X

Moyen Orient et Monde

Raids meurtiers sur Deraa, crainte d’une nouvelle crise humanitaire

Syrie

Plusieurs membres occidentaux du Conseil de sécurité ont réclamé hier à la Russie de respecter ses engagements dans le Sud syrien.

OLJ
28/06/2018

Les avions de l’armée syrienne et de l’allié russe ont bombardé intensément hier les zones rebelles dans le sud de la Syrie, poursuivant une offensive du régime qui fait craindre aux ONG une nouvelle crise humanitaire dans le pays en guerre.
Au moins 17 civils dont six enfants ont été tués dans les raids et tirs d’artillerie contre des secteurs rebelles de la province de Deraa, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Parmi les morts, sept civils dont trois enfants ont péri dans des raids russes près de la frontière jordanienne, selon l’OSDH. En outre, trois hôpitaux ont été mis hors service dans des bombardements pour certains imputés également à la Russie, allié indéfectible du régime de Bachar el-Assad.
Après avoir consolidé son pouvoir sur la capitale Damas et ses environs en chassant rebelles et jihadistes, M. Assad a le Sud dans son viseur, une région sensible bordant la frontière avec la Jordanie et avec le plateau du Golan, en partie occupé par Israël. Mardi, les forces du régime appuyées par des raids russes ont lancé une offensive contre les quartiers insurgés de la ville de Deraa, après une semaine de bombardements visant principalement les secteurs est de la province du même nom sous contrôle rebelle. Depuis le début le 19 juin des opérations militaires du régime dans cette province, des dizaines de milliers de personnes ont pris la fuite.

« Pas de limite à l’horreur »
 « L’horreur ne connaît aucune limite en Syrie, où les enfants sont encore une fois pris entre deux feux », a déploré dans un communiqué la directrice du Fonds de l’ONU pour l’enfance (Unicef), Henrietta Fore, en évoquant la situation dans le sud du pays. « Les enfants et les familles ont besoin de nourriture, de médicaments et de protection », a-t-elle insisté.
 « Les civils devraient avoir, comme toujours, la possibilité de fuir la violence et de chercher refuge et protection ailleurs », a de son côté déploré le Comité international de la Croix-Rouge, appelant à « épargner les civils » et « les infrastructures essentielles à leur survie ».
Au moins 63 civils ont été tués depuis le 19 juin, selon l’OSDH. Cinq hôpitaux au total ont été mis hors service par les bombardements. Les insurgés contrôlent 70 % de la province de Deraa et de la province voisine de Qouneitra.
Les rebelles tentent de résister et hier 12 soldats ont été tués par une attaque insurgée à la voiture piégée dans un village que les prorégime venaient de conquérir dans l’est de la province, selon l’OSDH. Grâce à l’appui crucial de l’allié russe, mais aussi du Hezbollah libanais, de l’Iran et de combattants de différentes nationalités, le régime Assad a enchaîné les victoires et contrôle désormais 65 % du territoire. Il est déterminé à asseoir son pouvoir sur l’ensemble du pays, ravagé depuis 2011 par une guerre qui a fait plus de 350 000 morts et jeté à la rue des millions de personnes.

« Les avions les pourchassent »
Plusieurs membres occidentaux du Conseil de sécurité ont réclamé hier à la Russie de respecter ses engagements dans le sud-ouest de la Syrie en arrêtant l’offensive de l’armée syrienne soutenue par Moscou qui menace, selon l’ONU, la relance d’un processus politique.
 « Les États-Unis peuvent confirmer que la Russie a mené ces derniers jours des raids dans la zone de désescalade dans le sud-ouest. » « Les opérations militaires unilatérales du régime d’Assad et de la Russie dans le sud-ouest de la Syrie sont une violation du cessez-le-feu » entériné en novembre par les présidents Donald Trump et Vladimir Poutine, a souligné Jonathan Cohen, ambassadeur adjoint des États-Unis à l’ONU, lors d’une réunion mensuelle du Conseil sur la Syrie. Washington reste « déterminé à respecter ses engagements pour ce cessez-le-feu. Nous demandons à nos partenaires russes de faire de même » et « de prendre des mesures immédiates pour faire diminuer la violence », a ajouté le diplomate américain.
Au total, quelque 750 000 civils vivant en zone rebelle dans le sud de la province de Deraa sont menacés par les opérations militaires, a averti l’ONU. « Ce que nous avons vu à Alep, dans le nord rural de Homs, dans la Ghouta orientale se produit actuellement dans le Sud où des villes sont bombardées quotidiennement, des personnes déracinées », a déploré le directeur de l’ONG CARE pour la Syrie, Wouter Schaap, en allusion à des régions reconquises par le régime.
Environ 45 000 civils ont été déplacés par les bombardements sur la province de Deraa, la majorité se rapprochant de la frontière avec la Jordanie, selon l’ONU. Parmi eux, Ahmad Abazeid, un militant qui a fui la localité de Hirak pour trouver refuge dans un village voisin.
 « Les gens sont perdus, ils ne savent pas où aller. Certains sont près de la frontière jordanienne, d’autres de celle avec Israël, lâche-t-il. Mais les avions les pourchassent où qu’ils aillent. » La Jordanie – qui accueille 650 000 réfugiés syriens selon l’ONU, près de 1,3 million selon Amman – a réaffirmé ces derniers jours sa position consistant à maintenir sa frontière fermée depuis 2016 et à ne plus accueillir de réfugiés.
 « Nous allons continuer à faire tout ce que nous pouvons pour eux. Mais nous ne pouvons pas accueillir plus » de réfugiés, a dit son chef de la diplomatie Aymane al-Safadi sur Twitter. Le refus de Amman d’ouvrir sa frontière inquiète. « Avec les combats, les gens sont de plus en plus acculés dans le Sud. À terme, ils n’auront nulle part où aller », a déploré l’ONG le Conseil norvégien pour les réfugiés.

Source : AFP

À la une

Retour à la page "Moyen Orient et Monde"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Dernières infos

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

A WEEKLY EDITION CURATED AND
PERSONALIZED BY OUR EDITORIAL TEAM

SIGN UP TO OUR NEWSLETTER IN ENGLISH

More Info See Sample
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

L'Orient-Le Jour vous offre 5 articles

Nous sommes un journal indépendant, nous chérissons notre liberté qui découle de notre autonomie financière comme de nos principes éthiques. Votre soutien, cher lecteur, est plus que nécessaire pour pérenniser nos initiatives.

Je poursuis la lecture

4

articles restants