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Journée la plus meurtrière dans le Sud syrien depuis le début d'un assaut du régime

Syrie

Jeudi, des raids imputés à l'aviation russe ont visé plusieurs secteurs dans l'est et l'ouest de la province de Deraa, faisant 25 morts parmi les civils, selon l'OSDH.

OLJ/AFP
28/06/2018

Des dizaines de raids aériens imputés à la Russie ont frappé les territoires rebelles dans le sud syrien, qui a connu jeudi sa journée la plus meurtrière depuis le début d'un assaut du régime et de ses alliés.
Les puissances occidentales ont dénoncé les opérations militaires lancées le 19 juin par le régime de Bachar el-Assad et son allié russe contre la province de Deraa dominée par les insurgés, et plusieurs ONG ont dit craindre une nouvelle crise humanitaire dans le pays en guerre depuis 2011.

Après avoir consolidé son pouvoir sur la capitale Damas et ses environs en chassant rebelles et jihadistes, le pouvoir d'Assad a ouvert un nouveau front dans le sud du pays, une région sensible bordant la frontière avec la Jordanie et le plateau du Golan, en partie occupé par Israël.

Jeudi, des raids imputés à l'aviation russe ont visé plusieurs secteurs dans l'est et l'ouest de la province de Deraa, faisant 25 morts parmi les civils, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). "Le bilan de jeudi est le plus élevé depuis le 19 juin", a indiqué à l'AFP le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.  "Depuis mercredi, les bombardements ont gagné en intensité et visent des secteurs très fortement peuplés", a-t-il précisé. Parmi les victimes, 17 personnes dont cinq enfants, réfugiées dans le sous-sol d'une maison pour échapper aux bombardements, ont péri dans une frappe russe dans la localité d'Al-Mseifra, a précisé l'OSDH.
Il était impossible de confirmer de source indépendante si l'aviation russe avait mené ou non ce raid mais Moscou a toujours démenti cibler des civils. Au total en plus d'une semaine, quelque 96 civils ont péri dans les violences, selon l'ONG.


(Lire aussi : Raids meurtiers sur Deraa, crainte d’une nouvelle crise humanitaire)



50.000 déplacés 
Mardi, les forces du régime ont lancé une offensive contre les quartiers insurgés de la ville de Deraa, chef-lieu de la province du même nom. Ces districts ont été la cible jeudi de raids aériens du régime et de la Russie, et depuis plusieurs jours, des dizaines de familles fuient le secteur, selon l'OSDH.
"Tous les habitants sont partis. Il n'y a plus de civils ici" dans les quartiers rebelles de Deraa, a indiqué à l'AFP Ahmad Abou Hazem, un combattant rebelle dans la ville.

Selon l'ONU, quelque 750.000 civils vivant en zone rebelle dans le sud de la province de Deraa seraient menacés par les opérations militaires. Et environ 50.000 civils ont déjà été déplacés, selon un nouveau chiffre communiqué jeudi par l'ONU, la majorité essayant de trouver refuge près de la frontière avec la Jordanie. Amman néanmoins a martelé qu'elle garderait sa frontière fermée, faisant craindre aux organisations internationales une nouvelle crise humanitaire.

En raison des combats, les Nations unies ont annoncé jeudi avoir suspendu leurs convois humanitaires transfrontaliers depuis la Jordanie vers la province de Deraa. "Les combats ont été si intenses qu'il n'y a pas d'accord suffisant pour garantir un passage sûr pour les convois", a déploré le chef du groupe de travail humanitaire de l'ONU sur la Syrie, Jan Egeland, lors d'un point de presse à Genève. "Nous exhortons la Jordanie à laisser les frontières ouvertes", a-t-il lancé.





"Violation" 

Les violences n'ont pas épargné les infrastructures médicales. Depuis le début des hostilités, cinq hôpitaux ont été mis hors service par des bombardements pour certains imputés à la Russie, selon l'OSDH. L'ONG française l'Union des organisations de secours et soins médicaux (UOSSM) a par ailleurs annoncé la mort de trois membres de son personnel médical en moins d'une semaine dans la province de Deraa.

Le pouvoir syrien, qui enchaîne les victoires grâce à l'appui crucial de l'allié russe, mais aussi de l'Iran et du Hezbollah, contrôle désormais 65% du pays. Il semble plus que jamais déterminé à asseoir son pouvoir sur l'ensemble de la Syrie, ravagée depuis 2011 par une guerre qui a fait plus de 350.000 morts et jeté à la rue des millions de personnes.

Depuis le début des hostilités dans le sud, les forces du régime ont conquis 15 villages et localités, principalement dans l'est et le nord-est de la province, selon l'OSDH. Or, le sud fait théoriquement l'objet depuis 2017 d'un cessez-le-feu négocié directement par Moscou, Washington et Amman.
"Les opérations militaires unilatérales du régime d'Assad et de la Russie dans le sud-ouest de la Syrie sont une violation du cessez-le-feu", a souligné mercredi Jonathan Cohen, ambassadeur adjoint des Etats-Unis à l'ONU.


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