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Commémoration du 13 octobre 1990 : "Nous aurons bientôt un gouvernement", assure Bassil

Liban

"Le 13 octobre 1990, la guerre contre le général Aoun était menée à l'aide d'avions et de canons. Le 13 octobre 2018, la guerre se fait à l'aide des rumeurs et des mensonges", a estimé le chef du Courant patriotique libre, le parti fondé par le chef de l'Etat.

OLJ
13/10/2018

Le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, a commémoré samedi la journée du 13 octobre 1990, date de l'assaut syrien contre le palais présidentiel de Baabda, affirmant que le Liban aura "bientôt" un gouvernement, alors que le Premier ministre désigné, Saad Hariri, n'a toujours pas réussi à mettre sur pied son équipe depuis mai dernier, au lendemain des élections législatives.

"Nous sommes attachés à un gouvernement d'union nationale afin de faire face ensemble aux défis, non pas pour que certains entrent au gouvernement et exploitent cela à des fins populistes et électorales", a martelé Gebran Bassil, lors d'une allocution en direct à Furn el-Chebback, devant les partisans du parti fondé par le président de la République, Michel Aoun. 

"Nous réclamons un gouvernement dès aujourd'hui, et nous payons cher le retard dans la mise en place de ce gouvernement et les efforts de ceux qui veulent impliquer les puissances étrangères dans sa formation (...), a déploré le chef du CPL. Nous ferons face à leurs tentatives de retarder la formation du gouvernement en mettant sur pied un cabinet sur base des résultats des législatives (...)", a-t-il souligné. 

"Il ne faut pas se contenter de dire +nous voulons un gouvernement+. Il faut réclamer un gouvernement productif, et le Liban doit se préparer au retour des réfugiés syriens chez eux et à la reconstruction de la Syrie (...)", a affirmé M. Bassil.

"Notre réponse à eux, c'est dire que nous aurons bientôt un gouvernement. C'est de cette façon que nous serons victorieux, après qu'il s'est avéré qu'ils ne veulent pas de gouvernement", a ajouté le chef du CPL.



"Criminels de paix"

Le 13 octobre 1990, près d'un an après la signature de l'accord de Taëf qui devait mettre fin à la guerre mais qui avait consacré l'emprise de la Syrie sur le Liban, les troupes de Damas avaient pris d’assautavec le blanc-seing de la communauté internationale, les régions tenues par l’armée libanaise sous le commandement du général Michel Aoun, opposé à la pax syriana et retranché au palais de Baabda. Au terme de cette journée sanglante, l'homme qui avait lancé la "guerre de libération" contre la Syrie, 19 mois plus tôt, annonçait sa reddition puis se réfugiait à l'ambassade de France à Beyrouth avant de quitter le Liban dix mois plus tard.

"Ceux qui ont dit que l'histoire est écrite par les vainqueurs ont tort. L'histoire est écrite par les martyrs, avec leur sang, car ils écrivent la vérité, et la vérité est la seule victorieuse en réalité. La preuve est notre présence aujourd'hui, 28 ans plus tard, et le général Aoun est au palais de Baabda", s'est félicité M. Bassil dans son discours. "Le 13 octobre était un jour douloureux. Le monde a cru que nous étions vaincus (...) mais nous sommes restés attachés à notre patrie (...)", a poursuivi le chef du CPL.

"Chaque jour nous faisons l'objet de campagnes d'accusation de corruption, ce qui est pire que le 13 octobre 1990, (...) et chaque jour des obstacles sont placés face au prochain gouvernement, a dénoncé Gebran Bassil. Le 13 octobre 1990, la guerre contre le général Aoun était menée à l'aide d'avions et de canons. Le 13 octobre 2018, la guerre se fait à l'aide des rumeurs et des mensonges. Certains étaient des criminels de guerre avec leurs milices, ils sont aujourd'hui des criminels de paix avec leurs mensonges, leur corruption et leur affiliation à l'étranger", a fustigé Gebran Bassil. 



(Retour sur l'histoire libanaise : Le 13 octobre 1990, la Syrie délogeait Michel Aoun de Baabda...)


Le chef du CPL, dont la formation avait signé avec les Forces libanaises de Samir Geagea l'accord de Meerab en 2016, entretient aujourd'hui des relations pour le moins tendues avec les FL, notamment en raison de leurs divergences sur la formation du gouvernement.

Désigné le 24 mai par le chef de l'Etat, Saad Hariri bute sur plusieurs obstacles pour finaliser la composition du cabinet d'union nationale, plusieurs formations politiques rivales chrétiennes et druzes se disputant leur quote-part respective de portefeuilles. Des sources proches de M. Hariri ont indiqué samedi à la chaîne locale LBCI que le processus de formation du gouvernement n'en était pas encore à l'étape des noms, ajoutant que les listes des ministres du prochain cabinet relayées dans la presse et certains sites internet étaient fausses. Toujours selon la LBCI, Saad Hariri aurait informé le président Aoun samedi de sa volonté de se réunir avec lui la semaine prochaine. 

