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Jérusalem : De Beyrouth à Kuala Lumpur, ils manifestent leur colère

Protestations

Dans de nombreux pays du monde, la journée de vendredi a été rythmée par rassemblements des slogans anti-américains et anti-israéliens, de même que des appels à reconnaître la Ville sainte "capitale éternelle de Palestine". 

OLJ/Agences
08/12/2017

Deux jours après la décision du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël et d'y déménager l'ambassade des Etats-Unis, des mouvements de protestation, rassemblements et sit-ins ont été organisés dans de nombreux pays du Proche-Orient et au-delà. 

Du Liban à la Malaisie ont été clamés des slogans anti-américains et anti-israéliens, de même que des appels à reconnaître Jérusalem "capitale éternelle de Palestine". Au cours de la journée, des centaines de drapeaux des Etats-Unis et d'Israël ont été brûlés, de même que des effigies du président Trump, en soutien au peuple palestinien, alors que des heurts ont eu lieudans la Ville sainte et en Cisjordanie occupée. 

 

Tour du monde des mouvements de protestation

  

Au Liban

De nombreuses manifestations ont été organisées vendredi, du nord au sud du Liban.

A Beyrouth, un rassemblement s'est tenu devant la mosquée de l'imam Ali dans le quartier de Tarik Jdidé. Des manifestants se sont également rassemblés sur la place des Martyrs, dans le centre-ville de Beyrouth. 

A Saïda (Liban-Sud), plusieurs manifestations ont eu lieu après la prière du vendredi. Le courant du Futur (du Premier ministre actuel, Saad Hariri) a également lancé un mouvement de protestation sous le titre "Jérusalem est à nous". 

 


Des drapeaux libanais et palestiniens brandis le 8 décembre dans le centre-ville de Beyrouth. AFP / JOSEPH EID

 

Un sit-in a également été organisé devant la faculté de Droit de l'Université libanaise (branche de Saïda) au cours duquel les étudiants ont scandé des slogans tels que "Jérusalem capitale de la Palestine" et "Mort à l'Amérique" et brûlé un drapeau palestinien. Un rassemblement populaire de grande ampleur a eu lieu dans le camp palestinien de Aïn el-Heloué, à l'initiative de responsables politiques. Dans le nord du Liban, à Tripoli, des étudiants ont manifesté devant la mosquée du quartier el-Mina. 

Dans un discours télévisé retransmis jeudi soir, le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a par ailleurs invité les Libanais à un grand mouvement de protestation lundi, au départ de la banlieue-sud de la capitale.  'Il faut tenir des réunions, des conférences, des festivals, des manifestations. Car lorsque tout un chacun manifeste de par le monde, Trump va se demander dans quel pétrin il s'est mis", avait assuré Hassan Nasrallah. 

 

(Lire aussi : « Jérusalem est à nous ! » : à Ramallah, la rue se soulève)

 

En Afghanistan

Des manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes d'Afghanistan à l'issue de la prière du vendredi, a constaté l'AFP. A Kaboul, plus d'un millier de personnes, selon un photographe de l'AFP, se sont réunies en début d'après-midi devant la principale mosquée de la ville, munies de pancartes clamant "Jérusalem est Palestinienne". Un drapeau israélien et un américain ont été brûlés. Quelques dizaines de manifestants ont tenté de marcher vers l'ambassade américaine, mais ont été rapidement refoulés, très en amont de l'enceinte puissamment gardée. Aucun incident violent n'a été rapporté.

 


Plus d'un millier d'Afghans ont manifesté à Kaboul le 8 décembre 2017. AFP / WAKIL KOHSAR

 

A Herat, dans l'ouest du pays, environ 2.500 personnes ont également défilé et brûlé les bannières américaine et israélienne, a indiqué le correspondant de l'AFP. Quelque 500 personnes se sont également réunies à Kunduz, dans le nord-est du pays, selon le correspondant local de l'AFP.

 

 (Lire aussi : « Nous revivons le temps de la Nakba. Il y a eu 1948, il y a eu 1967 et il y a aujourd’hui »)

 

En Turquie

Plusieurs milliers de personnes défilaient dans le quartier conservateur de Fatih, sur la rive européenne d'Istanbul, brandissant des drapeaux palestiniens et des pancartes proclamant "Jérusalem est notre honneur", "A bas l'Amérique, à bas Israël". "Jérusalem est le bastion des musulmans (...) Nous sommes ici pour montrer notre unité et notre force. Personne ne peut nous en empêcher, nous ne resterons pas silencieux", dit à l'AFP Doguhan, qui manifeste à Istanbul.

Merve, une étudiante, n'est pas allée en cours pour venir manifester. "Ce que dit Trump n'a absolument aucune importance. Quand nous voyons le mot +Israël+ sur une carte, nous le barrons pour écrire +Palestine+", affirme-t-elle. "La Palestine et la mosquée al-Aqsa sont notre cœur et notre sang", renchérit un autre manifestant, Sadik Cakmak. "A mes frères palestiniens, je dis : Vous n'êtes pas seuls, nous sommes à vos côtés par nos prières".

