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Liban

Le bloc joumblattiste soumet à Berry la gratuité de l’enseignement secondaire public

Proposition de loi

La prise en charge par l’État des frais d’inscription et des manuels scolaires du secondaire ne coûterait à l’État qu’un million et demi de dollars par an.

12/10/2018

Les neuf députés du Rassemblement démocratique (PSP + alliés) ont présenté hier au président du Parlement, Nabih Berry, une proposition de loi revêtue du caractère de double urgence, qui consacre la gratuité absolue de l’enseignement public secondaire, qu’il soit classique, professionnel ou technique. Si elle est adoptée et compte tenu que l’école publique est déjà gratuite, cette loi exemptera tous les élèves libanais de l’école secondaire publique, y compris ceux de l’enseignement professionnel et technique, des droits d’inscription (autour de 120 000 LL par an) et des frais d’achat des manuels scolaires, mais pas de la cotisation annuelle au fond de famille (150 000 LL au maximum). Car aujourd’hui, et selon la loi 150 du 17/8/2011, seuls les élèves de l’enseignement de base, autrement dit des classes primaires et complémentaires, bénéficient de ces exemptions. Sachant qu’ils s’acquittent également de la cotisation au fond de famille. Et dans un souci étatique de développer l’école maternelle et donc l’école à partir de l’âge de trois ans, cette mesure est aussi appliquée aux élèves des classes maternelles. Pour rappel, l’école est obligatoire pour les classes d’EB1 (onzième) à EB9 (brevet), mais ne l’est toujours pas pour les classes maternelles ni secondaires.


(Lire aussi : Sit-in des enseignants pour les trois échelons exceptionnels)


Le souci d’aider les familles libanaises démunies

Lors de la rencontre avec M. Berry, l’un des membres du Rassemblement démocratique, le député Hadi Aboul Hassan, a précisé que cette proposition de loi part « d’une volonté de réforme ». Avec, pour objectif, « de respecter le principe prôné par l’ancien leader druze Kamal Joumblatt, de l’égalité des chances à tous les élèves libanais, et d’assurer à ces élèves l’accès à l’éducation ». Si la proposition de loi ne comporte qu’un seul article, c’est parce qu’elle est en fait « un amendement de l’article 49 » du décret de loi 134 du 12/6/1959, lequel avait été amendé par la loi 150 du 17/8/2011. « Par cet amendement, la gratuité est élargie aux élèves du secondaire », a-t-il expliqué, invitant « l’ensemble des blocs parlementaires à adopter la proposition de loi dans l’intérêt des Libanais ».

Aujourd’hui, quelque 60 000 élèves de l’école secondaire publique classique, de la seconde à la terminale, pourraient bénéficier de la gratuité quasi totale de l’enseignement, selon les chiffres du CRDP (Centre de recherche et de développement pédagogique) pour l’année 2017-2018. Sans compter les élèves de l’école technique et professionnelle.

Contacté par L’Orient-Le Jour, le député Henri Hélou, membre du Rassemblement démocratique, observe que « Nabih Berry a réagi de manière positive » à l’initiative. Il ajoute que cette proposition de loi part du souci du bloc parlementaire présidé par Teymour Joumblatt (fils du chef du PSP) « d’aider les familles libanaises dans un contexte économique et social difficile ». Car même les frais d’inscription à l’école publique représentent « des charges lourdes » pour certaines familles. « Nous aimerions que les règles de la gratuité soient appliquées aux élèves du secondaire », affirme-t-il, espérant que la mesure s’applique dès cette année.


(Lire aussi : Hamadé titularise les 2 000 enseignants embauchés et leur accorde les six échelons de la loi 46)


L’enseignement secondaire resterait optionnel

Également contacté par L’OLJ, le député du PSP, Bilal Abdallah, insiste sur « le devoir de l’État de prendre en charge les frais de scolarisation des élèves du secondaire ». D’autant plus que le programme de lutte contre la grande pauvreté est interrompu. « Ces frais (inscriptions et manuels scolaires) sont bien trop importants pour les familles défavorisées, et surtout pour les familles nombreuses, constate-t-il. Mais pour l’État, estime-t-il, cette subvention ne devrait pas coûter plus d’un million et demi de dollars par an. » M. Abdallah tient à préciser que cette proposition de loi « ne réclame pas l’enseignement secondaire obligatoire, mais juste la gratuité de cet enseignement ». Les élèves auront donc toujours le choix de poursuivre ou non leurs études après l’obtention de leur brevet. Il fait toutefois part de « la volonté du Rassemblement démocratique d’encourager les élèves démunis à poursuivre leurs études secondaires ou techniques ». Un moyen de lutter contre le chômage et la pauvreté… si la proposition de loi est adoptée.





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