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Culture

Le beau et le bien, selon Tom Young

Exposition

L'artiste britannique expose une cinquantaine de peintures au Yacht Club Gallery de Zaitounay Bay. Le produit de leur vente sera partiellement reversé à l'association Teach a Child.

29/09/2017

C'est un Englishman in Beirut. Un Anglais tombé sous le charme du Liban et d'une Libanaise (l'artiste Noor Haydar, sa femme). Sauf que Tom Young, qui partage son temps entre Londres et Beyrouth depuis 2006, ne se contente pas de clamer son attachement au pays du Cèdre : il l'exprime avec passion... et en peinture(s).

Voilà un artiste, architecte de formation, qui porte un regard empreint de sensibilité, de nostalgie et de fascination sur la turbulente capitale libanaise, son urbanisme chaotique et ses vieilles demeures ; cette ville qui, inconsciente de sa valeur, laisse détruire son héritage architectural, l'émeut et le chagrine. Comme un héritier inconséquent qui dilapiderait sa fortune sans vergogne et sans présager de la misère de son avenir.

Mettant son art au service de la préservation de ce patrimoine en perdition, Tom Young a ainsi réalisé trois séries de toiles sur le thème des bâtisses du vieux Beyrouth. Trois d'entre elles plus précisément, la Villa Paradiso à Gemmayzé (2011), La Maison rose à Manara (2014) et Beit el-Zaher à Zarif (2017), menacées d'oubli, d'abandon ou, pire encore, de démolition, lui ont inspiré non seulement de grandes peintures à l'huile, entre réalisme et symbolisme narratif, mais aussi, à chaque fois, un projet de sensibilisation à leur sauvegarde.

Car en montant chacune de ses expositions dans les murs de la maison représentée, Tom Young a mis en lumière un lieu et une architecture témoins du temps et de la douceur de vivre. Ainsi, suite à son initiative, la Villa Paradiso, de domicile familial laissé à l'abandon depuis le départ durant la guerre de ses anciens occupants, s'est transformée en espace d'exposition avant de devenir, aujourd'hui, la résidence de l'ambassadrice de l'Union européenne.

Idem pour la fameuse Maison rose. Cette magnifique demeure du XIXe siècle, qui avait failli être rasée, sera désormais juste rénovée et gardée dans son apparence historique, promet son nouvel acquéreur. Tandis que la série de toiles intitulée Beit el-Zarif aura permis de faire (re)découvrir la très ottomane ex-résidence de l'ambassadeur britannique, convertie récemment en siège et centre culturel pour les orphelins de Dar el-Aytam.

 

(Pour mémoire : Mignonne, allons voir la « Maison rose »)

 

Militant et humaniste
« Mes expositions sont des expériences immersives qui vont au-delà de l'illusion d'une image bidimensionnelle », annonce l'artiste. Et pour dénoncer cet urbanisme sauvage qui porte préjudice à sa ville de prédilection, il installe souvent sur la toile les traditionnelles maisons beyrouthines au cœur d'un asphyxiant environnement de buildings.

Outre son militantisme pour la préservation de la mémoire architecturale et des lieux emblématiques de la capitale libanaise (à l'instar du vieux phare de Manara ou encore de la grande roue de Raouché), ce peintre humaniste associe souvent sa peinture à des causes liées à l'éducation des enfants défavorisés. « De même qu'à travers la sensibilisation à la beauté du patrimoine, j'espère contribuer à apporter quelque chose de positif au pays dans lequel je vis. La lutte des enfants démunis pour leur survie et leur avenir fait partie de mes préoccupations », confie-t-il dans sa note d'intention.

C'est pourquoi, après leur avoir assuré gracieusement des ateliers d'initiation à la peinture, il a choisi cette fois d'organiser avec l'association Teach a Child une exposition dont une large part des recettes servira à financer leur accès à l'éducation. Convaincu que « l'art n'existe pas de manière isolée », il propose ainsi à la vente une cinquantaine de tableaux réalisés au cours des cinq dernières années. Avis aux intéressés : l'exposition qui se tient à la galerie du Yacht Club de Zaitounay Bay ne dure que deux jours, aujourd'hui, vendredi 29, et demain, samedi 30 septembre.

 

Yacht Club Gallery de Zaitounay Bay.
Horaires d'ouverture : de 11h à 21h.

 

Teach a Child

Teach a Child est une association qui soutient financièrement l'éducation d'enfants défavorisés dans toutes les régions du Liban en participant à leurs frais de scolarisation (inscription, uniforme, livres, fournitures et transport) dans des écoles publiques sans aucune discrimination de genre, religieuse ou de performance académique.
Cette organisation à but non lucratif a été créée en 2011 par des volontaires qui défendent une cause commune : l'éducation pour tous les enfants libanais. À cet effet, elle collabore étroitement avec les ministères des Affaires sociales, de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, ainsi qu'avec les municipalités, des activistes et d'autres ONG.

 

 

Pour mémoire

Le « Carrousel » hanté de Tom Young

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