Des destructions dans le village d’Arnoun, vues depuis la localité voisine de Marjeyoun, dans le Liban-Sud, le 11 août 2026. Photo AFP
Le département d’État américain a fustigé tard dans la soirée de mercredi les propos du ministre israélien de la Défense, Israël Katz, qui affirmait plus tôt dans la journée qu’Israël ne « se retirerait pas » des territoires occupés au Liban-Sud, estimant que de telles déclarations n’étaient « pas conformes aux engagements pris dans le cadre de l’accord » entre Beyrouth et Tel-Aviv fin juin, parrainé par Washington.
« Les États-Unis attendent de toutes les parties qu’elles agissent d’une manière conforme au cadre sur lequel elles se sont entendues, et Israël a clairement déclaré qu’il n’avait aucune ambition territoriale au Liban », affirme un responsable du département d’État dans un communiqué transmis à des journalistes qui avaient sollicité une réaction aux propos d’Israël Katz, rapportent plusieurs médias israéliens. « Les États-Unis soutiennent pleinement l’intégrité territoriale et la souveraineté du Liban », poursuit le responsable, soulignant que l’accord-cadre négocié par Washington entre Israël et le Liban « prévoit clairement une voie, fondée sur le respect de certaines conditions, vers un redéploiement progressif lié au désarmement vérifié du Hezbollah et au démantèlement de ses infrastructures ». « Les Forces armées libanaises mettent en œuvre la première zone pilote, et les États-Unis continueront de soutenir la mise en œuvre intégrale de ce processus », ajoute-t-il, en référence à la localité de Zaoutar el-Gharbiyé, où l’armée libanaise a commencé à se déployer il y a deux semaines, après un retrait théorique des Israéliens, qui y faisaient des incursions avant le début du processus. Les forces israéliennes ont toutefois été aperçues de nouveau dans la localité en début de semaine.
Les États-Unis devraient organiser un nouveau cycle de négociations entre Israël et le Liban début septembre à Rome. Le Liban maintient son exigence de mettre en place de nouvelles « zones pilotes », ce que Tel-Aviv refuse. Mercredi, Israël Katz, en tournée dans des villages occupés libanais, avait ordonné à l'armée israélienne de se préparer sur les plans administratif et opérationnel, à une présence de longue durée au Liban, ainsi que de poursuivre la destruction de « toutes les maisons », et ce qu’il présente comme des « infrastructures terroristes ».
Le président de la République libanaise, Joseph Aoun, s'était rendu à Washington fin juillet pour s'entretenir avec son homologue américain, Donald Trump, afin de demander notamment davantage de pressions sur Israël pour le retrait des territoires occupés au Liban-Sud.

