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Économie

Dette publique : pas de nouveau « swap » en vue, assure Salamé

Finance
P. H. B. | OLJ
08/08/2018

Le gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Riad Salamé, a déclaré dans un entretien à Reuters hier que la BDL ne prévoyait pas, pour le moment, de lancer de nouveau « swap » – opération d’échange de titres de dette – dans la mesure où l’état actuel de la balance des paiements ne l’imposait pas. « Nous n’avons pas l’intention de le faire parce que la balance des paiements se porte relativement bien (…). Nous sommes légèrement déficitaires, mais pas au point d’avoir besoin de faire un nouveau swap », a-t-il affirmé. La dernière opération d’échange de titres de dette entre le ministère des Finances et la BDL a été finalisée en mai, portant sur un montant de 5,5 milliards de dollars d’obligations du Trésor en livres détenues par la Banque centrale pour un montant équivalent d’eurobonds (libellés en devises) et à des conditions avantageuses pour l’État.

Chasse aux « rumeurs »
Selon les chiffres de la BDL, la balance des paiements a enregistré un déficit de 208,3 millions de dollars sur les six premiers mois de l’année, comparé à un déficit cumulé de 1,1 milliard sur la même période en 2017, avec un surplus de 1,2 milliard en mai et un déficit de 638,5 millions de dollars en juin. Le déficit de juin a été causé par une baisse de 1,1 milliard des actifs étrangers de la Banque du Liban (BDL), compensée en partie par une augmentation de 474,9 millions de dollars de ceux des banques. Quant au déficit cumulé sur les six premiers mois de l’année, il a été provoqué par une baisse de 2,4 milliards de dollars des actifs étrangers des banques, en partie compensée par une augmentation de 2,2 milliards de ceux de la BDL. La balance des paiements libanaise a été en surplus en 2009, 2010 et 2016, et en déficit en 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2017 (-155,7 millions de dollars).
Le gouverneur de la BDL est également revenu, comme souvent depuis les élections législatives du 6 mai, sur la situation financière et économique du pays, écartant les rumeurs sur un éventuel décrochage de la livre libanaise, qui est arrimée au dollar depuis 1997. M. Salamé a en outre estimé que les rumeurs concernant une imminente crise financière étaient destinées à « effrayer les gens » et entraîner une « baisse de confiance dans la stabilité du pays ». 

Un discours également tenu par Freddie Baz, le vice-président de Bank Audi, l’une des plus importantes du pays, dans un entretien accordé au Daily Star hier. Ce dernier a en outre affirmé que certaines banques proposaient des taux d’intérêt élevés sur les dépôts à terme en livres pour « contrer la campagne négative visant l’économie du pays ». Le Liban a été pressé à plusieurs reprises cette année de restructurer son économie et assainir ses finances publiques, notamment par le Fonds monétaire international, la Banque mondiale ou encore les participants à la CEDRE le 6 avril dernier, qui se sont engagés, en contrepartie, à débloquer au pays du Cèdre plus de 11 milliards de dollars d’aides en prêts et dons. Mais les réformes attendues restent suspendues à la formation d’un nouveau gouvernement, enlisée depuis environ trois mois en raison de tensions politiques.


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