (au centre-ouest) et le bloc 9 (au sud).

Les compagnies souhaitant participer au processus d’appel d’offres doivent être présélectionnées en tant qu’opérateurs ou non-opérateurs. Elles bénéficieront d’une période de quatre mois – entre janvier et avril 2019 – pour soumettre leurs demandes de préqualification. La liste des sociétés présélectionnées sera communiquée en mai 2019. Une fois préqualifiées, elles seront tenues de former des consortiums composés d’au moins trois sociétés, dont au moins une préqualifiée en tant qu’opérateur. Elles disposeront alors d’au moins six mois – entre mai et octobre 2019 – pour préparer et soumettre leurs offres. Celles-ci seront évaluées par la LPA, qui remettra ses recommandations au ministre de l’Énergie. Ce dernier les transmettra alors pour approbation en novembre 2019 au Conseil des ministres, qui devra décider de l’attribution ou non de licences d’exploration et de production aux gagnants désignés par la LPA. Le cas échéant, la signature des nouveaux contrats sera donc prévue pour décembre 2019.


(Lire aussi : Total lance un appel à manifestation d’intérêt pour établir une base logistique à Beyrouth)


Compagnie nationale pétrolière
Pour ce deuxième round, « l’État libanais envisage de prendre part au consortium qui remportera l’appel d’offres », a annoncé le ministre de l’Énergie, César Abi Khalil, dans un entretien accordé au magazine al-Iktissad wal Aamal pour son édition de janvier 2019. Le cas échéant, cela signifie que l’État devra créer courant 2019 une compagnie nationale pétrolière qui deviendra actionnaire à part entière du consortium et que les modalités des futurs contrats d’exploration et de production seront de fait différentes de celles liant l’État à Total-Eni-Novatek. « La décision sera prise par le Conseil des ministres après étude des risques et des opportunités d’une telle option », a assuré César Abi Khalil, avant d’indiquer que de nouveaux décrets devront être publiés pour fixer le protocole de l’appel d’offres et établir de nouveaux contrats-types pour ce deuxième round. « Nous avons préparé avec la LPA une étude globale sur ce sujet qui sera présentée en Conseil des ministres, incluant le pourcentage de prise de participation de l’État, l’étape à laquelle elle devrait avoir lieu, les modalités de paiement de cette prise de participation, et si le paiement devra être effectué lors de la création du consortium ou bien si celui-ci devra être assumé dans un premier temps par les compagnies pétrolières avant d’être retranché ultérieurement », a expliqué le ministre.

Une telle décision devrait permettre de maximiser les revenus potentiels de l’État libanais issus de la production d’hydrocarbures offshore. Car en plus des royalties, de la part de l’État dans le partage des revenus (profit oil) et de l’impôt sur les bénéfices des compagnies pétrolières, l’État aura également une part des revenus de ces compagnies.

Il reste que la création d’une compagnie nationale pétrolière est loin de faire l’unanimité. Le PSP, le mouvement Amal, le Hezbollah ou encore l’expert en hydrocarbures Nicolas Sarkis ont toujours préconisé sa création dès le premier round en vue de permettre au Liban de développer une expertise plus pointue dans le domaine, d’accéder aux informations techniques, mais aussi d’avoir des revenus supplémentaires, tandis que le ministre de l’Énergie, la LPA, ainsi que l’Initiative libanaise pour le pétrole et le gaz (LOGI) la conditionnait jusque-là à de premières découvertes commercialisables et un début de production, soit pas avant une dizaine d’années.

Une proposition de loi présentée par les députés Michel Moussa et Ali Osseirane (bloc du mouvement Amal) et visant à créer une compagnie nationale pétrolière est actuellement à l’étude au Parlement. Toutefois, César Abi Khalil affirme que la création d’une compagnie nationale se fera par décret, puisqu’elle est prévue dans la loi-cadre de 132/2010 sur les hydrocarbures offshore. Le ministre ajoute également qu’une telle compagnie ne nécessitera pas des centaines d’employés, comme ce fut le cas des compagnies nationales créées dans les années 1960, mais d’une trentaine seulement, comme c’est le cas des compagnies norvégienne et danoise.


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