Une femme se rafraîchit à la fontaine du Trocadéro, avec la tour Eiffel en arrière-plan, lors d'une vague de chaleur à Paris le 26 juin 2026. Photo Dimitar DILKOFF / AFP
Des zones en Europe habitées par plus de 135 millions de personnes, essentiellement en France, Italie, Espagne et au Royaume-Uni, devraient connaître des températures supérieures à 35°C à un moment de la journée jeudi, selon les calculs de l'AFP, un chiffre en hausse par rapport à mercredi.
Au total, jeudi, les températures maximales devraient dépasser 30°C pour près de trois habitants d'Europe sur cinq (hors Turquie), soit quelque 340 millions de personnes. Cette analyse à partir des prévisions du service météorologique allemand et des projections de population en 2025 du Joint Research Center rejoint les chiffres de l'ONG autrichienne Klimadashboard.
Continent qui se réchauffe le plus vite à l'échelle de la planète, l'Europe affronte en ce mois d'août une nouvelle vague de chaleur. Mercredi déjà, des températures supérieures à 35°C étaient anticipées pour au moins 92 millions de personnes (modèle météorologique à 3H00 GMT).
Jeudi, les plus fortes chaleurs sont à nouveau prévues dans l'ouest et le sud de l'Europe. Les températures devraient grimper au-delà des 35°C dans des régions habitées par 50 millions de personnes en France. Elles devraient épargner les zones montagneuses, mais s'étendre dans le nord-est, plus préservé mercredi.
En Italie, ces niveaux de chaleurs sont attendus pour 29 millions d'habitants, notamment sur la côte ouest, dans la plaine du Pô, le talon de la botte et les îles. Cela devrait aussi affecter de larges pans de la péninsule ibérique, avec 25 millions d'habitants concernés en Espagne.
Le thermomètre doit également dépasser 35°C pour 23 millions d'habitants au Royaume-Uni, dans le centre densément peuplé de l'Angleterre et notamment à Londres. Le pays est en passe d'enregistrer son été le plus chaud, a indiqué mardi l'agence météorologique nationale, le Met Office.
« C'est flippant »
« Franchement, la chaleur est insupportable ici. Je n’arrive pas à croire la canicule qu'on subit à Londres. Il n'y a pas vraiment de mesures de soutien à Londres pour faire face à cette chaleur, parce qu’on n'y est tout simplement pas habitués non plus », se plaint Bailey Williamson, 20 ans, qui travaille dans une pharmacie.
Et d'ajouter: « C'est flippant, c'est effrayant. Je pense que c'est un vrai, vrai signe de la gravité du changement climatique et de l'absence totale de frein pour ces entreprises qui détruisent notre planète ».
Michiko Matsuura, 33 ans et originaire du Japon, est étudiante en master: « C'est la première fois que je passe l'été à Londres. Et j'ai remarqué que tous les bâtiments sont très vieux et que, en général, il n'y a pas de climatisation dans les maisons, donc c'est vraiment difficile de rester à la maison ».
« Il fait vraiment, vraiment chaud. On n'a jamais vu ça auparavant, parce qu'avant, ce n'était jamais aussi chaud. C'était juste pour une courte période. Mais cette fois, ça dure, ça s'éternise », se lamente Azhur Hussein, 64 ans, originaire du Pakistan et qui vit au Royaume-Uni depuis 40 ans.
Pour établir ces chiffres, l'AFP a utilisé une méthode proche de celle de Klimadashboard en croisant le modèle de prévisions météorologiques du Deutscher Wetterdienst (DWD), le service météorologique allemand, calculé à 03H00 GMT, avec la densité de population. Les habitants d'une zone sont comptabilisés si le modèle prévoit, à un moment de la journée jeudi, des températures supérieures à 30 ou 35°C à cet endroit.
Le modèle ayant une précision d'environ 6,5 km, il ne peut complètement refléter les îlots de chaleur urbains, a indiqué David Jablonski de Klimadashboard à l'AFP. Ainsi, l'analyse « sous-estime probablement le nombre de personnes touchées dans les zones urbaines denses », précise l'ONG sur son site « European Heat Tracker ».

