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Trump se désengage du Moyen-Orient, Poutine se réjouit

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France, Royaume-Uni et Allemagne, alliés des Etats-Unis dans la lutte contre l'EI et cibles régulières d'actions terroristes revendiquées par le groupe, n'ont pas caché leur inquiétude.

OLJ/AFP
20/12/2018
Martelant que les Etats-Unis n'avaient pas vocation à être le "gendarme du Moyen-Orient", Donald Trump a défendu jeudi avec force le retrait des troupes américaines stationnées en Syrie, laissant le champ libre à la Russie qui ne cache pas sa satisfaction.


Si de très nombreuses questions restent en suspens sur le devenir des frappes aériennes américaines contre le groupe Etat islamique comme sur la politique de Washington vis-à-vis de l'Iran dans la région, le locataire de la Maison Blanche peut se targuer d'avoir tenu une promesse sur laquelle il fait campagne "depuis des années".

"Il est temps que d'autres se battent enfin", a lancé sur Twitter le président des Etats-Unis, estimant que l'Amérique n'avait "RIEN" obtenu d'autre que la perte de vies précieuses et de milliers de milliards de dollars, et invitant "la Russie, l'Iran, la Syrie et beaucoup d'autres" à prendre le relais.

Son homologue russe Vladimir Poutine, dont le pays est à la manœuvre en Syrie au côté du régime de Bachar el-Assad, a qualifié de "juste" la décision de retrait des quelque 2.000 soldats américains actuellement stationnés dans le nord de la Syrie. "Nous avons porté des coups sérieux à l'EI en Syrie", a-t-il ajouté, revendiquant une partie des succès remportés contre l'organisation jihadiste sur le terrain. "Donald a raison. Je suis d'accord avec lui", a-t-il lancé.

L'EI a vu son "califat" auto-proclamé se réduire comme peau de chagrin face à de multiples offensives, après une montée en puissance fulgurante en 2014. Mais l'organisation conserve quelques réduits et reste redoutable en raison de sa capacité à frapper fort avec des attentats particulièrement meurtriers à travers le monde.


(Lire aussi : Retrait américain de Syrie : pourquoi et quelles conséquences ?)



"La menace n'est pas terminée"
France, Royaume-Uni et Allemagne, alliés des Etats-Unis dans la lutte contre l'EI et cibles régulières d'actions terroristes revendiquées par le groupe, n'ont pas caché leur inquiétude après l'annonce du retrait américain, qui a provoqué levée de boucliers dans la propre famille politique de Donald Trump.

"L'EI a reculé mais la menace n'est pas terminée", a résumé le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas, craignant que le retrait américain ne "nuise" au combat contre les jihadistes.

Priorité absolue, "la campagne militaire contre Daech continue", ont insisté Paris et Londres, principaux partenaires des Américains dans la campagne de frappes aériennes contre l'EI depuis fin 2014.

Interrogé par l'AFP sur le devenir de la campagne aérienne, le Pentagone est resté évasif sur le calendrier, indiqué simplement qu'elle se poursuivrait "tant qu'il y aura des troupes au sol". "Sur ce qui se passera après le départ des troupes au sol, nous ne spéculons pas sur nos futures opérations", a précisé Rebecca Rebarich, une porte-parole.
"Les Etats-Unis ont l'intention de poursuivre leur campagne de lutte contre le terrorisme et de continuer à combattre l'EI, qu'il soit en Syrie ou ailleurs", a souligné Mike Pompeo, chef de la diplomatie américaine.

La Turquie et l'Iran, autres acteurs clés en Syrie, se sont aussi concertés jeudi sur l'impact potentiel de ce retrait lors d'une rencontre de leurs présidents Recep Tayyip Erdogan et Hassan Rohani à Ankara. "L'intégrité territoriale de la Syrie doit être respectée par toutes les parties", a souligné M. Rohani alors que l'autonomie croissante des Kurdes syriens inquiète la Turquie, qui accuse certaines de leurs organisations de relayer le combat du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), ennemi numéro un d'Ankara.

"Les Kurdes ont toujours été trahis"
Conséquence directe de la décision du 45e président des Etats-Unis: la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), en première ligne dans le combat anti-EI, pourrait s'en détourner si la Turquie lance, comme elle menace de le faire, une nouvelle offensive contre elle. "En temps et lieu voulus, ils seront enterrés dans les fosses qu'ils creusent", a lancé jeudi le ministre turc de la Défense Hulusi Akar.

A Ras al-Aïn, ville frontalière entre la Turquie et la Syrie, une manifestation a été organisée pour dénoncer le retrait américain.

Khalid Osoo, kurde de Syrie, ne décolère pas contre la décision de Donald Trump "de trahir le peuple kurde". "Nous ne l'accepterons pas et nous ne quitterons pas nos terres". "Les Kurdes ont toujours été trahis (...) Nous ne ferons plus jamais confiance à personne", surenchérit Hamreen Salah.

Pour l'heure, les forces démocratiques syriennes (FDS), à dominante kurde, continuent le combat. "La bataille (dans la poche de) Hajine se poursuit jusque-là", a dit leur porte-parole, Moustapha Bali, à l'AFP. Mais, selon les FDS, le retrait américain va offrir une chance à l'EI, qui était largement passé à la clandestinité, de se reconstruire sur le terrain. "Cela aura un impact négatif sur la campagne antiterroriste", ont-elles mis en garde.

Les deux principaux responsables politiques des zones sous contrôle kurde en Syrie, Riad Darar et Ilham Ahmed, seront reçus vendredi à Paris a annoncé leur représentant en France.


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MIROIR ET ALOUETTE

Une VICTOIRE de Poutine que celui-ci ne saurait bouder son plaisir.

Rossignol

Au MO en general en Syrie en particulier, le dernier protagoniste qui reste sur le terrain est le perdant.

L’azuréen

Voilà pourquoi il faut une armée européenne !

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LE GAFFEUR COMMET UNE MEGA GAFFE TRES IDIOTE S,IL MET A EXECUTION SON PLAN DE RETRAIT. ESPERONS QU,IL FERA VOLTE FACE COMME TOUJOURS...

Sarkis Serge Tateossian

Le jour où une star des téléréalité et milliardaire s'est emparé de la maison blanche .... le monde s'est symboliquement effondré.

Plus de moralité, plus de parole donnée et respectée et plus de confiance mutuelle entre alliées.

Voilà ce que va désormais retenir l'Europe : Quand les états unis s'engagent dans un conflit, ils demandent l'appui express des européens ...et à tout moment sans concertation, sans mission accomplie, celui-ci peut quitter la scène des combats sans crier gare, sans demander l'avis des européens qui ont bien voulu s'engager à leurs côtés.

Et pire, Trump distribue des armes de destructions massives (ce qu'il a interdit et motivé la guerre contre Saddam), les "offre" au dictateur le plus dangereux de la planète (des avions furtifs, et des missiles Patriotes dernier cri. (quoi détruire des pays entiers!

Quel manque de respect ... aux centaines de milliers turcs intellectuels, fonctionnaires ou journalistes méprisés, emprisonnés ou exilés pour avoir osé de défendre leurs droits fondamentaux ?

Le monde sombre ... par la faute d'une starlette.
Voilà pourquoi les démocrates américains se sont inquiété, voilà pourquoi les européens et tous les humanistes du monde se sont révolté par l'arrivée de Trump à la tête de l'Amérique.

Mais moi, je reste optimiste ...
Ce n'est pas la première fois que "Monsieur" fait marche arrière.

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