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Liban

TSL : Les mouvements des téléphones, preuve supplémentaire de l’implication du Hezbollah, selon l’accusation

Assassinat de Rafic Hariri

Les réseaux de surveillance et d’exécution de l’attentat seraient devenus actifs le jour de la démission de Rafic Hariri, le 20 octobre 2004.

14/09/2018

Depuis le début des audiences finales du procès de l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri devant le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) dans la banlieue de La Haye, le réquisitoire progresse par étapes, en donnant une forme concrète aux données téléphoniques sur lesquelles l’accusation fonde sa thèse. Après avoir démontré l’attribution aux quatre accusés – tous membres présumés du Hezbollah – de lignes téléphoniques par lesquelles ils auraient communiqué dans des réseaux interconnectés, l’accusation a décrit hier comment le mouvement de ces réseaux, accompagnant les derniers jours de Rafic Hariri, a permis de planifier et d’exécuter son assassinat, en février 2005. Et comment ce mouvement apporte une preuve de l’implication du Hezbollah – même si ce point, développé dans le mémoire en clôture n’a été évoqué qu’en marge de la description des faits. L’accusation a également relaté le mouvement des lignes téléphoniques le 21 décembre 2004, date de la rencontre entre Hariri et le secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah dans un lieu tenu secret. Le principal réseau de surveillance de Rafic Hariri, réseau dit rouge, qui ne pouvait être activé dans la banlieue sud pour éviter tout traçage par les enquêteurs après l’attentat, était un réseau secret qui « filait le convoi de Hariri comme son ombre », souvent en coordination directe avec le réseau vert, réseau de commandement de l’opération, géré par Moustafa Badreddine (ancien responsable militaire du Hezbollah mort en Syrie), et avec lequel seuls les téléphones de Hassan Habib Merhi et de Salim Ayache, deux des inculpés par le TSL, interagissaient dans un « rapport triangulaire ».


(Lire aussi : Courcelle-Labrousse à « L’OLJ » : « Je ne suis pas l’avocat du Hezbollah »)


« Badreddine pouvait joindre Ayache, qui appelait alors un téléphone jaune, bleu ou rouge », a expliqué hier l’accusation. « La régulation de ces séquences à des moments-clés » permet d’en déduire l’activité des accusés, a-t-elle poursuivi.

C’est sur la base de ces séquences que l’accusation a retracé hier la route fatale de Rafic Hariri, du Parlement qu’il a quitté à 11h54 le 14 février 2005 jusqu’à la scène du crime devant l’hôtel Saint-Georges, où la camionnette piégée a explosé à 12h53. L’accusation a montré comment le mouvement des réseaux accompagnait celui de Hariri. Parmi les éléments rapportés (dont nous ne retenons ici qu’un échantillon à titre indicatif) : le déplacement du téléphone de Salim Ayache des environs du Parlement vers une cellule qui donne une couverture prédictive sur la scène du crime ; sur les 28 appels passés ce jour-là sur le réseau rouge, dix-huit l’ont été par un « sujet 8 » près du Parlement, donnant le signal que Hariri a quitté la place de l’Étoile ; le « sujet 5 » – non identifié – au volant de la camionnette appelle Ayache pour faire en sorte qu’il arrive sur la scène du crime en même temps que le convoi ; le téléphone de Ayache, qui accroche le réseau de couverture sur la scène du crime jusqu’à l’arrivée de la camionnette, fait un dernier appel à son supérieur, Moustafa Badreddine, pour l’informer que tout est en place. « Ce sera le dernier appel du réseau vert », dit l’accusation.

Outre Ayache contre lequel l’accusation détient « une profusion d’éléments » sur son rôle de comploteur et d’exécutant du crime, celle-ci entend établir l’intention délictueuse des autres accusés, accusés de complicité, ayant opéré à travers les réseaux bleus, jaunes et rouges.


(Lire aussi : TSL : L’accusation mise au défi des preuves circonstancielles)


Le nom de Hussein Khalil cité
Cette intention de commettre un crime dont les accusés étaient dûment informés est établie par l’accusation à partir du mouvement de leurs téléphones.

