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Le Fateh et le Hamas signent un accord de réconciliation

proche-orient

Une réconciliation "ne fait que compliquer" la recherche de la paix avec Israël, selon Netanyahu.

OLJ/AFP
12/10/2017

Le mouvement islamiste Hamas et son rival palestinien du Fateh ont signé jeudi au Caire un accord de réconciliation destiné à mettre fin à une décennie de déchirements, en se laissant deux mois pour résoudre les problèmes les plus épineux.

Mais Israël a rapidement signifié qu'il ne traiterait pas avec un gouvernement d'unité palestinien si celui-ci ne reconnaissait pas Israël et ne désarmait pas le Hamas. Une réconciliation avec le Hamas "ne fait que compliquer" la recherche de la paix avec Israël, a estimé le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Le Hamas et le Fateh, encore à couteaux tirés il y a quelques semaines, ont annoncé leur accord après deux jours de négociations tenues dans le plus grand secret au Caire.

L'Autorité palestinienne, entité internationalement reconnue supposée préfigurer un Etat palestinien indépendant, assumera d'ici au 1er décembre "toutes les responsabilités" dans la bande de Gaza, actuellement gouvernée sans partage par le Hamas, ont indiqué les Renseignements égyptiens, qui ont parrainé les négociations.

Les deux camps se donnent jusqu'à cette date pour régler tous leurs différends. Une nouvelle réunion est prévue au Caire le 21 novembre pour discuter de la formation d'un gouvernement d'unité.

Les termes de l'accord ont été divulgués de manière fragmentaire et des questions essentielles semblent rester en suspens. Mais le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a salué ce moment auprès de l'AFP comme "l'accord final pour mettre fin aux divisions" palestiniennes.

 

(Lire aussi : L'ONU "prudemment optimiste" sur la réconciliation palestinienne)

 

'Espoir'
L'accord a suscité des scènes de joie dans la bande de Gaza, où des milliers de personnes sont descendues dans la rue, certaines chantant des chansons célébrant l'unité palestinienne et distribuant des confiseries. "Aujourd'hui, je vois des sourires et de l'espoir sur le visage des jeunes, nous sommes tous optimistes", a déclaré le Gazaoui Abed al-Haleem Saed.

Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a félicité M. Abbas pour l'accord et apporté le soutien de l'ONU à l'Autorité palestinienne, tout en rappelant l'urgence de s'occuper de la crise humanitaire à Gaza. La Ligue arabe a également salué l'accord, y voyant une "garantie essentielle" vers la création d'un Etat palestinien.

Dans ce qui serait une manifestation spectaculaire de ce rapprochement, M. Abbas devrait se rendre prochainement à Gaza, pour la première fois depuis au moins dix ans, a déclaré à l'AFP Zakaria al-Agha, chef du Fateh, le parti de M. Abbas, à Gaza.

Autre avancée de la réconciliation, 3.000 policiers de l'Autorité vont être déployés dans l'enclave palestinienne, a dit sous couvert de l'anonymat un haut responsable impliqué dans les tractations. Les forces de l'Autorité vont reprendre d'ici au 1er novembre le contrôle des points de passage entre Gaza et Israël, selon le chef de la délégation du Fatah, Azzam al-Ahmed. Le Hamas avait évincé l'Autorité palestinienne et ses forces de sécurité de Gaza en 2007, au prix d'une quasi-guerre civile avec le Fatah.

L'Autorité, dominée par le Fatah, n'exerce plus son pouvoir, limité, que sur la Cisjordanie, occupée par Israël depuis 50 ans. Toutes les tentatives de réconciliation ont échoué jusqu'alors.

 

(Lire aussi : Le Premier ministre palestinien annonce le retour de son gouvernement à Gaza)

 

'Démilitarisation'
Le raccommodement a été matérialisé en grande pompe la semaine passée avec le premier conseil des ministres à se tenir à Gaza depuis 2014. Restait à négocier les modalités pratiques du retour de l'Autorité à Gaza.

Des questions aussi cruciales et compliquées que le contrôle de la sécurité à Gaza et le sort des 25.000 hommes du bras armé du Hamas semblent avoir été remises à plus tard. Evoquant l'éventualité que le Hamas reste en charge de la sécurité, M. Abbas avait prévenu qu'il n'accepterait pas "qu'on clone l'expérience du (mouvement chiite) Hezbollah au Liban". Le Hamas a signifié de son côté que la question de ses armes n'était pas négociable.

Aucune date n'a par ailleurs été fixée pour la levée des sanctions imposées ces derniers mois par M. Abbas pour faire fléchir le Hamas. "Très bientôt", a seulement dit M. Al-Agha. Or les conditions de vie à Gaza, encore aggravées par ces mesures, sont un enjeu immédiat de la réconciliation. Deux millions de Gazaouis vivent sur un territoire exigu, éprouvés par trois guerres avec Israël depuis 2008, les blocus israélien et égyptien, la pauvreté, le chômage et les pénuries d'eau et d'électricité.

Au-delà, les divisions palestiniennes sont considérées comme un obstacle majeur au règlement du conflit israélo-palestinien. La légitimité du président Abbas, interlocuteur d'Israël et de la communauté internationale, est sapée par le fait que le Hamas, considéré comme terroriste par Israël, les Etats-Unis ou l'Union européenne et comme infréquentable par plusieurs pays arabes, préside actuellement aux destinées de deux cinquièmes des Palestiniens.

 

 

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Sarkis Serge Tateossian

Tout accord d'apaisement est une bonne chose. Reste son application. Espérons.

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