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La Ligue arabe qualifie le Hezbollah de "terroriste", Beyrouth conteste

Diplomatie

Nasrallah va s'exprimer lundi soir.

OLJ/Agences
19/11/2017

L'Arabie saoudite a averti l'Iran dimanche qu'elle ne resterait pas "les bras croisés" face à sa politique "agressive", en pleine exacerbation des tensions entre les deux puissances rivales au Moyen-Orient.
Lors d'une réunion extraordinaire de la Ligue arabe au Caire, tenue à la demande de Riyad, le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir, a lancé une attaque en règle contre l'Iran et ses "agents", en allusion au Hezbollah libanais et aux rebelles Houthis au Yémen.
L'Arabie saoudite sunnite et l'Iran chiite, dont les relations diplomatiques sont rompues depuis janvier 2016, s'opposent sur plusieurs conflits dans la région, dont les guerres au Yémen et en Syrie, ainsi que sur le dossier libanais.

"L'Arabie saoudite ne restera pas les bras croisés face aux agressions de l'Iran et n'épargnera aucun effort pour défendre sa sécurité nationale", a dit M. Jubeir dans un discours en séance plénière. "Garder le silence sur les agressions iraniennes à travers ses agents dans la région ne mettra aucune capitale arabe à l'abri des missiles balistiques", a-t-il ajouté.

Le 4 novembre, l'armée saoudienne a intercepté au-dessus de l'aéroport de Riyad un missile tiré par les rebelles du Yémen. Les autorités saoudiennes affirment que ce missile est de fabrication iranienne, ce que Téhéran a démenti.

Le Hezbollah, une 'menace'

Dans un registre tout aussi virulent, cheikh Khaled ben Ahmad Al-Khalifa, ministre des Affaires étrangères de Bahreïn, pays allié de Ryad, a estimé que le Liban est sous le "contrôle total" du Hezbollah.
"Ce parti terroriste ne conduit pas seulement des opérations à l'intérieur des frontières du pays, mais il traverse toutes les frontières de nos nations. C'est une menace pour la sécurité nationale arabe", a-t-il martelé.

Dans un communiqué final au terme de la réunion, la Ligue arabe a condamné le "tir de missile balistique de fabrication iranienne depuis le Yémen", et dénoncé une "agression flagrante".
La Ligue arabe rejoint ainsi la position de Riyad, comme l'avait dit plus tôt son secrétaire général Ahmed Aboul Gheit: "les capitales arabes sont dans la ligne de mire des missiles balistiques de Téhéran".
Le communiqué final affirme aussi le droit de Riyad et de Manama à la "légitime défense" de leurs territoires.
Il accuse en outre "le Hezbollah et les Gardiens de la révolution iraniens de financer et d'entraîner des groupes terroristes à Bahreïn" et "fait assumer au Hezbollah, un partenaire dans le gouvernement libanais, la responsabilité de fournir aux groupes terroristes dans les pays arabes des armes sophistiquées et des missiles balistiques".
L'Iran, lui, dément être à l'origine des troubles dans la région, pointant au contraire "le rôle destructeur" de son rival saoudien.

(Lire aussi : Pour Paris, une politique libanaise de dissociation est extrêmement importante)

Discours du chef du Hezbollah

Le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, doit prononcer lundi un discours sur la crise politique libanaise et les tensions irano-saoudiennes.

Après le tir du missile le 4 novembre, le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, a accusé Téhéran d'être derrière cette "agression militaire directe", qui "pourrait être considérée comme un acte de guerre contre le royaume". L'Iran a ensuite appelé Ryad à ne pas jouer avec le feu.

De leur côté, les autorités de Bahreïn ont accusé l'Iran d'être responsable de l'incendie qui a interrompu momentanément le 11 novembre l'approvisionnement de ce royaume du Golfe en pétrole saoudien. Là aussi, Téhéran a démenti toute implication.
Bahreïn, dirigé par une dynastie sunnite, accuse régulièrement l'Iran de liens avec des Bahreïnis chiites poursuivis par les autorités pour des "violences". Ce petit royaume est secoué par des troubles depuis 2011, la majorité chiite réclamant des réformes.

Outre les dossiers yéménite et syrien, les deux rivaux se sont livrés à de vifs échanges doublés d'une dispute sur le Liban où Riyad accuse l'Iran de visées hégémoniques. La démission surprise du Premier ministre Saad Hariri le 4 novembre et son séjour prolongé à Riyad ont plongé le Liban dans la crise.
La classe politique libanaise est divisée entre le Hezbollah et ses alliés d'une part, et une coalition appuyée par les Saoudiens, dirigée par M. Hariri d'autre part. Le chef de la diplomatie libanaise, Gebrane Bassil, n'a pas participé à la réunion du Caire. Le secrétaire général de la Ligue arabe a affirmé que la délégation libanaise, représentée par Antoine Azzam, représentant permanent auprès de l'organisation, "a contesté certains points du communiqué final en lien avec le Hezbollah". La chaîne panarabe à capital qatari, al-Jazeera, a indiqué que M. Bassil a demandé à ses homologues arabes de "modérer le ton du communiqué final" et de "distancier le Liban" des décisions concernant l'Iran.

