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Le gouvernement reporte l'étude des dossiers chauds

Liban

"Nous ferons face à toute agression" israélienne contre le territoire et les eaux libanais, prévient le président Aoun.

M.K. | OLJ
08/02/2018

Le Conseil des ministres réuni jeudi au palais présidentiel de Baabda, et qui avait à son ordre du jour 93 points, notamment la carte électorale magnétisée prévue pour les législatives du 6 mai qui a finalement été abandonnée, au grand dam du chef de la diplomatie, Gebran Bassil, n'a finalement pas progressé sur les dossiers cruciaux. Seuls plusieurs dossiers secondaires étudiés ont été approuvés après 4 heures de réunion.

Au début de la séance, le président Aoun a abordé les débordements dans la rue qui ont résulté de la dispute qui opposait le chef du Législatif, Nabih Berry, au ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil, après la diffusion d'un enregistrement vidéo dans lequel M. Bassil insulte M. Berry.

"Ce qui s'est passé dernièrement est un cas exceptionnel qui a été résolu afin de préserver l'unité nationale, dans le respect de la Constitution et des lois", s'est félicité le chef de l'Etat. Il a insisté sur la "nécessité de réactiver les institutions étatiques et d'appliquer les lois".


(Lire aussi : Une manifestation d'enseignants dégénère près du palais de Baabda : plusieurs arrestations)


Faire face "à toute agression"
Concernant les tensions avec Israël sur fond de construction d'un mur dans une zone frontalière contestée et d'exploitation d'hydrocarbures offshore, le président Aoun a dit : "Nous poursuivons nos contacts afin de couper court aux convoitises israéliennes sur le territoire et les eaux (libanais), et nous ferons face à toute agression". Selon la chaîne LBCI, le président Aoun a dit espérer qu'il n'y ait pas d'escalade. M. Hariri a, lui, fait savoir que la classe politique toute entière, malgré ses divergences, se tient unie faces aux menaces israéliennes.

Israël poursuivait jeudi la construction de son mur en béton, au lendemain de la décision du conseil supérieur de la défense libanais de contrer cette "agression".

Les autorités libanaises ont exprimé à plusieurs reprises leur opposition aux travaux israéliens et estiment que 13 points litigieux, sur lesquels Israël compte édifier ce mur, se trouvent en territoire libanais. Les 13 points frontaliers sont revendiqués par le Liban depuis 1923, date de la délimitation des frontières entre le Liban et la Palestine par le comité Paulet-Newcombe. L’État hébreu a déjà édifié un mur en 2012 au niveau du village de Kfar Kila.


(Lire aussi : Législatives libanaises : Ce qu’il faut savoir pour voter)


Budget 2018
Sur le plan financier, le président Aoun a appelé le gouvernement à accélérer le débat sur l'adoption du budget de 2018 et à conclure les préparatifs en vue des trois conférences internationales de soutien au Liban et qui doivent se tenir à Paris, Bruxelles et Rome dans les prochains mois.

A ce sujet, M. Hariri a fait savoir qu'une fois la baisse de 20% des dépenses des ministères qu'il a demandée est mise en place, le projet de budget sera présenté en Conseil des ministres. Et concernant les conférences de soutien au Liban, le Premier ministre a annoncé que des projets de loi sont prévus pour concrétiser les préparatifs à ces conférences.

Concernant le secteur de l'éducation privée qui est en crise en raison de la nouvelle grille des salaires, M. Aoun a appelé à consacrer une séance du gouvernement afin d'examiner ce dossier. Au même moment, des dizaines d'enseignants manifestaient à proximité du palais présidentiel afin de faire pression sur les autorités pour l'application de la nouvelle grille des salaires, alors que le ministre de l’Éducation, Marwan Hamadé, poursuivait sa médiation auprès des écoles privées. Cette manifestation a dégénéré en heurts avec les forces de l'ordre qui ont procédé à plusieurs arrestations avant de relâcher les détenus quelques heures plus tard.

Plus de quatre mois après la publication de la loi 46 sur l'échelle des salaires, les enseignants des écoles privées attendent toujours de bénéficier de toutes les dispositions de ce texte, dont des augmentations de salaire. Mais les établissements scolaires dans leur grande majorité leur refusent les six échelons exceptionnels. Pour éviter l'augmentation des frais de scolarité, que dénoncent les parents d'élèves, une aide compensatoire de l'Etat, devant financer ces augmentations de salaires, est à l'étude, de même qu'un échelonnement des augmentations.


(Lire aussi : Tillerson à Beyrouth le 15 février)


Agrandissement de l'aéroport de Beyrouth
Sur un autre plan, une commission présidée par M. Hariri, et qui regroupe les ministres de la Santé, Ghassan Hasbani, de la Défense, Yaacoub Sarraf, des Finances, Ali Hassan Khalil, et des Transports, Youssef Fenianos a été créée. Elle est chargée d'étudier le plan directeur pour l'agrandissement de l'aéroport international de Beyrouth pour un coût approximatif de 200 millions de dollars.

Le ministre de l'Intérieur, Nohad Machnouk, a par ailleurs annoncé que le gouvernement a approuvé un projet de loi qui prévoit l'informatisation du service du statut personnel. En outre, le ministre du Travail, Mohammad Kabbara, a demandé au ministre des Finances, Ali Hassan Khalil, de payer à la caisse de la Sécurité sociale les montants que l'Etat lui doit, à défaut de quoi "les patients qui ont souscrit à la sécurité sociale optionnelle seraient menacés au niveau des soins auxquels ils ont droit". Par ailleurs, le Conseil des ministres a nommé Jalal Sleiman inspecteur général au sein de l'Inspection centrale.

Le ministre de l'Environnement, Tarek el-Khatib, a pour sa part fait savoir que le dossier du réaménagement des décharges d'ordures a été reporté à la prochaine réunion du gouvernement, alors qu'une aggravation de la crise des déchets se profile à l'horizon.

Parallèlement à la réunion du gouvernement, le ministre des Travaux publics, Youssef Fenianos, a annoncé lors d'une conférence de presse un projet de construction d'un port commercial à Naqoura, à la frontière avec Israël. "L'ennemi israélien empiète sur nos droits, et nous nous voyons obligés de lui inculquer des leçons, grâce au triptyque "Armée-peuple-résistance", a-t-il dit, reprenant une formule chère au Hezbollah.



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Bery tus

et c'est ca reporter les dossieurs chauds ... comme l'electricite, les ordures etc ... en tt cas meme si le peuple libanais ne vas pas vous sanctionner au legis, l'histoire elle s'en chargera

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