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Liban

Le Liban condamne à l’unisson la décision de Trump

« Jérusalem capitale d’Israël »

Berry met en garde contre « une nouvelle déclaration Balfour aux dépens de la cause palestinienne ».

OLJ
07/12/2017

La décision du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël et d'y transférer l'ambassade US enflamme d'ores et déjà le monde arabe, et le Liban ne fait pas exception. Les réfugiés palestiniens, premiers concernés par cette décision, l'ont bien fait savoir dès hier en manifestant en masse dans plusieurs camps, à l'instigation des représentants des différentes forces palestiniennes, nationales et islamiques, unies pour l'occasion.


Dans le camp de Bourj el-Brajné, les manifestants ont scandé des slogans stigmatisant la décision américaine « injuste envers les Palestiniens », et annonçant d'autres mouvements à venir. À Aïn el-Héloué, les habitants sont descendus dans la rue à l'invitation de l'ensemble des forces en place. Le secrétaire général des factions de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), Maher Chbayta, et le responsable du Hamas, Ayman Channaa, ont insisté ensemble sur « le refus total de la décision américaine de reconnaître Jérusalem comme capitale de l'entité sioniste, en prélude à l'annulation pure et simple de l'État palestinien ». Ils ont assuré que « le peuple palestinien, de l'intérieur ou des pays d'exode, n'a d'autre nation que la Palestine, dont la capitale est Jérusalem ». Des manifestations ont également eu lieu au Nord comme au Sud. À Rachidiyé, des tirs ont été entendus en soirée dans le périmètre du camp.
Les Palestiniens n'étaient pas les seuls à manifester hier : les membres de la branche jeunesse du Parti socialiste progressiste (PSP) ont observé un sit-in en soirée devant l'Escwa au centre-ville, en signe de protestation contre la décision américaine.

 

(Lire aussi : Les principaux extraits de l'annonce de Trump sur Jérusalem)

 

Une décision « dangereuse »
Avec la colère exprimée par les Palestiniens, le ton est donné. Mais les hommes politiques libanais n'étaient pas en reste.


Le président de la République Michel Aoun a affirmé que la décision du président américain « menace le processus de paix et la stabilité dans la région ». « La décision de M. Trump est dangereuse, a-t-il souligné. Elle menace la crédibilité des États-Unis en tant que parrain du processus de paix dans la région et torpille la situation particulière acquise par Jérusalem tout au long de l'histoire. Cette décision a ramené le processus de paix entre les Palestiniens et les Israéliens dix ans en arrière et a saboté toutes les tentatives de rapprocher les points de vue entre les deux parties. » Le président Aoun a également mis en garde contre « les retombées que pourrait avoir cette décision sur la stabilité de la région et peut-être sur le monde entier », appelant « les pays arabes à faire front pour rendre à Jérusalem son identité arabe et à faire pression pour rendre toute leur considération aux résolutions internationales et à l'initiative de paix arabe, seul moyen pour parvenir à une paix juste et globale ».


Le chef du Parlement, Nabih Berry, s'est inquiété du fait que l'on pourrait se trouver face à « une nouvelle déclaration Balfour, dans la perspective d'un marché du siècle qui serait conclu aux dépens de la cause palestinienne et des droits du peuple palestinien ».


Pour le Premier ministre Saad Hariri, la décision de Donald Trump est « une démarche rejetée par le monde arabe et augure de dangers qui menacent la région ». « Le Liban condamne et rejette cette décision et annonce en ce jour le plus haut degré de solidarité avec le peuple palestinien et son appui à son droit à l'édification d'un État indépendant avec pour capitale Jérusalem », a-t-il ajouté sur son compte Twitter.

