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Berry : Le Liban pourrait légaliser le haschisch à usage médical

législation

La légalisation du cannabis à des fins médicales est, selon une source bien informée, une des propositions faites par le cabinet de conseil international McKinsey dans son plan pour réformer l’économie libanaise.

OLJ
18/07/2018

Le président de la Chambre Nabih Berry a déclaré mercredi que le Liban pourrait légaliser la culture du haschisch et son utilisation à des fins médicales. Il s'agit là, a indiqué à L'Orient-Le Jour, une source bien informée, d'une des propositions faites par le cabinet de conseil international McKinsey dans son plan pour réformer l’économie libanaise.
"Le Parlement libanais se prépare à étudier et approuver la législation nécessaire pour légaliser la culture du haschisch et sa production à des fins médicales à l'instar de nombreux pays européens et certains États américains", a déclaré M. Berry devant l'ambassadrice des États-Unis au Liban Elizabeth Richard.

Le chef du Parti socialiste progressiste, Walid Joumblatt avait déjà appelé à plusieurs reprises les autorités libanaises à la légalisation de la culture du haschich, affirmant que cela représente "une formule de relève économique pour la Békaa, pour Baalbeck et pour le Hermel" où le cannabis est largement cultivé.

L'ancien ministre libanais de la Santé, Waël Bou Faour, avait évoqué en 2016 les bienfaits thérapeutiques du cannabis, plus particulièrement l'huile du cannabis, affirmant que plusieurs pays ont légalisé le recours à cette plante pour des besoins de santé. Il avait également déclaré que, selon lui, le Liban "est en train de rater une opportunité" en raison de sa politique qui criminalise l'usage du cannabis, soulignant la nécessité d'adopter une approche scientifique et économique pour "encadrer et légaliser" la consommation de cette plante. 

En 2015, le chef de la brigade des stupéfiants au sein des Forces de sécurité intérieure, le général Ghassan Chamseddine, avait indiqué qu'environ 35 000 dounoums de haschich (3 500 hectares) sont plantés chaque année dans la Békaa centre et nord, dans les cazas de Baalbeck et Hermel, et dans une partie des cazas de Bécharré et Denniyé. "La production annuelle moyenne est d'une centaine de tonnes et le marché annuel de 60 millions de dollars environ", avait-il estimé.

Selon des cultivateurs de cannabis au Liban, le conflit en Syrie voisine a détourné l'attention de l’État et dopé le trafic avec une frontière devenue beaucoup moins contrôlée. L'armée détruisait auparavant chaque année quelques milliers d'hectares de cannabis dans la Békaa.
L’État avait mené des campagnes d'éradication, promettant des cultures alternatives. Mais depuis l'échec d'un programme de l'ONU, il y a plus de quinze ans, un bras de fer l'oppose aux cultivateurs qui réclament la légalisation de cette culture ancestrale. Selon les agriculteurs, la demande a augmenté de plus de 50% depuis 2012, et la majorité du haschich est écoulée vers la Syrie.    

Le plan du cabinet McKinsey pour diversifier l'économie préconise notamment de renforcer les secteurs de l'agriculture, de l'industrie, du tourisme et de la finance.


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Sarkis Serge Tateossian

Soit, mais quelques questions préalable s'imposent !

1- McKinsey avait-il déjà prescrit à un autre pays que le Liban une telle culture (un procédé stupéfiant) pour le sortir du marasme économique ?
Ne riez pas trop, il s'agit pour McKinsey, une manière de s'accommoder à l'air ambiant... Bravo Messieurs.

2- que signifie " légaliser" pour un pays où tout est permis, surtout le plus illégal ?

3- l'état aura-t-il les moyens pour contrôler le bon usage médical de cette substance une fois légalisée ?

Attention aux dégâts ... Derrière tout ce charabia ... Douteux, une fois encore!

Antoine Sabbagha

Et vive le haschisch qui sait il pourra sauver nos dettes dans ce pays ou tout est illégal .

Yves Prevost

"la législation nécessaire pour légaliser la culture du haschisch et sa production à DES FINS MEDICALES à l'instar de nombreux pays européens et certains États américains"
Sauf que dans ces pays un contrôle strict est effectué sur la production et son utilisation. Contrôle qui, au Liban relève du rêve!

Irene Said

P.S.
encore une question:
que dit notre parti divin le Hezbollah, bien implanté dans ces régions...concernant la culture légalisée du haschisch qui est une plante procurant les mêmes effets, bien que plus légers, que d'autres drogues ???
Ce parti divin, peut-il permettre cela, lui le champion pour prescrire l'application des règles et lois religieuses ???
Irène Saïd

Irene Said

L'honorable Monsieur Nabih Berry propose ingénument de "légaliser la culture du haschisch et son utilisation à des fins médicales"...

Formidable et
B R A V O !!!

Notre pays, réputé mondialement pour son aversion à toute discipline, corrompu et champion pour contourner toute les lois, aurait ainsi un "Haschischland légal" dans la Bekaa, à Baalbeck et dans le Hermel.
On pourra aussi organiser à Baalbeck un festival du haschisch légalisé, et ainsi multiplier les visiteurs de cette région en mal de touristes actuellement.

Sincèrement, Monsieur Nabih Berry, vous ne trouvez pas d'autres cultures "légales" à proposer pour ces régions déjà assez secouées par d'innombrables problèmes sociaux et de sécurité ?

Ou alors...combien de pourcentage des bénéfices recevrez-vous pour cette culture légale qui promet d'être très lucrative ?

Voyez-vous, nous ne pouvons croire que vous proposez tout cela uniquement par but philantrophique et...médical.
Irène Saïd



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