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Al-Walid ben Talal : la chute d'un prince milliardaire saoudien haut en couleur

Portrait

L'homme d'affaires de 62 ans fait partie des personnalités arrêtées en Arabie saoudite dans une vaste opération anticorruption.

OLJ/AFP
06/11/2017

Cette fois, le prince Al-Walid ben Talal ne fait pas la Une pour une extravagance ou un tweet acerbe sur Donald Trump: ce milliardaire haut en couleur fait partie des personnalités arrêtées en Arabie saoudite dans une vaste opération anticorruption.
Classé parmi les plus importantes fortunes du monde, cet homme d'affaires de 62 ans est le petit-fils de deux figures historiques du monde arabe: le roi Abdelaziz al-Saoud, fondateur de l'Arabie saoudite, et Riad al-Solh, premier chef de gouvernement de l'histoire du Liban.

 

(Repère : L'Arabie saoudite depuis l'accession du roi Salmane au trône)


Après des études de commerce et de sciences sociales aux Etats-Unis, le prince Al-Walid a fait sa première apparition dans le monde politico-économique à la fin des années 1980 lorsqu'il a commencé à construire ce qui est devenu un empire mondial comprenant des banques, des hôtels de luxe et des médias.
Il a cultivé ces dix dernières années l'image d'un investisseur rusé, partisan d'une modernisation de l'Arabie saoudite. Il est apparu plus récemment comme un pourfendeur du nouveau locataire de la Maison Blanche, Donald Trump.


En décembre 2015, il s'en était vivement pris à M. Trump pour avoir proposé, alors qu'il était en campagne pour les primaires républicaines, d'interdire aux musulmans d'entrer aux Etats-Unis. "@realDonaldTrump Vous êtes une honte, non seulement pour le GOP (parti républicain), mais aussi pour toute l'Amérique", avait écrit le neveu du roi Salmane d'Arabie saoudite.


"Le stupide prince @Alwaleed_Talal veut contrôler nos hommes politiques américains avec l'argent de son papa", avait rétorqué M. Trump. A l'opposé, son cousin, le jeune prince héritier Mohammed ben Salmane, homme fort de l'Arabie saoudite qui a joué un rôle clef dans la purge actuelle, est un allié de M. Trump.

 

(Commentaire : Mohammad ben Salmane, ou l'hubris du pouvoir)

 

Franc-parler
L'annonce de l'arrestation du prince milliardaire n'a pas tardé à faire des remous sur les marchés financiers. Le cours des actions de Kingdom Holding Company, la société internationale d'investissements que le prince Al-Walid détient à 95%, a dévissé dimanche de 9,9% à l'ouverture de la Bourse de Riyad avant de terminer la séance sur une chute de 7,6%. Le groupe a affirmé dans un communiqué être "au fait" des développements en cours tout en assurant que les affaires se poursuivaient.


La Kingdom Holding Company possède notamment le célèbre hôtel de luxe George-V sur les Champs-Élysées à Paris. Le prince Al-Walid, connu pour son franc-parler, possède aussi des actions dans le réseau social Twitter et le studio de cinéma américain 21st Century Fox.
Le magazine Forbes estime que le prince pèse 18,7 milliards de dollars (16,1 mds EUR), ce qui le met à la 45e place de son dernier classement des fortunes mondiales.


Al-Walid est aussi philanthrope: La fondation "Alwaleed Philanthropies" s'engage notamment à activer ses réseaux pour financer notamment des projets d'énergies renouvelables en Afrique.


Défenseur des droits des femmes, il avait lancé en novembre 2016 un vibrant appel pour que les femmes obtiennent le droit de conduire et déploré "le coût économique" de l'interdiction de volant pour les Saoudiennes. Près d'un an plus tard, son appel a été entendu.
Preuve de son engagement et en guise de défi à une société saoudienne qu'il juge trop conservatrice, il avait dit avoir financé une formation de pilotage pour une femme aspirant à devenir pilote. Si en surface, Al-Walid et Mohamed ben Salmane semblent partager les mêmes idées, notamment sur les questions de société, des rumeurs circulent depuis longtemps dans les cercles du pouvoir sur une intense rivalité entre les deux cousins.

 

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Purges : une pierre et deux gros coups pour Mohammad ben Salmane

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Honneur et Patrie

Depuis des décennies, une majorité écrasante du peuple libanais, une majorité silencieuse, s'était inlassablement demandée , pourquoi un haut-gradé dans l'Administration qui a des c....... ne viendrait pas interpeller des responsables dans le cadre d'une enquête anticorruption en commençant par les ministres jusqu'aux balayeurs de rue en passant par les députés, comme vient de le faire l'Arabie saoudite le week-end dernier ?

Khlat Zaki

Sa forte aptitude soit à régner soit à devenir 1er ministre du Liban son pays maternel soit les 2 à la fois...fait nul doute grincer bien de dents...

Saliba Nouhad

Si c’est vrai l’histoire de corruption, il va finir par arrêter la majorité des descendants de la famille Royale et tribus alliées, tellement les pots de vin, dessous-de-table, et parts royales sur tous les grands projets en Arabie, étaient monnaie courante et connus de tout le monde...
Près de 10 à 30% des budgets allaient directement dans les poches de ces gens-là, en parlant de centaines de millions de $, expliquant les richesses fabuleuses des Al-Saoud, alliés et proches...
Non, cette moralité subitement retrouvée ne trompe personne: ce sont des manœuvres subtiles pour éloigner des opposants dangereux...
Rien de plus.

Marionet

Pourquoi "haut en couleurs"? Le prince Walid ben Talal n'a rien de "pittoresque": c'est un homme d'affaires avisé et un philanthrope, notamment au Liban. Alors pourquoi ce titre?

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