 

 


M. Hariri avait reçu dans la journée le représentant du Hamas au Liban, Ali Baraké, qui a déclaré lui avoir « transmis une lettre du (leader du Hamas, Ismaïl) Haniyeh autour de la décision américaine sur Jérusalem, lui demandant une prise de position et une action de la part du gouvernement libanais au niveau des institutions internationales, en soutien à la cause palestinienne et en signe de refus de cette mesure ».
Le Fateh a fermement condamné cette décision dans un communiqué qualifiant de « terrorisme » la reconnaissance américaine de Jérusalem comme capitale d'Israël, et estimant qu'une telle mesure « place dans sa ligne de mire la cause palestinienne dans toutes ses composantes ». Pour le Fateh, « cette menace américaine de déplacer son ambassade aura pour conséquence de faire éclater la guerre, ce qui représente une autre facette du terrorisme mondial ». Fateh appelle l'ensemble du peuple palestinien à rester prêt à des confrontations « sur le terrain comme en politique ou dans les médias ».

 

« Boule de feu » et « acte d'agression »
La déclaration du président américain a fait réagir hier le ministère des Affaires étrangères qui a dénoncé une « démarche (...) qui contrevient aux principes du droit international et aux résolutions de l'ONU qui ont considéré Jérusalem comme partie intégrante des territoires palestiniens occupés de 1967 ». « Une telle reconnaissance constitue une violation des droits arabes et palestiniens et porte atteinte aux sentiments de l'ensemble des croyants, musulmans et chrétiens. Il s'agit également d'une menace pour la sécurité et la stabilité non seulement du Moyen-Orient (...), mais du monde entier », a indiqué le palais Bustros dans un communiqué, avant de « rejeter et de condamner fermement toutes les mesures qui ont pour conséquence de torpiller la solution des deux États et de porter préjudice à l'identité de Jérusalem en tant que ville arabe ».
Le mufti de la République, le cheikh Abdellatif Deriane, a vu pour sa part dans la décision « une provocation et une violence contre les sentiments des Palestiniens, des Arabes et des musulmans », estimant qu'elle « transformera la région en une boule de feu ». Il a appelé « à redynamiser l'intifada du peuple palestinien », et a demandé au monde arabe de la « soutenir contre l'ennemi israélien afin de mettre un terme à cette offensive contre l'identité arabe et de préserver les lieux sacrés et la Palestine ».


Les anciens Premiers ministres Tammam Salam et Nagib Mikati, le ministre Nicolas Tuéni, les députés Boutros Harb, Waël Bou Faour et Amal Abou Zeid, les anciens ministres Achraf Rifi, Hassan Mneimné et Fayçal Karamé, l'ancien député Oussama Saad, ainsi que le Parti communiste libanais et le Parti syrien national social font partie des formations et personnalités qui ont condamné la démarche de M. Trump.
Quant au député de la Jamaa islamiya, Imad el-Hout, il n'a pas mâché ses mots. Pour lui, cette reconnaissance américaine n'est rien d'autre qu'un « acte d'agression ».
Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, devrait se prononcer, lui, ce soir lors d'une allocution télévisée.

 

 

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MICHAEL KASSOUF

Bientot , la puberte

Maurice clebert

Comme d habitude les arabes brandissent la menace de la violence, et se retoirnent vers leurs '' freres''.. Des declarations, des sommets internationaux il y ennaura sûrement des tas ! Mais comme d habitude la montagne accouchera d une souris ! Tel un enfant capricieux qui ne veit pas grandir, les palestiniens sont donc en colère enncolere et encore enncolere..... Et apres ? A quand l age mur ? Et pendant ce temps la, israel se developpe grandit et avance.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

LE LIBAN CONDAMNE L,HEBETUDE !

Antoine Sabbagha

On hausse le ton parmi les palestiniens et le monde arabe mais ce monde est si impuissant divisé que la cause palestinienne plonge dans le monde de l'oubli

gaby sioufi

et dire que les "freres" palestiniens avaient menace EUX , de faire de Beyrouth la capitale de la palestine.... vua Jounieh.

cette periode la , IMPOSSIBLE a oublier, encore moins a pardonner.

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