Liban

La rencontre de Baabda : pour faire face à Israël... et rendormir les vieux démons de la guerre civile

Éclairage
07/02/2018

Même si le contentieux Gebran Bassil-Nabih Berry est loin d’avoir été vidé par la rencontre tripartite de Baabda, hier, et même s’il est trop tôt pour en prévoir les répercussions sur les alliances électorales, en prévision des législatives de mai 2018, il reste qu’une certaine union sacrée s’est matérialisée, lors de cette rencontre, pour deux raisons essentielles, l’une interne, l’autre externe.

Sur le plan interne, les présidents Aoun et Berry ont tous deux pris conscience que leur différend sur le décret d’avancement de la promotion militaire de 1994 a envenimé une situation qui a failli devenir explosive. Une situation qui a, qu’on le veuille ou non, replongé quelques heures durant le pays dans une atmosphère antérieure à l’accord de Taëf, avec la remontée de toutes les animosités enfouies, mais pas oubliées, que les milices nourrissent les unes pour les autres. 

Cette « fêlure » civile ne sera pas facile à oublier, et de sérieuses mesures de confidence building devront être prises pour en effacer le souvenir. La réunion de Baabda qui s’est tenue le 6 février, date anniversaire de l’entente passée entre le CPL et le Hezbollah, a sans doute renforcé la symbolique de cette cérémonie au cours de laquelle « la hache de guerre » a été enterrée. 


(Lire aussi : Un tigre dans leur moteurl'éditorial de Issa GORAIEB)


Cependant, les prémices d’une rivalité entre le CPL et le tandem Amal-Hezbollah se manifestent au niveau électoral. Ainsi, les deux formations, constatent les observateurs, ont commencé à se disputer l’alliance avec les Marada de Sleiman Frangié. On suivra également avec intérêt, dans les prochains mois, les efforts du Hezbollah et d’Amal pour « éloigner » électoralement le CPL du courant du Futur. À l’horizon se dessinent non pas seulement la prochaine élection présidentielle, mais aussi celle du président de la prochaine Chambre des députés. 

Mais quelles que soient les alliances, toutes les formations ont retenu la leçon du samedi noir de Hadeth : sur le plan interne, il n’est plus permis de jouer avec le feu. À l’offense politique comme à l’insulte, la réponse ne pourra plus être, désormais, que politique.

L’autre raison de serrer les rangs, c’est le défi militaire et économique lancé par Israël, qui conteste la souveraineté du Liban sur une partie de sa zone économique exclusive (le bloc 9), et veut construire un mur de séparation en béton le long de la ligne bleue, alors même qu’il s’agit d’une délimitation provisoire dont le Liban conteste en particulier un point dit B1 sur le littoral, une distance de 17 km séparant la ligne bleue de la véritable frontière revendiquée, plus au sud, par le Liban.


(Lire aussi : Après la tempête, Aoun, Berry et Hariri aplanissent le terrain)


On sait, à cet égard, que deux licences d’exploration et de production d’hydrocarbures offshore pour les blocs 4 et 9 ont été acceptées mi-décembre par le gouvernement, et que le pays est à la veille de la cérémonie officielle de signature des accords, prévue le 9 février, sous le patronage du président de la République, au Pavillon Royal du BIEL.

À la veille de cette cérémonie, on relevait hier l’arrivée au Liban de David Satterfield, ancien ambassadeur des États-Unis à Beyrouth, aujourd’hui secrétaire d’Etat adjoint pour les affaires du Proche-Orient. En 2011, sous l’ancien président américain Barack Obama, les États-Unis avaient proposé un plan de partage du bloc litigieux lors de négociations menées par le médiateur Frederik Hof. Cette médiation n’avait toutefois jamais abouti.




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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

PYROMANES ET POMPIERS EN MEME TEMPS... ILS POUSSENT LE PAYS DANS L,OEIL DES CYCLONES !

Pierre Hadjigeorgiou

Du fait même que le bloc 9 soit sujet d'un litige entre les deux pays, il n'y aura pas d'exploitation du bloc 9... Le Liban n'est meme pas prêt pour ce genre de projet. Grâce au Hezbollah nous allons droit vers deux possible guerre, l'une civile et l'autre Israël...

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