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À La Une - Repère

Ce qu'il faut savoir sur la province de Qouneitra, aux portes d'Israël

Les rebelles ont accepté de céder les territoires sous leur contrôle dans la province du Sud-Ouest syrien au terme d'une série d'accords ayant permis au régime Assad de reprendre des secteurs clé.

De la fumée s'élevant au-dessus d'une localité de la province de Qouneitra, dans le Sud-Ouest syrien, après des bombardements des forces du régime et de leurs alliés russes, le 16 juillet 2018. AFP / JALAA MAREY

La province de Qouneitra, dans le sud-ouest de la Syrie, borde la ligne de démarcation sur le plateau du Golan, dont la majeure partie est annexée et occupée par Israël.

Aux portes d'Israël 
Le plateau du Golan, qui surplombe la Galilée et le lac de Tibériade du côté contrôlé par Israël, est stratégique pour la Syrie car il commande la route vers Damas.
L'armée israélienne a conquis en juin 1967 ce plateau d'où l'armée syrienne pilonnait les positions israéliennes en contrebas. Une poche supplémentaire d'environ 510 km2 a été occupée par Israël lors de la guerre d'octobre 1973, puis restituée en 1974, avec une petite partie des territoires occupés en 1967.

L'accord de 1974 a aussi créé une zone-tampon démilitarisée. Depuis, une force des Nations unies pour l'observation du désengagement (Fnuod) est chargée de contrôler le respect de cet accord.
Quelque 1.200 km2 du plateau du Golan, frontalier également du Liban et de la Jordanie, ont en revanche été annexés par Israël en 1981, une action jamais reconnue par la communauté internationale.



La province dans la guerre 
Dès mars 2013, les rebelles combattant les troupes du régime de Bachar el-Assad lancent des attaques coordonnées, prenant le contrôle de localités dans la province de Qouneitra.
En août 2014, les combattants rebelles dont ceux du Front al-Nosra, branche syrienne d'el-Qaëda, rebaptisé ensuite durant un temps Fateh el-Cham, prennent graduellement plusieurs zones de Qouneitra, dont le passage entre la partie syrienne du Golan et la partie du plateau occupée par Israël.
Quarante-cinq Casques bleus fidjiens de la Fnuod sont pris en otage après des combats entre l'armée et des groupes rebelles avant d'être libérés au bout de deux semaines.


(Lire aussi : Les rebelles acceptent une reddition à Qouneitra, près du Golan)



Roquettes et raids
Dès l'éruption du conflit en 2011, la situation à la frontière israélo-syrienne s'est tendue, avec quelques tirs à l'arme légère ou au mortier auxquels l'armée israélienne répliquait souvent.
En mars 2014, l'armée de l'air israélienne a bombardé des positions de l'armée syrienne quelques heures après l'explosion d'une bombe sur le Golan.
Depuis, l'aviation israélienne a mené plusieurs raids meurtriers visant des miliciens pro-régime, des membres du mouvement chiite libanais Hezbollah ou des Gardiens de la Révolution, armée d'élite du pouvoir iranien, dans la province de Qouneitra.
Le 11 juillet, l'armée israélienne a annoncé avoir abattu dans l'espace aérien israélien un "drone syrien non armé qui semblait mener une mission de collecte d'informations". Et le 13, Israël a annoncé avoir tiré un missile en direction d'un drone qui survolait la zone démilitarisée entre Israël et la Syrie et avoir "très probablement" abattu l'engin.


(Pour mémoire : Dans le Sud syrien, des journalistes "pris au piège" sont en danger)



Dans le viseur du régime
La province de Qouneitra représente - avec celles de Deraa et Soueida - une des quatre "zones de désescalade" instaurées par un accord entre la Russie et l'Iran, alliés du régime syrien, et la Turquie, soutien des rebelles. En juillet 2017, un cessez-le-feu est entré en vigueur à l'initiative de la Russie, de la Jordanie et des Etats-Unis.

Mais le régime, aidé par son allié russe, a déclenché le 19 juin une offensive pour reprendre les zones rebelles à Deraa. Le 12 juillet, l'armée syrienne a hissé le drapeau national dans le secteur rebelle de la ville de Deraa, berceau de la révolte de 2011.
Fort de cette victoire, le régime a ouvert un nouveau front dans la province voisine de Qouneitra le 15 juillet. Outre des combats au sol, quelque 800 missiles et obus ont été lancés contre plusieurs localités. Ces violences ont fait au moins 43 morts parmi les combattants prorégime et au moins 48 chez les insurgés, en grande majorité des jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham.

Le 17 juillet, des frappes aériennes ont tué au moins 15 civils aux abords de la localité d'Aïn al-Tina. Deux jours plus tard, un accord de reddition des rebelles, qui prévoit le retour des forces gouvernementales, est annoncé.


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