 


Des manifestants portent un drapeau palestinien géant dans les rues d'Istanbul le 8 décembre 2017. REUTERS/Osman Orsal

 

L'annonce du président Trump a suscité en Turquie de nombreuses réactions, y compris sur les réseaux sociaux où le mot-dièse "#LaTurquieDeboutPourJérusalem" était parmi les plus partagés sur Twitter vendredi.

La Turquie et Israël ont normalisé leurs relations l'année dernière, après une crise diplomatique déclenchée en 2010 par un raid israélien contre un navire d'une ONG en direction de la bande de Gaza, qui avait fait dix morts parmi les activistes turcs. Les deux parties ont intensifié leur coopération, notamment dans le domaine de l'énergie, mais M. Erdogan, défenseur de la cause palestinienne, continue à critiquer régulièrement la politique israélienne.

 

(Lire aussi : 1947-2016 : 70 ans de diplomatie américaine face au conflit israélo-palestinien...)

 

En Iran

Des milliers d'Iraniens ont manifesté alors qu'un responsable religieux a appelé les Palestiniens à se soulever. La télévision publique iranienne a montré des milliers de personnes défilant, après la prière du vendredi, dans les rues de Téhéran et d'autres villes. Les protestataires défilaient en scandant les slogans "Mort à l'Amérique", "Mort à Israël" et certains ont brûlé des drapeaux américains et israéliens.

"Al-Quds (Jérusalem) est à nous", "Nous nous tiendrons debout jusqu'à l'anéantissement d'Israël", pouvait-on encore lire sur des banderoles.

"Trump a tiré un trait sur 70 ans de négociations" de paix, a déclaré pour sa part l'imam de la prière du vendredi à Téhéran, Ahmad Khatami, dans la mosquée de Mossala, la plus grande de la ville.
Le président américain "a prouvé que la solution pour le problème de la Palestine est seulement l'Intifada" ("guerre des pierres"), a-t-il ajouté, en référence aux soulèvements populaires palestiniens de 1987-1993 et 2000-2005. "Tout dommage que vous pouvez infliger à ce régime occupant et criminel, c'est un geste visant à plaire à Dieu", a-t-il déclaré.

 


Des manifestants au centre ville de Téhéran dénoncent la décision de Donald Trump de reconnaitre Jérusalem comme capitale d'Israël. AFP / STR

 

Ahmad Khatami, qui a été nommé à son poste par le guide suprême iranien, a par ailleurs averti vendredi que les missiles iraniens pouvaient atteindre Israël. "Nous construisons des missiles et nous augmenterons la portée de nos missiles autant que nous pouvons, à des milliers de kilomètres, de façon à empêcher de dormir les locataires de la Maison Blanche", a-t-il dit, insistant sur le fait que les missiles servaient à des fins de dissuasion. "Si un jour le régime sioniste veut faire une erreur, nous raserons Tel-Aviv et Haïfa (nord d'Israël)", a-t-il encore menacé.

Depuis la révolution islamique de 1979, le soutien à la cause palestinienne et l'opposition à Israël sont deux éléments centraux de la diplomatie iranienne. 

 

(Lire aussi : L’entente Washington-Riyad est-elle compromise ?)

 

Au Pakistan

Le principal parti islamiste du Pakistan, Jamaat-e-Islami, a annoncé des manifestations dans les grandes villes du pays après la grande prière du vendredi.

 


Des manifestants brûlent une effigie de Donald Trump pendant un rassemblement à Islamabad le 8 décembre 2017. AFP / FAROOQ NAEEM

 

En Malaisie et en Indonésie

Plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés vendredi en Indonésie et en Malaisie. 
Les mesures de sécurité ont été renforcées autour des ambassades des Etats-Unis dans ces deux pays majoritairement musulmans. Devant la représentation diplomatique américaine à Kuala Lumpur, la capitale malaisienne, des manifestants ont scandé des slogans anti-américains et brûlé Trump en effigie.

Le ministre malaisien de la Jeunesse et des Sports, Khairy Jamaluddin, présent à la manifestation, a accusé le président américain d'avoir pris une décision "illégale". "Jérusalem est un territoire occupé", a-t-il lancé.

Les manifestants se sont ensuite dispersés dans le calme.

 


Des milliers de manifestants se sont rassemblés le 8 décembre 2017 devant l'ambassade américaine à Kuala Lumpur. Photo AFP

 

En Indonésie, quelques centaines de personnes se sont rassemblées devant l'ambassade des Etats-Unis à Djakarta, la capitale. Certains brandissaient le drapeau palestinien et criaient "Allahou Akbar" ("Dieu est le plus grand").

La police avait déployé des canons à eau près du lieu de la manifestation, qui s'est déroulée dans le calme.
Le consulat américain de Surabaya, la deuxième ville du pays, a été fermé pour la journée. Sur l'île de Sulawesi, des étudiants ont mis le feu à des drapeaux américains et israéliens.

 

Lire aussi : 

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IMB a SPO

Et alors? Face a une realite sur le terrain, toutes ces reactions ne que que des DRAT 3AL BLAT......

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