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Affaire Khashoggi : Riyad ne veut pas créer un nouveau choc pétrolier

Diplomatie

"Cet incident passera", affirme le ministre saoudien de l’Énergie, Khalid al-Falih, en référence au meurtre du journaliste saoudien dissident dans le consulat d'Arabie saoudite à Istanbul.

OLJ/Reuters
22/10/2018

L'Arabie saoudite n'a aucune intention d'imposer à ses clients occidentaux un embargo sur le pétrole comme celui de 1973 et continuera à dissocier le pétrole de la politique, a déclaré lundi le ministre saoudien de l'Energie en pleine crise provoquée par la mort du journaliste Jamal Khashoggi. "Nous n'en avons aucune intention", a répondu Khalid al-Falih à l'agence russe Tass qui lui demandait s'il existait un risque de nouveau choc pétrolier.

La version officielle avancée samedi par Riyad d'une mort "accidentelle" de Jamal Khashoggi au cours d'une altercation dans le consulat saoudien à Istanbul n'a pas convaincu grand monde, à l'exception de Donald Trump qui s'est efforcé de désamorcer la crise en évoquant des explications "crédibles".

Plusieurs responsables républicains au Congrès ont en revanche renouvelé leurs critiques contre l'Arabie saoudite et en particulier le prince héritier Mohamed ben Salmane ("MBS"), dont plusieurs proches sont directement impliqués.


(Repère : Arabie - Etats-Unis, une relation basée sur la sécurité et le pétrole)


"Cet incident passera", a laconiquement répondu Khalid al-Falih à Tass. "Mais l'Arabie saoudite est un pays extrêmement responsable. Nous avons utilisé depuis des décennies notre politique pétrolière comme un outil économique responsable séparé de la politique."

Le ministre saoudien a néanmoins ajouté qu'il ne pouvait pas exclure que le prix du baril de brut remonte au-dessus de 100 dollars après l'entrée en vigueur des sanctions américaines visant le secteur pétrolier iranien. "Je ne peux pas vous le garantir, car je ne sais pas ce que vont faire les autres producteurs", a-t-il dit. "Il y a des sanctions contre l'Iran et personne ne sait ce que deviendront les exportations iraniennes. Il y a aussi des baisses de production potentielles dans différents pays comme la Libye, le Nigeria, le Mexique et le Venezuela", a détaillé Khalid al Falih. "Si la production baisse de trois millions de barils par jour, nous ne pourrons pas couvrir ce volume. Nous devrons donc taper dans nos réserves", a-t-il poursuivi.

Le ministre a précisé que l'Arabie saoudite augmentera bientôt sa production à 11 millions de barils par jour (bpj), contre 10,7 millions actuellement. Il a ajouté que Riyad avait la capacité d'augmenter sa production à 12 millions de bpj et que les Émirats arabes unis, eux aussi membres de l'Opep, pourraient augmenter la leur de 0,2 million de bpj. "Nous avons des capacités de production supplémentaire relativement limitées et nous en utilisons déjà une grande partie", a-t-il toutefois prévenu.


(Lire aussi : Pourquoi l’affaire Khashoggi est loin d’être terminée)


Parallèlement, le directeur de l'Agence internationale de l'Energie (AIE), Fatih Birol, a déclaré lundi qu'il ne pensait pas que l'Arabie saoudite allait couper son approvisionnement en pétrole en cas de sanctions dans l'affaire Jamal Khashoggi.
"De nombreux enjeux géopolitiques, non-liés aux problématiques énergétiques, pourraient avoir plus d'effets sur les marchés de l'énergie", a dit Fatih Birol à Reuters en marge d'une conférence sur le gaz naturel liquéfié dans la ville japonaise de Nagoya. Selon lui, Riyad ne va pas stopper sa production, mais il a de "grandes inquiétudes" concernant les marchés à cause de l'appauvrissement de l'offre au Venezuela et en Iran alors que la demande ne cesse de croître. "Il est probable que les prix soient plus élevés que d'habitude et cela intervient, comme toujours, lorsque l'économie mondiale va mal", a précisé le directeur de l'AIE, appelant les producteurs et les importateurs au "bon sens" pour les mois "difficiles" à venir.


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Eleni Caridopoulou

Moi je pense que la faute est à Kadhoggi il connaissait ses compatriotes la cruauté et tout autre chose comment il va au consulat , pourquoi il n'a pas fait toutes ces démarches aux États Unis?

Irene Said

Ben oui, pour ces chers Séoudiens Jamal Khashoggi n'était qu'un petit insecte bruyant et piquant aux endroits sensibles...qu'ils devaient vite écraser...et maintenant on n'en parle plus, SVP...MERCI !
Car leur monde cruel et obscurantiste doit continuer de tourner, business is business, compris ?
Irène Saïd

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

EN FIN DE COMPTE CE SONT LES INTERETS ET LEUR LOGIQUE QUI VONT PREVALOIR ET NON LES EFFETS D,UN CAS CRIMINEL PARTICULIER AUSSI HORRIBLE ET BARBARE SOIT-IL !

RE-MARK-ABLE

C'est intéressant d'apprendre qu'il ne s'agissait que d'un " incident ' .

Selon leurs "idéologies wahabites " qu'est ce qu'un crime abominable chez eux ??

Connaissant cela on pourrait mieux comprendre l'évolution du prix du pétrole , accepté ou pas par les occidentaux . .

Chammas frederico

Il est évidemment regrettable de voir le meurtre d'un journaliste qui était pour le moins, une nuisance pour le pouvoir saoudien...
Mais cela ne devrait pas provoquer une crise mondiale
Les autres pays et les média ne devraient pas instrumentaliser cette affaire à des fins politiques ...ils jouent avec le feu...la réalité pourrait les dépasser

Éviter qu'une petite cause n'engendre de gros effets...incontrolables

HABIBI FRANCAIS

L arabie ne peut se permettre de stopper ses livraisons de petrole aux pays occidentaux qui sont l essentiel de leurs clients...

Sarkis Serge Tateossian

Ce n'est pas son intérêt ....

Surtout après une affaire aussi nuisible à son image Et aussi destructrice à long terme à sa crédibilité.

L'affaire khashoggi, est un séisme diplomatique terrible, que les autorités saoudiennes n'ont pas encore pris conscience de sa vraie dimension.

Dommage et c'est tellement regrettable.

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