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Liban

Ibrahim Chamseddine dénonce les « pressions du CSC et de Aïn el-Tiné »

Litige
08/08/2017

L'ancien ministre Ibrahim Chamseddine a dénoncé, hier, au cours d'une conférence de presse, les pressions et intimidations que subit depuis quelque temps l'association caritative et culturelle l'Imam Chamseddine, qu'il préside, « de la part du Conseil supérieur chiite (CSC) et de Aïn el-Tiné ».
« Le CSC poursuit ses tentatives pour mettre la main sur la fondation, sous prétexte qu'elle appartient à son waqf, a déclaré Ibrahim Chamseddine. Or, les terrains occupés par la fondation ainsi que les bâtiments qui s'y trouvent appartiennent à la municipalité de Beyrouth », rappelle M. Chamseddine, joint au téléphone par L'Orient-Le Jour. En vertu d'un accord signé en 1983 entre le conseil municipal de la capitale et la fondation, cette dernière a le droit d'user du terrain en question pour des projets culturels et pédagogiques. Ce contrat est valable pour 99 ans.

Les « pressions exercées par le CSC et Aïn el-Tiné » se sont accrues ces derniers temps, selon M. Chamseddine. Intimidation des employés, saccage des lieux ou vol du courant électrique de l'établissement, autant d'incidents « qui font peur au personnel au point que certains se sont absentés pendant quelques jours », précise l'ancien ministre. « Des miliciens liés à Aïn el-Tiné et œuvrant au nom du CSC continuent de s'en prendre à la Fondation l'Imam Chamseddine. Ils entrent de force, nuit et jour, menacent et insultent les employés et même leurs familles », ajoute-t-il.

 

(Pour mémoire : Conseil supérieur chiite : la prorogation entre en vigueur, mais sans la signature de Aoun)

 

M. Chamseddine a en outre tiré à boulets rouges sur le Hezbollah, accusant ce dernier de protéger les pêcheurs en eau trouble. « La libération des territoires libanais du terrorisme ne justifie pas le silence observé face aux princes des rues qui ont torpillé dans nos villes la loi, la sécurité et la dignité, a déclaré le fils de l'ancien chef spirituel de la communauté chiite, feu Mohammad Mehdi Chamseddine. Le fait de vouloir défendre les chiites ne peut pas aller de pair avec ce genre de comportements. Les chiites sont des personnes intégrées dans la société et non pas un leadership qui monopolise le pouvoir et s'impose aux autres », a déclaré l'ancien ministre.

 

(Pour mémoire : Ibrahim Chamseddine : Le CSC est indépendant et représente tous les chiites)

 

Mémorandum du mohafez de Beyrouth
« Le mohafez de Beyrouth, Ziad Chbib, a adressé dernièrement un mémorandum au CSC pour lui signifier son accord pour enregistrer le terrain sur lequel se trouve la fondation en tant que waqf, a souligné Ibrahim Chamseddine. M. Chbib compatissait au départ avec notre cause, mais soudain il changea d'avis. Je suis allé le voir et il a justifié ce revirement en me disant qu'il s'agissait de bâtiments religieux », poursuit M. Chamseddine qui indique que « ce genre de décision ne fait pas partie des prérogatives du mohafez ».
Le terrain qui fait l'objet du litige est situé dans le secteur de Mazraa, à Beyrouth, et comporte la mosquée l'Imam Siddiq, l'École technique islamique, le lycée al-Doha ainsi que des bâtiments qui étaient destinés à accueillir une université dirigée par la Fondation l'Imam Chamseddine.

« Le procureur général de Beyrouth a refusé, à deux reprises, de recevoir des plaintes présentées par les avocats de la fondation. Je me suis moi-même rendu la semaine dernière à la gendarmerie de la rue de Damas, à Beyrouth, pour porter plainte, et j'ai fait face au même refus après un coup de fil du procureur général », souligne M. Chamseddine. « Durant les trois dernières années, nous avons présenté au Conseil d'État trois recours en invalidation contre les décisions du CSC, mais nous n'avons toujours pas obtenu de réponse. Nous pensons qu'il y a une pression exercée sur les juges de la part du CSC et de Aïn el-Tiné, déclare-t-il. Les juges ne peuvent pas émettre leurs jugements au nom du peuple s'ils se réfugient derrière les confessions ou les leaders. »

 

Pour mémoire

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