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Idées

Cheikh Naïm Kassem, les femmes, la science et le Coran

Point de vue
Amine ISSA | OLJ
28/10/2017

Dans une intervention lors d'une des veillées de l'Achoura, le secrétaire général adjoint du Hezbollah, le cheikh Naïm Kassem, s'est inquiété de l'irrespect des jeunes femmes pour la charia, citant le non-respect de la séparation des sexes dans les lieux publics, leurs maquillages excessifs ou l'utilisation effrénée des réseaux sociaux qui entraînent une promiscuité virtuelle avec des hommes...

Son frère dévotieux, le cheikh Sami Khadra demande, lui, aux femmes de ne pas sortir de leurs domiciles, et, si elles doivent se rendre au marché, de ne jamais rire en public. L'image de la femme pour ces deux ulémas est fixée : légère, aguicheuse, tentatrice, source de désordre. Le cheikh Kassem ne s'arrête pas là. Les femmes divorcées sont troublées et sont un mauvais exemple. Elles ne devraient pas être éducatrices dans les écoles. Quand il s'inquiète sur le rôle de l'école, il ne se soucie pas de la qualité de l'enseignement – « tout le monde enseigne », dit-il–, mais de la transmission des codes de conduite religieux. Puis il annonce, satisfait, que la hausse du nombre de femmes voilées est une des plus grandes réalisations des trente dernières années.

 

Évolution radicale
Le cheikh Kassem a raison de s'inquiéter de troubles sociaux provoqués par la consommation de drogues ou de déviances sexuelles humiliantes. Mais qu'est-ce qui provoque ce relâchement des conduites ? Est-ce le manque d'éducation? Est-ce l'influence des réseaux sociaux et de l'Occident honnis qui déchaînent les instincts pervers tapis en chacun ? Ou est-ce cet excès de pudibonderie? La misère affective qu'entraîne la séparation des hommes et des femmes, et celle sexuelle, ne serait-ce que par pensées, ne sont-elles pas à l'origine des excès ? Mai 68 a débuté à Berkeley en 1964. La prostitution est un péché en islam, pourtant le pouvoir tunisien à la fin du XIXe siècle, où les pouvoirs temporel et spirituel ne faisaient qu'un, non seulement tolérait les maisons closes, mais les organisait et leur prélevait une taxe par le « mezouar », un officier de police. Il admit la prostitution, car à Tunis, comme à Florence au même moment, on assistait à la prolifération d'hommes « efféminés ». Ceux-là n'étaient pas pour la plupart des homosexuels qui vivaient leurs préférences sexuelles, mais servaient de substitut aux femmes (voir à ce sujet Marginales en terre d'Islam de Dalenda et Abdelhamid Larguèche).

Comment expliquer l'obsession du cheikh Kassem et ses homologues pour le voile ? Le Coran consacre deux versets à ce sujet où il s'agit de rabattre son voile sur la poitrine des femmes et non pas de le poser sur leurs têtes et pour les distinguer des femmes de mauvaise vie (Coran : XXIV-31 et XXXIII-59). L'islam, une religion pluriséculaire, comme d'ailleurs le christianisme, conseille la retenue dans la relation entre les deux sexes. Quant à la conviction répandue que les femmes sont les tentatrices provoquant les instincts les plus vils des hommes, elle est en contradiction avec le Coran qui stipule : « Dis aux croyants de baisser leurs regards et de garder leur chasteté... Et dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chasteté » (XXIV-30-31). Et contrairement à la Bible, Ève n'y précède pas Adam dans le péché, les deux commettent la faute en même temps (VII-19 à 22). Dieu ne dit-il pas : « Les femmes vertueuses sont pieuses : elles préservent dans le secret ce que Dieu préserve » (IV-34) ? Et nos deux cheikhs veulent les renvoyer dans l'ombre !

