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Liban

La grogne des contractuels et des nouvelles recrues de l’école publique

Enseignement secondaire

Hamadé promet à « L’OLJ » qu’aucun contractuel ne se retrouvera sur le pavé, et qu’il suivra jusqu’au bout le dossier des 2 000 enseignants nouvellement cadrés.


22/09/2018

En cette période de rentrée scolaire, deux revendications majeures ont secoué hier l’enseignement public secondaire, poussant les contractuels à recourir à la rue pour réclamer la pérennité de leurs emplois, et les enseignants nouvellement cadrés à lancer un ordre de grève pour réclamer les six échelons exceptionnels prévus par la loi 46 et le paiement de leurs salaires. Deux dossiers qui ont mobilisé le ministre de l’Éducation, Marwan Hamadé. Dans l’objectif de débloquer la situation, ce dernier a multiplié les réunions avec les différents acteurs. La détente se fait attendre.


(Pour mémoire : Les enseignants contractuels de nouveau dans la rue)


Pérennité de l’emploi

Les protestataires réclament d’être cadrés ou, pour le moins, le maintien de leurs contrats et de leurs salaires. C’est dans cet objectif que des enseignants contractuels de l’école publique secondaire ont opéré un sit-in hier devant les locaux du ministère de l’Éducation. Lors d’une tentative contrée par les forces de l’ordre de pénétrer dans les locaux du ministère pour faire entendre leur voix, ils ont bloqué la route une bonne dizaine de minutes. Présent parmi les manifestants, le président de la CGTL, Béchara Asmar, a tenu à exprimer sa solidarité avec la cause des enseignants contractuels. « Alors que le ministère de l’Éducation vient d’embaucher et de cadrer 2 000 enseignants issus de la faculté de pédagogie de l’Université libanaise, les contractuels et enseignants auxiliaires tentent de faire entendre leur voix », explique-t-il à L’Orient-Le Jour.

« En ce début d’année scolaire, ils réclament d’être titularisés, compte tenu du fait que l’État utilise leurs services depuis de nombreuses années, depuis plus de 30 ans pour certains. » Chose qui n’est pas envisageable, vu qu’ils ont été recalés au concours de la fonction publique. « Au lieu de protéger les droits de ces enseignants d’expérience, le ministère de l’Éducation retarde le renouvellement de leurs contrats et diminue leurs heures d’enseignement, déplore le syndicaliste. Sans oublier que nombre d’entre eux ne bénéficient ni de la CNSS ni d’indemnités de transport ou d’écolages. »

Et d’observer que le ministère pousse ces travailleurs contractuels vers la sortie, alors que nombre d’entre eux n’ont plus la possibilité de trouver un autre emploi, ayant atteint l’âge de la retraite. « Ces enseignants, dont le nombre varie entre 2 000 et 2 500, ont pourtant des obligations familiales, soutient-il. Ils bénéficient d’un droit acquis. Et qui plus est, le ministère a besoin d’eux et continue de recourir à leurs services. » « Le problème est d’autant plus grave qu’il se pose également dans l’enseignement technique et que le nombre de contractuels est estimé à quelque 15 000 enseignants », note Béchara Asmar, regrettant que « rien ne soit fait » pour mettre fin à cette situation.

Contacté par L’Orient-Le Jour, Marwan Hamadé se veut rassurant. « C’est un héritage de 50 ans, mais il ne s’agit pas d’un problème majeur, affirme-t-il. Nous nous attendons à une hausse importante des effectifs de l’école publique. Et malgré l’embauche de 2 000 enseignants de la faculté d’éducation, il y aura toujours une place pour les contractuels. » Le ministre promet que les contractuels surnuméraires ne seront pas remerciés, mais transférés aux écoles complémentaires. « Cela permettra à la fois de renforcer le niveau de ces écoles et de résoudre ce problème éducatif et moral », souligne-t-il, assurant que « les contractuels ne se retrouveront pas sur le pavé ». « Même s’ils n’ont pas réussi le concours de la fonction publique, ils sont riches de leur expérience », soutient-il.


(Pour mémoire : Liban : altercation entre des enseignants contractuels et les forces de l'ordre lors d'une manifestation)


Les six échelons

À cette crise des contractuels, vient s’ajouter l’ordre de grève lancé hier par les enseignants nouvellement cadrés, diplômés de la faculté de pédagogie de l’Université libanaise (détenteurs de licences suivies de certificats d’aptitude à l’enseignement), qui réclament, avant même d’avoir débuté leur mission, les six échelons exceptionnels accordés par la loi 46, et dénoncent le non-paiement de leurs salaires du mois d’août. Dans un communiqué publié à l’issue de leur réunion avec le ministre de l’Éducation, ils annoncent leur décision de recourir à la grève et de s’abstenir de se présenter auprès des établissements secondaires où ils sont censés débuter leurs carrières.

« Le problème des enseignants diplômés de la faculté d’éducation est d’autant plus épineux que leurs revendications se sont heurtées aux refus du Conseil de la fonction publique, fait remarquer M. Hamadé à L’Orient-Le Jour. Car l’État ne peut se permettre de débloquer les crédits nécessaires, et la loi n’est pas explicite concernant leur droit à ces six échelons. » Il précise à ce propos que l’octroi à ces 2 000 enseignants des six échelons nécessiterait une décision du Conseil des ministres et un amendement par le Parlement de la loi 46. Mais celui qui tire fierté de son engagement pour la cause des enseignants, qu’ils soient du public ou du privé, promet « de suivre le dossier jusqu’à ce qu’il aboutisse ».





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