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Liban - Reportage

« La Maison du peuple », entre souvenirs et espoirs

Le palais présidentiel, baptisé « la Maison du peuple » pour l'occasion, a accueilli hier les aounistes heureux de revoir Michel Aoun à Baabda.

Michel Aoun devant ses partisans, au palais de Baabda, hier. Photo Ibrahim Tawil

Les drapeaux libanais qui claquent dans le vent sur les toits des voitures sont plus nombreux que les drapeaux orange. Cette fois-ci, ce n'est plus chez le leader historique du Courant patriotique libre que se rendent les partisans de Michel Aoun, mais à la présidence de la République.

La route menant au palais présidentiel, rebaptisé pour l'occasion « Maison du peuple », est bloquée en ce dimanche matin. Seuls les bus emmenant les gens depuis des régions lointaines peuvent se garer à droite de la rue. Descendus des véhicules, les militants et sympathisants continuent leur chemin à pied.

Les plus jeunes, une casquette orange sur la tête et portés sur les épaules de leurs pères, ont une vue panoramique de la foule. Ils applaudissent ou tapotent sur la tête de leur papa au rythme des chansons diffusées par des haut-parleurs. Devant eux, de vieilles femmes demandent aux jeunes de les laisser passer. Les jeunes femmes ont mis leurs beaux vêtements du dimanche au goût du jour : sacs, souliers et accessoires orange sont prédominants.

La foule avance à petits pas, sous un soleil écrasant. Ce n'est plus l'espoir qui la mobilise, mais une immense joie de voir son rêve devenu réalité.
Pierre Raffoul, coordinateur général du CPL et l'un des symboles de la première génération des militants aounistes, est lui aussi heureux d'être de retour au palais, auprès du général. « L'élection de Michel Aoun est le couronnement de sa vie de combattant », affirme-t-il avec une grande fierté.
« Lorsque nous sommes venus ici pour la première fois, nous avons voulu créer avec l'armée un phénomène national par excellence et notre slogan était : "Liberté, souveraineté et indépendance" », dit-il, avant d'ajouter : « Et la souveraineté, nous l'avons eue avec l'accès de Michel Aoun à la présidence. »
D'innombrables souvenirs et images des années 1988-1990 lui reviennent en mémoire. Surtout, « je revois nos martyrs », dit-il.
En quoi le Michel Aoun d'aujourd'hui est-il différent de celui de cette époque-là ? Pierre Raffoul répond en souriant : « C'est le même Michel Aoun, mais en plus âgé. Il a toujours la même détermination. Sauf que la période du combat est révolue. Il est temps aujourd'hui d'œuvrer à la construction d'un État fort de ses institutions. Un chantier nous attend. »

Alain Aoun, député du Metn-Sud et neveu du président, abonde dans le même sens. « Les célébrations finissent aujourd'hui et le travail sérieux sera entamé dès demain », dit-il. Comme tous les aounistes, il fait preuve d'un grand optimisme. « Le Liban et les Libanais sont au rendez-vous avec une période de stabilité et de prospérité, esquissée par le compromis Aoun-Hariri, qui rendra le travail et l'effort beaucoup plus fructueux », assure-t-il.
« Nous témoignons aujourd'hui du commencement exceptionnel d'un mandat hors du commun », estime pour sa part Simon Abi Ramia. Le député de Jbeil enchaîne : « Le mandat de Michel Aoun est en rupture avec la tradition avec cet accueil réservé au peuple dans sa maison. »
Qu'en sera-t-il une fois les célébrations finies ? « Le parcours politique se heurte à pas mal d'obstacles, mais nous croyons au pouvoir de notre peuple et de notre bloc parlementaire. Nous avons hérité d'une République corrompue, mais nous sommes conscients des espoirs des gens et de leur droit à un État fort », répond-il. « Je pense que le gouvernement verra le jour avant la fête de l'Indépendance, le 22 novembre », dit-il, avant de conclure : « J'espère qu'il sera formé de 24 ministères au lieu de trente, on n'a qu'à attendre et voir. »

(Lire aussi : Aoun : Personne ne sera plus au-dessus de la Constitution)

 

« Grand peuple du Liban »
Le président de la République est censé prononcer son discours à 11h30. Ses partisans l'attendent depuis 8h du matin. Certains sont arrivés très tôt pour se mettre juste devant les barrières qui séparent le public du chef de l'État.
Il est 11h30 pile. Plusieurs personnes, notamment des femmes âgées, mais des jeunes filles aussi, ont failli s'évanouir en attendant leur héros depuis des heures sous un soleil de plomb. Un quart d'heure plus tard, Michel Aoun est debout devant ses partisans. Il est entouré de quelques-uns de ses collaborateurs qui l'accompagnaient lors des manifestations organisées lorsqu'il était Premier ministre : Edgar Maalouf, actuel député, Nadim Lteif, directeur de la Sûreté générale à l'époque, les officiers Michel Abou Rizk et Habib Farès et le coordinateur général du CPL, Pierre Raffoul.
Il salue la foule d'un geste des deux mains, symbole de son parti. Des cris de joie, des slogans et des applaudissements remplacent la musique qui s'est arrêtée dès son apparition. Quelques minutes plus tard, il reprend son fameux « Grand peuple du Liban ». Les cris de joie sont assourdissants. Dans la foule, on entend dire : « Que Dieu lui prête longue vie ! »


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commentaires (3)

LONGUE VIE PRESIDENTE PROMOTEUR DU CHANGEMENT PAR L,ELOIGNEMENT DES DERIVES ANTI NATIONALES... LES ENDORMIS NE SE SONT PAS REVEILLES ENCORE POUR LE COMPRENDRE...

DENIONS LA CENSURE.GARDONS NOS LIBRES EXPRESSIONS.

18 h 18, le 07 novembre 2016

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Commentaires (3)

  • LONGUE VIE PRESIDENTE PROMOTEUR DU CHANGEMENT PAR L,ELOIGNEMENT DES DERIVES ANTI NATIONALES... LES ENDORMIS NE SE SONT PAS REVEILLES ENCORE POUR LE COMPRENDRE...

    DENIONS LA CENSURE.GARDONS NOS LIBRES EXPRESSIONS.

    18 h 18, le 07 novembre 2016

  • Que Dieu effectivement lui preserve la vie. bouteflika qui n'est plus dans sa premiere jeunesse et qui est president depuis autant que ma memoire puisse se rappeler a 79 printemps, hafez el assad est arrive a ses 69 ans. au Liban, pays qui est devenu specialise du renouvellement avec l'arrivee du cpl, a mis au pouvoir (et au forceps) un president de 81 ans. Qasr el chaab sera bientot sous perfusion

    George Khoury

    10 h 24, le 07 novembre 2016

  • "Nous avons hérité d'une République corrompue" accuse Alain Aoun, député du Metn-Sud et neveu du président. Est-ce à dire qu'il a identifié les corrompus? Qu'il a l'intention de les traduire en justice, tous sans en épargner aucun et mettre leurs biens sous scellés en attendant le verdict? De les rendre inéligibles à vie et définitivement confisquer leurs larcins s'ils étaient condamnés? Et enfin, a-t-il l'intention de demander aux élus, à tous les élus de cette chère République exsangue une déclaration sous serment de leur patrimoine mobilier et immbilier au Liban ou planqué dans un paradis fiscal? Si tel est le cas, nous sommes tous aounistes.

    Paul-René Safa

    08 h 24, le 07 novembre 2016

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