 

 

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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

BEYROUTH CONTESTE... MAIS LE CHEVAL DE TROIE IRANIEN EST BIEN D,ORIGINE LIBANAISE ! ARRETEZ AU LIEU DE CONTESTER L,INCONTESTABLE !

Honneur et Patrie

Gébran Bassil ministre des Affaires étrangères-bis du Hezbollah, s'est abstenu d'aller au Caire par ordre de ses maîtres, mais il ne s'est pas abstenu de donner des leçons de "distancier le Liban" des décisions concernant l'Iran.
Où bien on assiste à la réunion de la Ligue arabe au Caire, ou bien on a la pudeur de se la fermer...

Gebran Eid

"LE MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES DU LIBAN" DEMANDE AUX PAYS ARABES DE DISTANCIER LE LIBAN .....MAIS C'EST SON RÔLE À LUI DE LE FAIRE CE MERCENAIRE.

Henrik Yowakim

La Ligue arabe qualifie le Hezbollah de "terroriste", Beyrouth conteste

DITES PLUTÔT GIBRAN , SES COPAINS ET SES COQUINS CONTESTENT,CE QUI VA DE SOI CAR ILS DOIVENT TOUT AU HIZB

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

GOUVERNEMENT NATIONAL DE TOUTES LES COMMUNAUTES LE MEILLEUR SERAIT DE TECHNOCRATES SANS LA PARTICIPATION DE LA MILICE ! LA DISTANCIATION ! UNE COMMUNAUTE NE PEUT PAS ENTRAINER TOUTES LES AUTRES ET LE PAYS DANS SES AVENTURES...

Henrik Yowakim

Bassil appelle la Ligue arabe à "distancier" le Liban des décisions sur l'Iran

IL SE FOUT DE LA GUEULE DE QUI CE MINISTRE DES AE DE CARNAVAL, CE METTERNICH DE FARCES ET ATTRAPES ?????

CE N'EST PAS A LA LIGUE ARABE QU'IL REVIENT DE "DISTANCIER" LE LIBAN DE L'IRAN

MAIS BEL BIEN AU GOUVERNEMENT LIBANAIS DE SE "DISTANCIER" DE L'IRAN , AVEC TOUS SES MINISTRES ,SINISTRES DU PARTI DU DIABLE COMPRIS

ET CE TEL QU'IL ÉTAIT PRÉVU DANS LE MARCHÉ DE DUPES QUI A PERMIS AU BO PÈRE DU JOYEUX SINISTRE BASSIL ET ALIAS ACTUEL PÈRE DE TOUS LES LIBANAIS D'ACCÉDER A LA PRÉSSIDENCE DE LA RÉPUBLIQUE

Sarkis Serge Tateossian

La Ligue arabe est née en 1945....par sept pays fondateurs dont notre pays le Liban.

Parmi ses principaux objectifs il y avaient l'affirmation de l'unité de la « nation » arabe et l'indépendance de chacun de ses membres.....

72 ans plus tard a-t-elle accompli ou assuré l'essentiel de ses objectifs ?

*L'indépendance de chacun de ses membres ...par exemple ?

Ce qu'il vient de se passer à Riyad ne plaide pas dans ce sens ...à mon avis et à croire la presse et les dirigeants du monde libre....(l'Europe par exemple) on en est très très loin ....

Il est encore dans nos mémoires la crise majeure crée par la ligue arabe suite à l'affaire du président soudanais Omar el-Béchir condamné par la cour pénale internationale pour génocide mais protégé par cette même ligue arabe ...

Il y a beaucoup de progrès à faire sur le plan des respects des droits de l'homme et de l'indépendance de chacun de ses membres.

QUESTION ESSENTIELLE :

Le Liban capable du meilleur en terme culturel en orient, est-il encore capable de servir de moteur à cette ligue dirigé uniquement par les plus puissants financièrement ?

Tant que la matière fossile, prime sur la matière grise, l'indépendance des pays membres de la ligue arabe restera un mirage..... !






Saliba Nouhad

Mais il va aller faire quoi là-bas?
Il prendra la place de l’accusé puisque tout le monde sait qu’il est simplement une façade politique habile pour couvrir la mainmise du Hezbollah sur le gouvernement et légitimer ses agissements...
Le pire, c’est que le parti Orange dont il est le chef, s’imagine avoir les coudées franches et le monopole du nationalisme, et que le phénomène Hezbollah serait éphémère et n’aurait pas de conséquences graves pour le Liban!
Quelle bande d’arrogants et de naïfs

IMB a SPO

Un degonfle! Pas le courage de se presenter et defendre le point de vue de ses maitres (Hezb + Iran)...

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

DONT LA RIVALITE REGIONALE S,EST INTENSIFIEE CES DERNIERES SEMAINES... BIEN SUR SUITE AUX DECLARATIONS DE ROHANI, DE VILAYATI ET CONSORT !
QUAND AU MINISTRE BASSILO IL PARAIT QU,IL A APPRIS LA LECON !

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