Il est d’abord signalé qu’avant le 20 octobre 2004, date de la démission de Rafic Hariri, aucune activité simultanée des réseaux n’est constatée. Depuis cette date, et jusqu’au 14 février 2005, le réseau bleu, actif au total pendant seize jours, a placé 220 appels au voisinage de Qoreitem où résidait l’ex-Premier ministre.

Autre constat fondamental, inséré dans le mémoire de clôture sous la partie relative au rôle du Hezbollah, le mouvement des lignes téléphoniques le 21 décembre 2004, date de la rencontre de Rafic Hariri avec le secrétaire général du Hezbollah. Cette rencontre a été organisée par le journaliste Moustafa Nasser, qui jouait alors un rôle de liaison entre Nasrallah et Hariri, en coordination avec l’adjoint du secrétaire général du Hezbollah, Hussein Khalil. Les quatre hommes étaient présents à la réunion, dont seul le chauffeur de la voiture mandatée par le Hezbollah pour y conduire Hariri et Nasser connaissait l’adresse. Autrement dit, seul le Hezbollah connaissait la localisation exacte du rendez-vous. Or, au moment de la réunion, Hussein Khalil active son téléphone, qui accroche la zone de couverture cellulaire correspondant à celle du réseau de surveillance. Cela ne veut pas dire qu’il a contacté ce réseau – ce n’est pas ce qui a été dit hier en tout cas. En revanche, cela indique que le réseau de surveillance était « à proximité » de la rencontre Hariri-Nasrallah, et donc agissait dans le cadre de sa mission de planification de l’attentat. Cela veut dire ensuite que ce réseau est proche du Hezbollah, qui était seul à connaître l’adresse du rendez-vous. Ceci conduit au final l’accusation à répondre par la positive à la question du président de la chambre sur l’incidence de ce faisceau de preuves quant à l’implication du Hezbollah dans l’attentat.


Repère
Retour sur les dates-clés du TSL


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Au TSL, l’accusation se concentre, dans ses déclarations de clôture, sur les victimes et le Hezbollah

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RE-MARK-ABLE

On arrivera à EXPLIQUER l'assassinat de John Kennedy avant de pouvoir prouver quoi que se soit dans ce méga complot occidental à la sauce sioniste.

Comme pour les tours jumelles du 11 septembre.

Du grand théâtre hollywoodien qui cache mal les "Après" attentats étrangement toujours au profit des COMPLOTEURS de l'occident aux abois.

RE-MARK-ABLE

On arrivera à EXPLIQUER l'assassinat de John Kennedy avant de pouvoir prouver quoi que se soit dans ce méga complot occidental à la sauce sioniste.

Comme pour les tours jumelles du 11 septembre.

Du grand théâtre hollywoodien qui cache mal les "Après" attentats étrangement toujours au profit des COMPLOTEURS de l'occident aux abois.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LE TSL NE PEUT TRANCHER AVEC COMME PREUVES UNIQUEMENT LES TELEPHONES... SINON IL DEVRAIT LE FAIRE EN S,APPUYANT SUR LES CIRCONSTANCES ATTENUANTES ! FAIBLE ATOUT DEPENDANT SEULEMENT DU JUGEMENT PERSONNEL DU JUGE !!!

Bustros Mitri

Il serait intéressant de tester tout ceux qui mettent en doute les conclusions (évidentes) à venir, quelles seraient leurs déductions si dans un jeu de rôle , on leur présentait tous les elements avancés ici, sur un crime de droit commun, ou tout simplement la victime serait leur père ou un proche..

Bee S

Il n y a pas si longtemps il ya eu une affaire d hackers qui avait fait croire qu un acteur avait des liaisons avec israel... les donnees peuvent donc etre changees et falsifiees, personne n en parle...

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

MAIS INSUFFISANTE POUR CONDAMNER..

Bustros Mitri

Personne n’a avancé la théorie du hasard dans cette affaire, et que ces 4 joyeux lurons étaient tout simplement passionnés de télécoms ??

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