Par ailleurs, Gebran Bassil est revenu sur l'alliance qui lie sa formation au Hezbollah depuis 2006. "Avec le Hezbollah, nous avons réussi à protéger le Liban, et maintenant, nous devons le protéger contre un possible effondrement économique, si nous n'évitons pas ce qui peut porter préjudice à notre pays", a mis en garde le chef du CPL, au moment où plusieurs responsables et experts mettent en garde contre la détérioration de la situation économique du Liban.

"Avec le Courant du Futur (de Saad Hariri), nous avons mis en place un accord qui est aujourd'hui insuffisant s'il ne se transforme pas en égalité au sein du pouvoir. Avec les Forces libanaises, nous nous sommes mis d'accord sur une réconciliation qui ne sera pas suffisante si nous ne la renforçons pas à travers une participation équitable au pouvoir (...)", a en outre estimé Gebran Bassil.

"Leur 13 octobre, c'est leur tentative de faire chuter le président fort. Mais nous aurons un mandat fort. Leur 13 octobre est synonyme de blocage de la formation du gouvernement, mais nous aurons un gouvernement (...)", a conclu Gebran Bassil.


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IMB a SPO

Tous les peuples et pays célèbrent leurs victoires :
- Les Anglais célèbrent Waterloo , leur victoire contre les Français
- les Français , Verdun contre les Allemands
- les Allemands , Tannenberg contre les Russes
- les Russes , Stalingrad contre les Allemands
- les Japonais , Pearl Harbour contre les Américains
- les Italiens , Lepante contre les Ottomans
- les Ottomans , Marj Dabeq contre les Mamelouks
- les Arabes , Yarmouk contre les Byzantins
- meme les Libanais sont fiers d'avoir battu le Wali de Damas à Anjar.
Seuls dans le monde , les Aounistes célèbrent aujourd'hui le désastre du 13 Octobre 1990 et la fuite de leur général. C'est unique dans l'histoire de l'humanité.

Jack Gardner

il faut boycotter ce gars, la presse lui donne trop d importance et d attention

Bery tus

permettez moi ici de relever certaines choses … vote excellence était il necessaire de ressasser le passer !?!

et pourquoi elle a été selective!?

gaby sioufi

AH , QU'EST CE QUE JE NE DONNERAIS PAS POUR CONNAITRE LES DETAILS DE L'ACCORD AOUN - HARIRI,
qui a finit par le placer a baada au heros national et a son gendre gentil.

Irene Said

Puisqu'il sait tout, peut tout et planifie tout pour le Liban,
pourquoi ne pas supprimer la présidence de Baabda, la fonction de premier ministre et celle du chef du Parlement ainsi que toutes les fonctions, emplois etc. qui sont attachés à ces trois présidences, et le sacrer lui seul dirigeant ?
Quelles immenses économies financières cela ferait pour le pays !

Ensuite, comme dans les dictatures autour de nous...le suivre aveuglément et bêler bien fort notre admiration inconditionnelle pour le plénipotentiaire en herbe qui court muni de son patriotisme..."libre"
Irène Saïd

Yves Prevost

L'anniversaire du 13 octobre devrait être l'occasion de demander à la Syrie ds nouvelles des soldats fidèles à Aoun qui ont disparu ce jour-là. Curieusement, il n'en est fait nulle mention!
Par ailleurs "Avec les Forces libanaises, nous nous sommes mis d'accord sur une réconciliation qui ne sera pas suffisante si nous ne la renforçons pas à travers une participation équitable au pouvoir." Mais c'est exactement ce que dit et répète Geagea!

M.E

Le héros de 1990 mourra dans son lit

Gebran Eid

C'EST ENCORE LUI QUI ANNONCE LES NOUVELLES À LA PLACE DU PREMIER MINISTRE HARIRI.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LES BOYCOTTEURS VERSENT-ILS DE L,EAU DANS LEUR VIN ?

Wlek Sanferlou

"Nous sommes attachés à un gouvernement d'union nationale afin de faire face ensemble aux défis" et puis, du même souffle "Certains étaient des criminels de guerre avec leurs milices, ils sont aujourd'hui des criminels de paix avec leurs mensonges, leur corruption et leur affiliation à l'étranger"

Donc on forme un gouvernement d'union nationale,mais avec les mauvais qui sont vendus aux étrangers...cette accusation touche ceux avec l'Arabie autant que l'Iran en passant par la France la Russie les USA et même Chypre si l'on veut..
On rejette déjà ceux mêmes avec qui on s'organise à former un gouvernement!!!

Bien sûr ce n'était qu'un discours constructif pour aplanir les haines et mettre en valeur les points communs...
Very clever!...Not! comme diraient les ambassadeurs accrédités au Liban ...

L’azuréen

Bla bla bla ...basta ...action action action

Irene Said

Voici le nouveau et unique porte-parole multifonctions de "l'Etat Libanais Fort" !
Irène Saïd

Le pont

Vous écrivez: "avec le blanc-seing de la communauté internationale" c'est faux ! plutôt avec le feu vert des USA qui avait besoin du Président Assad père pour la coalition contre l'Irak en 91.

Si le Président Aoun devait être signalé dans l'Histoire
par un seul événement ça serait; qu'il était le premier et le dernier au monde à avoir expulser les américains de leur ambassade au Liban. Il a payé le prix assez fort.

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