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Gouvernement : Hariri espère que "les choses se décanteront dans les deux ou trois prochains jours"

Liban

"Les circonstances actuelles nous imposent de hâter la formation du gouvernement et de faire passer l'intérêt national avant toute chose", estime Michel Aoun.

OLJ
22/10/2018

Le Premier ministre désigné, Saad Hariri, qui tente de former depuis près de cinq mois son gouvernement, a dit lundi espérer que "les choses se décantent dans les deux ou trois prochains jours", alors que les négociations sur l'attribution des portefeuilles semblent être retournées à la case départ. "Rien n'est impossible et il n'y a pas de nœud sunnite. Tous les obstacles peuvent être surmontés. Je ne veux pas trop en parler, mais il y a un dialogue, et nous espérons un dénouement heureux", a-t-il dit aux journalistes, à sa sortie de la Maison du Centre, après une réunion sur l'élargissement de l'aéroport de Beyrouth.

Concernant le portefeuille de la Justice, Saad Hariri a estimé que la question ne se limite pas à ce poste ministériel, mais qu'il s'agit plutôt de "répartition des portefeuilles" de manière générale. "Nous espérons que dans les deux ou trois prochains jours les choses se décanteront", a ajouté M. Hariri.

Le président a pour sa part estimé que "les circonstances actuelles nous imposent de hâter la formation du gouvernement et de faire passer l'intérêt national avant toute chose".

"Nous aurons très prochainement un gouvernement d'union nationale qui sera chargé de résoudre les crises économiques, à condition que nous travaillions sans division", a de son côté assuré dans la soirée, le chef du Courant patriotique libre, le ministre sortant des Affaires étrangères, Gebran Bassil, qui s'exprimait depuis le sultanat d'Oman.

Les espoirs de la mise en place du cabinet sous peu avaient été douchés à la dernière minute vendredi, suite à de nouveaux obstacles concernant l'attribution des portefeuilles ministériels, notamment celui de la Justice.  Au cours de la semaine, des informations avaient évoqué la possibilité que le président de la République, Michel Aoun, octroie le ministère de la Justice aux FL. Mais vendredi, des sources proches de la présidence de la République, citées par notre correspondante à Baabda Hoda Chedid, avaient rapporté que le chef de l’État n'entendait pas céder le ministère de la Justice aux FL. Ce ministère est aujourd'hui dirigé par Salim Jreissati, nommé par le président de la République et affilié au Courant patriotique libre.


(Lire aussi : L’Éducation, un ministère souhaité par les FL, exigé par les joumblattistes...)


C’est donc Baabda, et non plus le Courant patriotique libre, qui s’invite ouvertement dans le débat. Les milieux de la présidence ne mâchent plus leurs mots : les FL empêchent, par leurs conditions rédhibitoires, le cabinet de voir le jour, souligne un proche du palais à l'OLJ. "Pour nous, la Justice relèvera de la quote-part du chef de l’Etat. Et cette question est désormais hors du débat", ajoute-t-il avant de s’en prendre au parti de Samir Geagea : "Le président de la République a fait déjà une importante concession en se désistant de la vice-présidence du Conseil au profit… des FL. Ce parti n’est pas en droit de demander le ministère de la Justice".

De leur côté, les milieux de Meerab assurent que le parti n’a jamais demandé la Justice. Contacté par L’OLJ, Fadi Saad, député FL de Batroun, tient à préciser que sa formation "ne se bat pas pour obtenir le ministère de la Justice, mais pour une représentation gouvernementale conforme à son poids populaire issu des législatives de mai dernier". Une position qui pourrait signifier que les FL accepteraient un ministère de la même importance que la Justice.

Dans ce contexte tendu, des sources proches du Premier ministre désigné ont confié lundi à la chaîne LBCI que "des efforts sont actuellement déployés afin de défaire le nœud concernant la représentation des Forces libanaises" au sein du nouveau gouvernement.
Ces sources se sont dit "étonnées qu'on essaie de montrer que le problème empêchant la formation du gouvernement se situe entre le palais de Baabda (la siège de la présidence de la République) et la Maison du Centre (résidence de M. Hariri) "Le Premier ministre poursuit ses efforts pour former un gouvernement d'union nationale", ont ajouté ces sources.

Autre obstacle : la représentation des six députés sunnites opposés à Saad Hariri. Le Premier ministre refuse de leur céder un siège au sein du gouvernement, mais le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, avait appelé le Premier ministre désigné à les intégrer au cabinet. Ces députés écartent la possibilité de s’entendre sur une personnalité non haririenne extérieure au groupe, comme cela aurait été proposé.  Dans l'après-midi, ils ont appelé M. Hariri à "réduire la tension" et à "faire face à la vérité avec la résilience et la sagesse d'un homme d'Etat responsable", rappelant au "chef du courant du Futur" qu'ils représentent également "la communauté sunnite et une part importante du peuple libanais".



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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

UNE CHANSON REPETEE DEPUIS DES MOIS PAR TOUS NOS ABRUTIS...

Eleni Caridopoulou

Ils n'ont que mettre un ministre neutre

Wlek Sanferlou

Les Français ont eu la prise de la Bastille, les communes et puis Mai 68, au Liban on a...
Bof, rien du tout... à part des visas d'immigration et aussi l'OLJ de temps en temps.
Yallah, khalikoun...

Irene Said

De grâce, Messieurs, et pour l'honneur du Liban, cessez avec vos déclarations qui nous promettent:
"encore une semaine...d'ici la fin de cette semaine...dans deux ou trois jours etc." depuis des mois!
Cela devient d'un ridicule insupportable pour nous tous Libanais.
Nous avons de plus en plus honte de notre classe dirigeante, et désespérons que la raison l'emporte un jour !
Irène Saïd

Sarkis Serge Tateossian

Le premier ministre Hariri, n'est en aucun cas le responsable de ce retard inconsidéré dans la formation du gouvernement.

Quelque soit la couleur ou le nom du premier ministre, on aurait eu les mêmes "calomnies" .

Le vrai "noeud" est notre système de répartition ... Qui ne fixe aucune règle en matière des répartition des postes ministériels.

Diverses et nombreuses solutions existent bien sûr.

Voici une, qui me tient à coeur :

Pourquoi tous les ministères ne sont pas "tournants" c'est à dire, à tout de rôle, chaque formation aura un jour le droit d'avoir, le ministère des affaires etrangeres, la justice et l'éducation et à un autre mandat, l'énergie, le tourisme, ou la santé... Etc etc

Chacun attendra son heure, au lieu de bloquer la formation du gouvernement, durant trois mois, six mois ou deux ans (qui querelles à n'en finir) ... Après tout qui prouve que la formation "Tartuffe" est plus à même à gérer tel ou tel ministère plus que la formation "Tarpion" ?


Un peu d'humilité de la part de tous et plus de respect dautrui, enchantera, tout le monde et la république en sortira grandie.


Au fond ... Chaque poste ministériel doit être au mérite et selon les capacités de chacun.
Mais quelle formation reconnaîtra d'avantage les mérites de son voisin ?

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