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Culture

Philippe Salem pour un corps et un esprit sains, dans un pays sain...

En librairie

Cet éminent médecin n'en est pas moins un mordu de la santé, de la liberté et l'indépendance de sa terre natale, le Liban. En témoignent ses écrits publiés dans ce livre acte de foi, en langue arabe.

07/08/2017

À 76 ans, plume en main, homme de science et de culture, Philippe Salem, cancérologue, fin lettré aussi, fouille, scanne et diagnostique une patrie, une société. Et par-delà tout acte de foi, de s'interroger sur toutes les éventualités, les potentialités et les possibilités pour le bien et l'harmonie d'une terre ancestrale et civilisatrice aimée.

Un état des lieux précis que cette plongée politique à travers Rissalat Loubnan wa ma3nah (Message du Liban et sa signification) de Philippe Salem (318 pages ; éditions Naufal). Non une biographie (cela pourrait être les jalons d'un parcours important), mais un ensemble d'articles (une cinquantaine de textes) tous parus dans le quotidien an-Nahar de 1992 à 2016 : conférences ou topos à Washington, interventions aux universités (NDU), causeries ou colloques de cénacles aux clubs associatifs d'influence (Alumni) et la nomenclature n'est pas exhaustive.

Dédié à l'esprit de Ghassan Tuéni, cet ouvrage (qui a en référence les mots du pape Jean-Paul II : le Liban n'est pas seulement un pays, mais un message...) est un salut d'amitié pour le maître de la presse arabe qui a initié le professeur oncologue au combat littéraire par la passion de l'écriture. Une histoire de complicité aussi : une tribune commune partagée en page une avec l'éditorialiste du quotidien arabe autrefois le plus influent et le plus lu. Autre temps, autre présence, autre impact, autre valeur, autre gestion, autre verbe. Avec cette phrase que le brillant chroniqueur et politicien a soufflé à l'oreille de l'homme aux mains guérisseuses : « Le mot qui n'est pas baptisé par l'encre meurt ! » Leçon et paroles bien retenues et assimilées...

Préfacé par Farès Sassine, l'ouvrage, comme son titre l'indique, est un message de liberté, de civilisation, d'appartenance arabe, de pays ouvert à l'écoute des autres mais souverain et indépendant. Dans le sillage de la pensée de Michel Chiha, le pays du Cèdre, république civile, est celui qui porte le flambeau de cette mission civilisatrice, culturelle. Médicale aussi, car le citoyen a droit à la santé, à l'hospitalisation, aux services médicaux, aux soins basiques de bien-être.
Dépister les cancers doit être à portée de main (et de tous !) et en tête des préoccupations, bien entendu, pour un meilleur confort de vie. La foi en ce Liban salutaire comporte la foi en la science et la raison.

Anticancer social

Le Liban pays-message, portée et signification, tel est l'enjeu et la gageure de ce livre qu'on lit avec plaisir et un soupçon de curiosité. Tant la pensée est claire, les propos édifiants, l'analyse subtile, la richesse culturelle étendue, la sagesse perceptible, les réflexions pertinentes et la dénonciation des travers sociétaux d'une absolue évidence et d'une criante vérité.

Dans la lignée de la Charte des droits de l'homme de Charles Malek, Philippe Salem, enfant de Bterram (Koura), émigré aux États-Unis, salué par toutes les autorités scientifiques et médicales du pays de l'Oncle Sam pour ses recherches et ses institutions humaines et humanitaires, enthousiaste pour l'enclenchement du mouvement du printemps arabe, est un farouche défenseur d'une libanité digne de ce nom.

Ses textes, ses mots, son âpre combat contre ce mal qu'on ne nommait pas, par tartufferie et ignorance, sont ceux d'un humaniste, d'un professeur respecté de tous et respectueux de la vie. Et qui a fait de son sacerdoce professionnel une tribune mais aussi une arme. Non seulement redoutable mais efficace. Contre le chaos, les idées préconçues et sclérosées, l'obscurantisme, la corruption, les dérives sectaires et confessionnelles. Pour une paix avec soi et les autres, tout en défendant les droits républicains fondamentaux du citoyen. Par-delà la notion de liberté, comme intérêt et moyen, traiter le monde avec objectivité, intelligence et courage, tel est le défi historique pour se sauver.

Dans ces pages grouillantes d'informations (dans une langue arabe maîtrisée), survol, avec arrêt, sur les accords de Taëf et la légalité libanaise, l'après-guerre de 2006, l'influence de la diaspora libanaise, les figures de proue de Mikhael Dabaghi, Mgr Ignace Hazim, Clovis Maksoud, Antoine Saadé, la révolution arabe et les chrétiens en Orient et interrogations de deux mandats présidentiels américains avec George W. Bush et Barack Obama. Vaste tour d'horizon pour mieux sonder et situer la réalité géopolitique.
Malgré toute divergence d'opinion ou d'interprétation des données livrées, un livre lumineux qui s'adresse aux générations montantes, qui appelle au dialogue, qui illustre avec finesse la littérature de la vie pour une solide et profonde éducation nationale.

*Rissalat Loubnan wa ma3nah, de Philippe Salem (318 pages ; Naufal) en vente dans les librairies

 

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