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Liban

Ibrahim Chamseddine : Le CSC est indépendant et représente tous les chiites

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L'ancien ministre dit ne pas voir d'inconvénients à un dialogue avec le tandem Amal-Hezbollah sur les élections au sein de l'instance chiite.

01/02/2017

L'ancien ministre Ibrahim Chamseddine a exprimé hier son refus, ainsi que celui des chiites dits démocrates, de la possible prorogation du mandat des comités législatif et exécutif du Conseil supérieur chiite, lors d'une réunion avec le président de la République, Michel Aoun. Il a par ailleurs indiqué ne pas voir d'inconvénients à une discussion avec le tandem chiite Amal-Hezbollah sur le sujet.

« Ma réunion avec M. Aoun a été excellente. Nous avons évoqué la question de la prorogation des comités exécutif et législatif du Conseil supérieur chiite, prorogation qui va à l'encontre des principes de la démocratie. M. Aoun a posé plusieurs questions et montré de l'intérêt pour ce dossier comme il se doit de la part d'un président », a déclaré Ibrahim Chamseddine hier à L'Orient-Le Jour. « Le CSC étant une institution publique, nous considérons que c'est une affaire d'intérêt général et non pas une affaire qui concerne une communauté religieuse en particulier. Nous espérons que le président remettra cette proposition de loi en cause, en utilisant les prérogatives que la Constitution lui donne », a ajouté M. Chamseddine.

Interrogé sur la possibilité d'engager un dialogue avec le tandem chiite Hezbollah / Amal, à l'origine de la proposition de prorogation, M. Chamseddine a fait savoir qu'il n'y voyait « pas d'inconvénients ». « Sauf que je pense qu'ils n'accepteront pas parce qu'il y a dans leur attitude quelque chose de l'arrogance donnée par la force », a-t-il souligné.

 

(Lire aussi : Ibrahim Chamseddine se déchaîne contre le Conseil supérieur chiite et l’accuse d’entraver ses projets)

 

Le 17 janvier, les députés Ali Bazzi (Amal) et Hassan Fadlallah (Hezbollah) avaient présenté au Parlement une proposition de loi visant à proroger de trois ans le mandat des comités exécutif et législatif du Conseil supérieur chiite. Ces comités, qui sont normalement élus tous les six ans et qui élisent à leur tour le président et vice-président du CSC, selon le règlement intérieur de l'institution, ne l'ont pas été depuis 1975. À noter que les élections du comité exécutif sont normalement effectuées par quelque 30 000 personnalités religieuses et personnes de confession chiite exerçant des professions libérales. Le comité législatif est quant à lui élu par les membres du clergé.

Un groupe d'intellectuels chiites démocrates, dont Ibrahim Chamseddine, s'étaient réunis mercredi dernier à l'hôtel Gefinor, à Beyrouth, pour demander la tenue d'élections au CSC et rejeter toute prorogation. Une lettre officielle avait été ensuite adressée par le collectif à Michel Aoun, lui demandant de reconsidérer la proposition de loi et de « raviver la vie démocratique au sein du CSC ». Le collectif avait relevé dans un communiqué de presse le caractère anticonstitutionnel du projet de loi, « étant donné qu'aucune situation exceptionnelle n'empêche la tenue d'élections au sein de cette institution ».

La lettre adressée à M. Aoun a été signée par les figures religieuses suivantes : Mohammad Hassan el-Amine, Yasser Ibrahim, Abbas Jawhari et Mohammad Ali Hajj. Les anciens ministres Ibrahim Chamseddine, Adnan Mroué et Nasser Saïdi ont également apposé leurs signatures, aux côtés des avocats Khalil el-Khalil, Ghaleb Yaghi, Mohammad Matar et Mayad Haïdar, de l'ingénieur Rached Hamadé. Les universitaires Ahmad Khawaja, Olfat Sabeh, Hares Sleiman, Saoud Maoula, Mona Fayad, Mohannad el-Assaad et Youssef Mortada, les journalistes Jad el-Akhaoui, Ali el-Amine, Yasser Jawhari, Ahmad Ayache, Moustapha Fahs, Imad Komeyha, Hadi Mrad, Malek Mroué, Farouk Yaacoub et l'éditeur Loqman Slim font également partie des signataires.

« La lettre que nous avons adressée à Michel Aoun va faire son chemin au sein des institutions étatiques et nous attendons de voir la décision du président. Le CSC est indépendant et représente tous les chiites. Personne n'a de pouvoir sur lui, ni le président de la Chambre ni nul autre », a lancé l'ancien ministre dont le propre père, le cheikh Mohammad Mehdi Chamseddine, a présidé le CSC jusqu'à sa mort en 2001.


 

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