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Liban

Wilayati à Beyrouth pour ouvrir une brèche diplomatique avec Riyad ?

Liban-Iran-Arabie
Claude ASSAF | OLJ
04/11/2017

À Beyrouth, depuis hier, Ali Akbar Wilayati, conseiller diplomatique du guide suprême iranien, Ali Khamenei, a rencontré plusieurs hauts responsables, s'entretenant tour à tour avec le Premier ministre Saad Hariri, le président de la Chambre, Nabih Berry, le ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil, le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, et le président de la République, Michel Aoun, à qui il a transmis une fois de plus une invitation du président iranien, Hassan Rohani, à se rendre en Iran.

À travers ses déclarations faites à l'issue des réunions auxquelles a assisté notamment l'ambassadeur iranien Mohammad Fatehali, M. Wilayati a mis l'accent sur l'importance qu'accorde l'Iran à « la préservation de la stabilité du pays, son indépendance et son gouvernement ». En sortant du Grand Sérail, il a plus particulièrement rendu hommage « au Premier ministre, Saad Hariri, au gouvernement de coalition des courants du 8 et du 14 Mars, et au peuple », qu'il a félicités pour « les victoires remportées récemment contre les forces terroristes ». « Ces terroristes sont soutenus par les sionistes et les Américains, et les vaincre signifie vaincre les complots sionistes et américains contre nous », a-t-il martelé, avant d'affirmer que « ces victoires qui se manifestent également en Syrie et en Irak constituent la victoire de l'axe de la résistance au niveau régional ».

Au terme de sa visite à Nabih Berry, M. Wilayati a ajouté que « les Américains, par leur appui aux sionistes, essaient de détruire cette résistance, soumettant la Syrie aux pressions les plus fortes en raison de son alliance avec la résistance, mais ils n'y parviendront pas ».
Après son entretien avec Gebran Bassil, l'émissaire iranien a déclaré que « les efforts fournis par l'axe de la résistance au niveau régional nécessitent une sagesse politique et des initiatives diplomatiques qui se traduisent par un échange de points de vue aux plans régional et international ».

 

Apaisement
Interrogées par L'Orient-Le Jour sur le contexte de la visite du responsable iranien, des sources proches du Hezbollah ont souligné que les relations avec l'Iran ont toujours existé, et qu'il y a toujours eu une coordination entre les responsables iraniens et libanais. Évoquant plus particulièrement l'entretien avec M. Hariri, elles ont indiqué qu'en dépit de l'engagement personnel de ce dernier auprès de l'Arabie saoudite, il est normal qu'un responsable iranien se réunisse avec le Premier ministre d'un pays ami de l'Iran. Cet entretien, ont-elles indiqué, s'inscrit dans le cadre de la politique iranienne, « qui ne fait pas de discrimination entre ses alliés locaux et les autres, contrairement à la politique des responsables saoudiens qui ne rencontrent que leurs alliés ». Pour ces sources, il est naturel que « les liens entretenus par le chef du gouvernement avec le royaume wahhabite ne l'empêchent pas de débattre avec des émissaires d'un État qui s'est toujours tenu auprès des peuples menacés par Israël, dont le peuple libanais ». Elles affirment dans ce cadre qu'à travers son séjour libanais, M. Wilayati a voulu « exprimer la solidarité de son pays avec ce peuple face à Israël qui oscille entre déclarations de guerre et constructions de murs à la frontière » (en allusion aux informations relatives à l'édification de murailles au niveau des lignes frontalières de Naqoura, de Hasbaya et de Kfarkila, dont a fait état récemment le président du Parlement, Nabih Berry).

D'autres analystes, des milieux chiites opposés au Hezbollah, estiment que la visite de M. Wilayati intervient dans le cadre de l'appréhension par l'Iran d'une escalade provoquée par les États-Unis et Israël. Ils font valoir qu'à travers la tribune libanaise, la République islamique a voulu ouvrir une brèche diplomatique avec l'Arabie saoudite, sachant que ce pays serait un acteur actif en cas d'escalade israélo-américaine. Les mêmes sources soulignent dans ce cadre que les déclarations virulentes de l'émissaire iranien n'ont pas visé le royaume wahhabite, expliquant par là la volonté d'un dialogue avec ce pays pour l'empêcher de participer à une hypothétique escalade. Elles notent enfin que cette non-confrontation s'inscrit dans le même registre que les déclarations récentes de responsables du Hezbollah, à l'instar du cheikh Naïm Kassem, sur une possibilité de dialogue avec l'Arabie saoudite si ce pays « modifiait ses positions ».
On apprenait hier qu'à la suite de la visite de l'émissaire iranien, M. Hariri s'est rendu à Riyad. Pour les sources précitées, il serait porteur d'un « message d'apaisement de l'Iran à Riyad ».

 

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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

POURRAIT-IL S,Y FAUFILER ?

gaby sioufi

et si c'etait le Patriarche maronite qui baliserait le pont entre ryadh et teheran lors de sa visite en arabie ?

Sarkis Serge Tateossian

Le Liban doit constituer un pont entre des différents camps y compris entre Riyad et Téhéran. Quand on voit encore des politiques tenir des propos guerriers, violents et blessants (la violence appelle la violence), cela ne sert à rien si ce n'est la confusion éternelle. Personne n'en sort gagnant.

L'Arabie saoudite se trouve dans une dynamique d'ouverture depuis quelques mois, c'est une opportunité importante pour la région, à ne pas manquer.
Bonne chance pour la suite

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