X

Économie

EDL augmente ses importations d’électricité de Syrie

Énergie

Le ministère des Finances a indiqué avoir conclu un accord avec les autorités syriennes pour porter la capacité importée de 90 à près de 300 mégawatts.

09/08/2017

Le service de presse du ministère des Finances a affirmé hier à L'Orient-Le Jour qu'il venait de finaliser un accord avec le gouvernement syrien afin d'augmenter la quantité d'électricité qu'Électricité du Liban importe de Syrie, confirmant des informations relayées lundi par plusieurs médias.

« Nous avons formulé une demande permettant à EDL de compter sur une capacité de près de 300 mégawatts de courant produit en Syrie, contre 90 MW actuellement », a-t-il indiqué, sans fournir de précisions sur les modalités de l'accord, sa durée, les sommes engagées ou encore le prix du kilowattheure facturé par la Syrie. Selon la chaîne de télévision OTV, c'est le ministre de l'Énergie, César Abi Khalil, qui a donné son accord à cette modification du contrat, et demandé au ministère des Finances de s'occuper des formalités financières de cette transaction. Contactés par L'Orient-Le Jour, la direction d'EDL n'était pas disponible hier, tandis que le service de presse ministère de l'Énergie et de l'Eau – qui chapeaute le fournisseur d'électricité – a déclaré qu'il communiquerait « bientôt » sur ce sujet.

Deux heures de courant de plus
Le Liban importe du courant de Syrie depuis les années 1990. « Ce contrat d'approvisionnement a été conclu en 1995 et est renouvelé chaque année. Il a été reconduit pour la dernière fois le 6 mars, pour un an », avait indiqué en juillet à L'Orient-Le Jour une source à EDL. Selon cette dernière, la quantité d'électricité couverte à travers cet accord dépend à chaque fois de l'évolution de la demande côté libanais et de la quantité d'électricité produite côté syrien. L'exécution du contrat a en outre été, un temps, suspendue après le début du conflit syrien, en 2011, au cours duquel une importante partie des infrastructures de ce pays a été détruite. En mars, le ministre syrien de l'Électricité, Mohammad Zouheir Kharboutli, avait affirmé à Reuters que les capacités de production d'électricité de la Syrie s'étaient effondrées pendant le conflit, passant de de 8 500 MW à 1 400 MW.

Il reste que la Syrie aurait recommencé à vendre du courant au Liban « il y a plus d'un an », selon le ministère des Finances. « Suite à la destruction d'une importante portion du réseau de distribution, il est possible que l'État syrien ne puisse pas acheminer l'électricité dans plusieurs régions et se retrouve donc avec un surplus qu'elle peut exporter », avance de son côté Chafic Abou Saïd, ancien cadre d'EDL.

L'augmentation de la quantité d'électricité achetée par EDL en Syrie doit en théorie permettre à EDL, qui a annoncé en juillet disposer d'une capacité totale de 2 200 MW, de fournir environ deux heures de courant supplémentaire en moyenne par jour. « C'est presque autant que l'apport des deux moteurs inversés d'une puissance de 275 MW mis en service cette année dans les centrales de Zouk et Jiyeh. Mais cela restera insuffisant pour combler la demande, qui oscille entre 2 700 et 3 300 MW, selon EDL », a commenté une source au fait du dossier.

Enfin plusieurs médias s'interrogent sur la rentabilité de cette solution pour l'État, comparé au projet de location de navires-centrales supplémentaires que le ministère de l'Énergie a inscrit dans son plan de sauvetage du secteur de l'électricité, et dont le sort est actuellement entre les mains du Conseil des ministres.

Approuvée par le gouvernement le 28 mars, cette mesure doit permettre à EDL de déployer jusqu'à 1 000 MW supplémentaires pour une facture de plus de 4 milliards de dollars sur cinq ans en principe. « Il est difficile de dire quelle est la solution la plus rentable sans avoir le coût au kWh », considère M. Abi Saïd. Pour lui, la solution « syrienne » a ses avantages comme ses défauts. « D'un côté, l'État évite de s'engager sur une longue période, s'épargne les travaux nécessaires à la mise en service des barges – comme la construction de brise-lames –, et privilégie une solution moins polluante pour son territoire », explique-t-il. « De l'autre, il soumet une partie plus importante de sa production à un pays tiers », conclut-il.

 

 

Lire aussi
Générateurs : Khoury impose l'installation de compteurs avant fin septembre

Appel d'offres pour les navires-centrales : Abi Khalil se justifie

Électricité : l’été sera-t-il plus clément pour les Libanais ?

À la une

Retour à la page "Économie"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

AU LIEU DE PRENDRE LES DECISIONS ADEQUATES !

Bery tus

Tout à fait la syrie devrait nous remettre de l'elecriricute gretuite juste pour nous soutenir ou en remerciement pour l'abris de ses ressortissant en sol libanais ...

Bibette

Non seulement le Liban n'arrive pas a gérer efficacement, durablement et de manière économiquement viable sa politique énergétique, mais en plus nous achetons a la Syrie le surplus duquel nous avons besoin en électricité pour pouvoir éclairer plus d'un million de déplacés syriens sur notre sol! Grotesque. La Syrie devrait mettre cette électricité a notre disposition gratuitement et non pas nous la vendre!

Le Faucon Pèlerin

"EDL augmente ses importations d'électricité de la Syrie." Je tombe de l'armoire ! Le Liban, le pays des milliardaires, des nouveaux riches, des fanfarons, des voitures de sports et de luxe les plus chères du monde, des stations balnéaires sur 200 kilomètres de sa côte longue de 225 km... le pays champion de la corruption surtout dans les combines des bateaux-centrales électriques, des hydrocarbures offshore...
Jadis, un dicton disait "Ya taleb el-éefié min el-Bawchrieh" (Ö toi qui demande la santé de Bawchrieh) qui, à l'époque, était couverte de marécages humides et de la malaria.
Importer de l'électricité de la Syrie, pays détruit par les bombardements depuis plus de cinq ans !!!

Massabki Alice

C'est plutôt une bonne nouvelle non?
Deux heures de courant en plus.
Et si c'était vrai...

Irene Said

Toutes les "solutions" imaginables, même celle d'acheter du courant à la Syrie...!

Sauf celle de planifier sérieusement la construction de nouvelles centrales ou tout autre projet uniquement libanais...

Pauvre Liban, devenu la risée de tous !
Irène Saïd

gaby sioufi

et le ministre abi khalil , il est ou celui la ?
et le directeur de l'EDL , absent lui aussi ?
KHAYYYYY.... nous pouvons dorenavant liberer le budget national des charges encourues par le ministre de l'energie,
et appeler le ministere des finances : MINISTERE des Finances ET de l'Energie.
Preuve, s'il en fait encore aux sceptiques, que la bataille pour ameliorer les fonds/la caisse de l'etat a bel et bien commence.

HABIBI FRANCAIS

La Syrie produit sans doute de l electricite par l incineration des milliers de cadavres morts sous la torture dans les geoles du boucher de Damas ou sous les bombes.

Dernières infos

Les signatures du jour

Décryptage de Scarlett HADDAD

Pour ses proches, Aoun ne cédera pas

Le Journal en PDF

Les articles les plus

Impact Journalism Day 2018
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

6

articles restants

Pour déchiffrer un Orient compliqué