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Jérusalem : "La décision américaine conduira à la guerre", prévient le Liban

Liban

"La construction de la paix au Moyen-Orient passe par l'édification d'un État palestinien avec Jérusalem pour capitale", affirme Nabih Berry.

J. A. R. | OLJ
08/12/2017

Les députés libanais ont réaffirmé à l'unanimité vendredi au Parlement leur ferme opposition à la décision du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël, alors que plusieurs rassemblements ont été organisés sur l'ensemble du territoire libanais.

 

État palestinien avec Jérusalem pour capitale
"La Chambre des députés estime que la décision américaine conduira à la guerre et constitue une couverture à l'entité israélienne", indique un texte lu par le président du Parlement, Nabih Berry, à l'issue d'une séance plénière exceptionnelle. Cette décision "renforce l'implantation et la colonisation et met en péril le peuple palestinien", indique ce texte.

Ce document fait valoir également que le Parlement "reconnaît le droit du peuple palestinien à résister et à agir contre l'occupation israélienne, ainsi que son droit au retour". Il appelle "les pays arabes et la communauté internationale à aider les Palestiniens à recouvrer leurs droits". Le texte appelle par ailleurs à la libération des parlementaires palestiniens prisonniers en Israël.

"La construction de la paix au Moyen-Orient passe par l'édification d'un État palestinien avec Jérusalem pour capitale", conclut ce texte qui sera envoyé à l'administration américaine "au nom du peuple libanais", a précisé M. Berry.

 

(Lire aussi : « Mais qui est donc Donald Trump pour décider du sort de Jérusalem ? »)

 

Solution à deux États
"Ceux qui osent s'en prendre à Jérusalem s'en prennent à la mosquée al-Aqsa, à l'Église du Saint-Sépulcre, ainsi qu'au Liban", avait affirmé M.Berry à l'ouverture de la séance.

Jeudi soir, le Sérail de Beyrouth, siège de la présidence du gouvernement, avait été illuminé aux images des deux lieux saints musulmans et chrétiens situés à Jérusalem, sur décision du Premier ministre Saad Hariri.

En marge de la réunion du Groupe international de soutien au Liban, M. Hariri avait estimé que la décision US représentait un "défi supplémentaire à la stabilité de toute la région". "Je ne peux que répéter notre refus de cette décision et notre attachement à l'initiative arabe pour une solution basée sur deux États avec Jérusalem en tant que capitale de la Palestine", a ajouté le chef du gouvernement.

"Personne n'a de monopole sur Jérusalem. La ville appartient à toutes les religions. Défendre Jérusalem est un devoir international et fondamental", a déclaré pour sa part Ibrahim Kanaan, au nom du bloc parlementaire du Changement et de la réforme, dont le Courant patriotique libre est la principale composante. "Nous considérons que la décision de M. Trump est contraire à la paix".

Georges Adwan, député Forces libanaises du Chouf et vice-président du parti, a quant à lui estimé que la décision américaine constituait une "provocation et une offense envers les Palestiniens, les chrétiens et les musulmans".

 

(Lire aussi : Le Liban fait front uni face à la tempête Trump, le décryptage de Scarlett HADDAD)

 

Débat lundi dans les écoles
"Nous faisons face à une nouvelle offensive servant les intérêts conjoints des États-Unis et d'Israël au détriment de Jérusalem et de la Palestine", a de son côté dénoncé Mohammad Raad, chef du bloc parlementaire du Hezbollah.

La veille, le secrétaire général du parti chiite, Hassan Nasrallah, avait dénoncé une "nouvelle déclaration Balfour", appelant à une manifestation populaire lundi après-midi dans la banlieue-sud de Beyrouth en signe de soutien à la cause palestinienne.

Imad el-Hout, député de la Jamaa Islamiya, a réclamé une suspension des relations du Liban avec les États-Unis jusqu'à ce que l'administration américaine revienne sur cette décision. De son côté, le député Boutros Harb a appelé les autorités libanaises à informer Washington de leur opposition à la décision US.

L'ancien Premier ministre Nagib Mikati a regretté pour sa part les divisions au sein du monde arabe. "Pendant que nous étions distraits par nos divergences, d'autres ont œuvré à détruire la cause palestinienne", a-t-il déclaré à la tribune. "Nous devons œuvrer à unifier les rangs arabes et musulmans", a déclaré ensuite Atef Majdalani, député du Courant du Futur, le parti de M. Hariri.

Prenant la parole, le ministre de l’Éducation, Marwan Hamadé, a annoncé avoir envoyé une lettre appelant les écoles, les collèges et les universités à organiser un débat lundi matin sur la question de Jérusalem. Cette semaine, une enseignante du Lycée franco-libanais de Verdun avait suscité la polémique. Elle avait utilisé une carte utilisant le terme "Israël" pour désigner la Palestine occupée.

 

(Lire aussi : Pas de crainte d’escalade dans les camps, selon l’ambassadeur de Palestine à Beyrouth)

 

Aoun convié au sommet islamique
Le député Marwan Farès, membre du Parti nationaliste social syrien, a quant à lui déclaré que le Liban ne pouvait pas se distancier de la cause palestinienne, en allusion à la politique de distanciation du pays à l'égard des conflits régionaux, réaffirmée mardi par le gouvernement de Saad Hariri qui avait retiré sa démission dans la foulée.

S'exprimant au nom du bloc parlementaire du leader druze Walid Joumblatt, Ghazi Aridi a dénoncé lui aussi la décision de M. Trump qui "met à mal toute possibilité de régler la question palestinienne".

Dans la journée, le président libanais Michel Aoun avait été officiellement invité par son homologue turc Recep Tayyip Erdogan au sommet de l'Organisation de la conférence islamique (OCI), le 13 décembre à Istanbul, axé sur la question de Jérusalem. Le Liban est l'un des 57 pays membres de cette organisation.

M. Aoun avait affirmé mercredi que la décision du président Trump "menace le processus de paix et la stabilité dans la région", appelant "les pays arabes à faire front pour rendre à Jérusalem son identité arabe et à faire pression pour rendre toute leur considération aux résolutions internationales et à l'initiative de paix arabe, seul moyen de parvenir à une paix juste et globale".

 

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IMB a SPO

Ya haram - Trump est en train de trembler et le 3adou al sahyouni ne sait plus comment reagir a ces reations.....

LA TABLE RONDE

Si la saoudie et les arabes du golfe ont décidé de vendre leurs frères sunnites palestiniens , je ne pense pas que les autres , fussent ils libanais ou coréens y pourront y faire quelque chose malheureusement.

Heureusement au sud Liban On a pas eu affaire à ce genre de fréquentations, sinon une partie du Liban aurait été annexée. God forbit.

carlos achkar

Le parlement devrait se réunir 24h sur 24 et 7 jours sur 7 pour trouver une solution à l'édification d'un Etat Libanais.
On s'en moque de l'édification d'un Etat palestinien.

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