Liban

Le Liban pris en tenailles dans la guerre qui oppose les États-Unis à l’Iran

Éclairage
25/10/2017

Alors que la Chambre des représentants se prépare à voter aujourd'hui quatre projets de loi visant l'Iran et le Hezbollah, les observateurs s'attendent à ce que la guerre des axes dans la région se corse, d'autant que le président des États-Unis, Donald Trump, ne rate pas une occasion pour pointer du doigt le Hezbollah, augmentant crescendo les pressions sur le parti chiite.
Les textes sur lesquels le Congrès est appelé à se prononcer, quatre en tout, consistent tout d'abord en un projet de résolution intitulé « Loi sur les fusées balistiques de l'Iran et l'application des sanctions ». Dans un second projet, les États-Unis exhortent l'Union européenne à qualifier le Hezbollah d'organisation terroriste et à cesser de faire la distinction entre branches militaire et politique. Le troisième projet prévoit des sanctions contre le parti chiite « accusé d'utiliser les civils comme boucliers humains ». Le quatrième texte enfin, l'International Financing Prevention Amendments Act of 2017 (HIFPA 2017), porte sur le financement du parti. Avec cette proposition de loi, les sanctions qui visaient les soutiens financiers du parti chiite dans le cadre de la loi actuelle (HIFPA 2015) seraient élargies à toute personne physique ou morale liée directement ou indirectement au Hezbollah ou à ses institutions affiliées. L'application de ce texte, s'il est adopté, prévoit également un rapport qui doit être soumis annuellement par le président américain pour faire le point sur la fortune des hauts commandants du parti chiite, dont son secrétaire général, Hassan Nasrallah.
Au lendemain de la requête formulée par le secrétaire d'État, Rex Tillerson, auprès du Premier ministre irakien, Haider al-Abadi, réunis dimanche à Riyad en présence du roi Salmane, pour un retour des milices iraniennes se trouvant en Irak chez elles, la réponse de Téhéran a été cinglante. Le président iranien, Hassan Rohani, a ainsi déclaré, lundi, qu'« en Irak, en Syrie, au Liban, en Afrique du Nord, ainsi que dans la région du golfe Persique, aucune action décisive ne peut être prise sans tenir compte du point de vue iranien ».
Sa déclaration survenait peu avant celle du ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Jawad Zarif, qui, commentant lui aussi les propos de M. Tillerson, avait affirmé que « les combattants des milices chiites qui ont résisté contre l'État islamique sont chez eux ». « S'ils avaient attendu les ordres de M. Tillerson et de son gouvernement, Daech serait aujourd'hui à Bagdad et à Erbil », a-t-il ajouté.
Selon les observateurs, la réaction iranienne est, à n'en point douter, un message adressé à l'administration américaine en réponse à son action dans la région. C'est également une réponse à la visite lundi du secrétaire d'État américain en Irak dans une tentative de contrecarrer l'influence iranienne dans la région et aux tentatives américaines de réduire le rôle de l'Iran en Syrie et en Irak, notamment en s'appuyant pour ce faire sur la Russie et les pays du Golfe.
MM. Rohani et Zarif se sont ainsi dépêchés de confirmer la présence et le rôle prépondérant de Téhéran dans cette partie du monde, laissant entendre que l'Iran ne restera pas les bras croisés face aux tentatives qui le prennent pour cible.
Dans certains milieux politiques libanais, on estime que le bras de fer a commencé et l'on souligne que la République islamique ne se laissera pas faire d'autant qu'elle possède des relais solides dans les pays de la région que personne ne peut ignorer. Ces milieux croient également savoir que le risque de confrontation augmente petit à petit, notamment en Syrie au niveau de la frontière avec Israël. Les obus qui ont touché le Golan il y a quelques jours n'en sont qu'un échantillon, le ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman, ayant fait assumer l'entière responsabilité de cette brèche au Hezbollah.
Pris dans l'engrenage, le Liban risque d'en faire les frais si le gouvernement ne s'en tient pas à ses engagements en appliquant à la lettre la politique de distanciation convenue au début du sexennat. Certaines composantes du gouvernement ont d'ailleurs exprimé leurs craintes de voir le Liban pris dans cette escalade si certaines parties venaient à s'aventurer en cherchant à provoquer l'État hébreu d'une manière ou d'une autre. Face à cette crainte, le Premier ministre, Saad Hariri, n'a pas tardé à répondre aux propos des responsables iraniens, rappelant que le Liban « est un pays arabe indépendant qui n'acceptera aucune tutelle ».

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