Pour juger les femmes incapables et les cantonner dans des rôles subalternes, les ulémas se basent notamment sur les versets qui considèrent que le témoignage d'une femme vaut la moitié de celle d'un homme, que les filles ne reçoivent que la moitié de la part d'un garçon en héritage ou que l'homme seul peut avoir quatre conjointes (II-282; IV-II ; IV-III). Or, cette interprétation littérale du texte ne correspond pas à son intention. Le Coran est avant tout une évolution radicale par rapport à ce qui le précède, particulièrement en ce qui concerne les femmes, qui n'avaient aucune existence juridique, aucun droit, sous la « jâhilîya » (l'aire préislamique). Le fait de pouvoir témoigner et d'hériter ainsi que le mariage qui est un contrat entre deux parties sont déjà une avancée significative. Et les versets qui les codifient portent en eux-mêmes leurs dépassements, quand cette première avancée aura été acceptée et mise en œuvre. Pour la question de l'héritage, le verset qui donne une demi-part aux femmes et suivi par un autre qui stipule que l'on peut établir un testament qui permet de transmettre son patrimoine à qui l'on veut. Enfin, pour les quatre épouses, alors que précédemment il n'y avait aucune limite et elles pouvaient être une dizaine, voire plus, répudiées sans pension (introduite par le Coran) ; le texte exige de celui qui souhaite avoir plus d'une femme de les traiter toutes sur un pied d'égalité. Or un autre verset plus loin confirme qu'aucun homme ne pourra le faire (II-180 et IV-129).

 

Dimension pédagogique
Le Coran est certes un texte divin, mais adressé aux hommes. On ne peut ignorer sa dimension pédagogique et surtout suggestive, car il est bien dit qu'il n'y a pas de contrainte en religion (II-256). Mais ces trois règles et d'autres sont tellement évoquées dans les discours des hommes de religion qu'on a l'impression que le Coran n'est qu'un recueil de lois et règlements. Or ceux-là ne comptent que 200 à 600 versets selon les lectures, sur un ensemble de six mille. La grande majorité des versets est d'ordre spirituel, raconte l'histoire des prophètes et cite quelques grands principes, valables, eux, pour tous les temps. Parmi eux : « Les croyants et les croyantes sont alliés les uns des autres. Ils commandent le convenable, interdisent le blâmable, accomplissent la Salât, acquittent la Zakat et obéissent à Allah et à son messager. » (IX-71). Le cheikh Kassem devrait s'en souvenir avant de condamner l'institutrice divorcée. Ce verset devrait l'interpeller quant à l'absence de femmes aux postes de responsabilité au sein de son parti.

Quant à la phrase du cheikh Kassem qui établit une hiérarchie entre l'instruction et l'éducation religieuse, le Coran stipule : « Dieu placera sur des degrés élevés ceux d'entre vous qui croient et ceux qui auront reçu la science... » (LVIII-11). La piété est mise au même niveau que la science à une époque et dans une région où il y avait beaucoup de foi et peu de science. Au XIXe siècle, Hegel avait écrit que des peuples étaient sortis volontairement de l'histoire. Depuis, le prix du ticket d'entrée n'a cessé d'augmenter.

Aujourd'hui, l'intelligence artificielle, la nanotechnologie, les manipulations génétiques à effet thérapeutique, la neuroscience, la biochimie reconfigurent la place de l'être humain dans sa relation à la nature. Il suffit de le savoir et d'en faire usage. Le cheikh Kassem, dans les institutions éducatives et les hôpitaux qu'il dirige, est certainement soucieux d'en avoir l'usage. Mais dans des domaines aussi complexes, si l'on ne participe pas aux découvertes et à leurs mutations, l'on reste à la merci de qui voudra bien vous livrer une parcelle de savoir.

Responsable du master information et communication à l'Université Saint-Joseph.

Blog : www.citoyenlibanais.com

 

Pour mémoire
Femmes divorcées : Naïm Kassem tente de rectifier le tir

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Farah Feghaly

Daesh version Iranienne

Irene Said

Ce cher Monsieur Naïm Kassem a visiblement un sérieux problème avec la gent féminine, le pauvre !

Comme on dit: il faut de tout pour faire un monde...
même musulman !
Irène Saïd

Le Faucon Pèlerin

Pour les amateurs des périodes préhistoriques Mésolithique et Néolitique, lisez Cheikh Naîm Qassem.

C.K

Tout cela ne merite meme pas une ligne de commentaire, passez!

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

PLUS D,OBSCURANTISME ? ET DIRE QUE CES GENS REVENT DE L,IMPOSER A TOUTES LES AUTRES COMMUNAUTES... SORTIS DIRECTEMENT DU MOYEN AGE...

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