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Fateh et Hamas : une décennie de relations tendues

Palestine
OLJ/AFP
12/10/2017

Rappel des relations entre les deux grands mouvements rivaux palestiniens, le Fateh du président Mahmoud Abbas et le mouvement islamiste Hamas, qui ont annoncé jeudi la signature d'un accord sur les termes concrets de leur réconciliation, après une décennie de déchirements.

 

Victoire politique des islamistes

Le 25 janvier 2006, le Hamas, qui participe pour la première fois au scrutin, remporte les élections législatives, après dix ans d'hégémonie du Fateh.

Le Conseil législatif palestinien (CLP, Parlement) sortant avait été élu en 1996, deux ans après la création de l'Autorité palestinienne.

Le 28 mars, le gouvernement d'Ismaïl Haniyeh (Hamas) est investi. Les postes-clés sont confiés à des dirigeants de ce mouvement.

 

Le Hamas contrôle Gaza

En janvier-février 2007, puis en mai, des affrontements meurtriers opposent les partisans du Fateh et du Hamas.

Le 14 juin, le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas limoge le gouvernement Haniyeh, après une semaine de violences meurtrières, et proclame l'état d'urgence à Gaza. Le lendemain, le Hamas met en déroute les forces fidèles au Fateh dans l'enclave. Mahmoud Abbas dénonce un coup d'Etat militaire.

En réponse à l'arrivée au pouvoir du Hamas, Israël renforce son blocus sur la bande de Gaza.

 

(Lire aussi : L'ONU "prudemment optimiste" sur la réconciliation palestinienne)

 

Trois accords avortés

Le 27 avril 2011, un accord prévoyant un gouvernement transitoire chargé d'organiser des élections est signé par le Fateh et le Hamas, puis paraphé début mai par l'ensemble des mouvements palestiniens. Mais les échéances sont constamment repoussées.

Le 7 janvier 2012, les deux mouvements signent un accord sur la libération des détenus. Le 6 février, ils s'entendent pour confier à M. Abbas la direction du gouvernement transitoire, mais cette décision contestée au sein du Hamas reste inappliquée.

Le 23 avril 2014, l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), dominée par le Fateh, et le Hamas signent un accord de réconciliation. En juin, un gouvernement d'unité est constitué, composé de technocrates soutenus par les deux partis.

Mais le gouvernement est incapable d'exercer son autorité à Gaza. Mahmoud Abbas accuse le Hamas de maintenir un "gouvernement parallèle" dans l'enclave. Le gouvernement d'union nationale échoue quelques mois plus tard.

 

(Lire aussi : Le Premier ministre palestinien annonce le retour de son gouvernement à Gaza)

 

Pragmatisme

Le 1er mai 2017, le Hamas annonce un assouplissement de sa charte fondatrice. Il précise mener un combat "politique" et non "religieux" avec Israël. Et il accepte l'idée d'un futur Etat palestinien limité à la Cisjordanie, Jérusalem-Est et Gaza.

Le 6 mai, Ismaïl Haniyeh, tenant d'une ligne pragmatique au sein du Hamas vis-à-vis d'Israël, est élu à la tête du bureau politique du Hamas.

Fin juin, le Hamas, qui cherche à améliorer ses relations avec Le Caire avec qui le mouvement a connu des années de tensions, entame la construction d'une zone tampon le long de la frontière sud avec l'Egypte.

 

Pressions

En mars 2017, le Hamas crée un "comité administratif", perçu par le Fatah comme un gouvernement parallèle. L'Autorité palestinienne réduit en représailles les paiements destinés à la fourniture d'électricité des habitants ainsi qu'aux salaires des fonctionnaires à Gaza. Le 17 septembre, le Hamas annonce, "en réponse aux efforts (de médiation) égyptiens", la dissolution de ce conseil controversé et appelle le Fatah à engager de nouvelles discussions de réconciliation.

Pour la première fois depuis 2015, le gouvernement de Rami Hamdallah se rend le 2 octobre dans la bande de Gaza, où il tient le lendemain sa première réunion en trois ans.

 

Annonce d'un accord

Le 12 octobre, le Hamas et le Fatah signent au Caire un accord de réconciliation et fixent au 1er décembre l'échéance d'un transfert de pouvoirs dans la bande de Gaza. Mahmoud Abbas devrait se rendre prochainement à Gaza, selon le chef du Fatah dans la bande de Gaza.

D'après un haut responsable impliqué dans les tractations, 3.000 policiers de l'Autorité palestinienne vont être déployés dans la bande de Gaza et aux frontières avec Israël et l'Egypte.

 

 

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