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Washington "doit" prévenir une offensive turque en Syrie, clame un dirigeant kurde

Aldar Khalil appelle la France à "jouer un rôle positif au sein des Nations unies et du Conseil de sécurité en vue d'une résolution empêchant une offensive turque".

Aldar Khalil, un haut-responsable kurde, lors d'une interview, à Qamichli, en Syrie, le 22 décembre 2018. AFP / Delil SOULEIMAN

Un haut responsable kurde en Syrie, Aldar Khalil, a exhorté samedi Washington à prévenir toute offensive turque contre les zones kurdes du nord, après l'annonce d'un retrait militaire par le président Donald Trump.
Cette déclaration à l'AFP intervient après l'annonce surprise mercredi par M. Trump du retrait de ses troupes stationnées dans le nord-est de la Syrie aux côtés des combattants kurdes, cibles de longue date d'Ankara.

Soutenues par la coalition internationale antijihadistes emmenée par les Etats-Unis, les Forces démocratiques syriennes (FDS), alliance de combattants kurdes et arabes, sont depuis plusieurs années le fer de lance de la lutte contre le groupe Etat islamique (EI) en Syrie.

"Tant que les Etats-Unis et d'autres pays (de la coalition) sont ici, ils se doivent de respecter leurs engagements. Et, même s'ils s'en vont, ils peuvent au moins œuvrer à une résolution internationale", a expliqué M. Khalil, l'un des responsables de l'administration semi-autonome kurde mise en place en 2013. "Il est de leur devoir d'empêcher toute attaque et de mettre fin aux menaces turques", a-t-il ajouté.
Dans le cas contraire, le retrait des quelque 2.000 soldats américains présents sur le sol syrien donne, selon lui, un blanc-seing à Ankara pour lancer une nouvelle offensive.

M. Khalil a également appelé la France à "jouer un rôle positif au sein des Nations unies et du Conseil de sécurité en vue d'une résolution empêchant une offensive turque".
Vendredi, deux hauts responsables kurdes ont été reçus par des conseillers du président français Emmanuel Macron.



(Lire aussi : Retrait US de Syrie : premières lectures libanaises..., le décryptage de Scarlett Haddad)



La Turquie redoute de voir s'instaurer un embryon d'Etat kurde à ses portes, au risque de renforcer les velléités séparatistes de la minorité kurde en Turquie.
Elle a déjà lancé deux offensives depuis 2016 dans le Nord syrien. La dernière lui a permis en début d'année de prendre le contrôle de la région d'Afrine, au prix d'une opération qui a fait plus de 1.500 morts parmi les miliciens kurdes et 400 parmi les groupes syriens pro-Ankara, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Quarante-cinq soldats turcs ont été tués, d'après Ankara. Près de 300 civils ont aussi péri, selon l'OSDH.

Ankara qualifie de "terroriste" la milice des Unités de protection du peuple (YPG), épine dorsale des FDS, pour ses liens présumés avec le parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui livre une sanglante guérilla sur le sol turc depuis 1984.

Jeudi, le président turc Recep Tayyip Erdogan a de nouveau promis d'éliminer les jihadistes et les milices kurdes du nord de la Syrie.

Les forces kurdes ont, elles, mis en garde vendredi contre l'abandon de l'offensive qu'elles mènent contre l'ultime poche de l'EI dans la province de Deir ez-Zor (Eest), en cas de retrait américain, agitant la menace, par ailleurs, de la libération de centaines de jihadistes étrangers qu'elles détiennent.

"Le retrait (américain) implique que nos combattants ne puissent plus se battre contre l'EI, alors que leurs familles, leurs villages et leurs villes font l'objet d'attaques", a assuré M. Khalil.

Longtemps marginalisés, les Kurdes de Syrie représentent 15% de la population, et ont établi "une région fédérale" en 2016, à la faveur du conflit syrien.

Déclenchée en 2011, la guerre en Syrie s'est complexifiée au fil des ans. Elle a fait plus de 360.000 morts et poussé à l'exode des millions de personnes. 


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Un haut responsable kurde en Syrie, Aldar Khalil, a exhorté samedi Washington à prévenir toute offensive turque contre les zones kurdes du nord, après l'annonce d'un retrait militaire par le président Donald Trump.
Cette déclaration à l'AFP intervient après l'annonce surprise mercredi par M. Trump du retrait de ses troupes stationnées dans le nord-est de la Syrie aux côtés des...

commentaires (3)

IL EST OCCUPE A DEFENDRE SES DERRIERES A LA MAISON...

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

14 h 24, le 23 décembre 2018

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Commentaires (3)

  • IL EST OCCUPE A DEFENDRE SES DERRIERES A LA MAISON...

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    14 h 24, le 23 décembre 2018

  • La Turquie ne redoute strictement rien. Elle veut tout juste appliquer son plan d'extermination des kurdes. C'est un peuple dirigé par des criminels depuis plus d'un siècle. Pourquoi ? Cette semaine encore, un dirigeant turc s'adressant publiquement à un journaliste d'origine arménienne qui a osé porter plainte contre un dirigeant turc, l'a qualifié de "un reste de l'épée" (sous entend un reste du genocide). Voilà la mentalité criminelle des politiques turques....sans honte, sans vergogne. Il est temps que le monde libre se réveil pour mettre un terme à ces dérives incroyables depuis l'avènement de Trump à la maison blanche. Où n'importe qui fait n'importe quoi et ça marché.

    Sarkis Serge Tateossian

    22 h 10, le 22 décembre 2018

  • Pour ne dépendre ni des us ni de la France ni des anglais qui vous lâchent au 1er accrochage et qui n'ont plus envie de se battre comme des HOMMES de combat, le seule solution pour les kurdes syriens et irakiens serait que ce VAILLANT PEUPLE rejoigne les TROUPES du HÉROS BASHAR EL ASSAD et les forces de l'axe de la résistance. Basta ya! Ça suffit de se laisser enfumer par CES prédateurs cupides et avides sans foi ni loi.

    FRIK-A-FRAK

    22 h 04, le 22 décembre 2018