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Liban - La situation

Le rapatriement des déplacés syriens : un monologue dans le désert

La président de la Chambre en réunion avec le président de la commission des Finances Ibrahim Knaan. À combien va s’élever le coût de la nouvelle échelle des traitements et salaires ? Une inconnue demeure. ANI

C'est une semaine particulièrement chargée, une semaine « lourde » que la convocation de la Chambre par Nabih Berry pour les 18-19 juillet annonce pour bientôt. Le pays n'a plus désormais que quelques jours pour se préparer à encaisser le choc économique de la nouvelle grille des traitements et salaires dont on parle depuis cinq ans, et dont le montant approximatif (1,2 milliards de livres) effraie les banques et les PME. Va-t-elle passer ? C'est presque sûr. Comment sera-t-elle financée, ça l'est moins. L'ordre du jour de la séance, publié hier (voir par ailleurs), prévoit l'amendement du taux de certaines taxes de manière à lever les fonds nécessaires. Est-ce donc les taxes indirectes qui vont financer le relèvement des salaires des fonctionnaires ? Le ministre des Finances, Ali Hassan Khalil, a déclaré hier que son mouvement est hostile à de nouveaux impôts et que « de nombreuses solutions existent » à ce dilemme. Mais ce n'est pas la première fois que de fausses promesses seraient faites, et que les solutions de facilité sont finalement retenues. Nous en aurons le cœur net dans quelques jours.

Une réunion des principaux représentants des partis représentés au gouvernement est prévue aujourd'hui, afin de comparer le coût de l'échelle des traitements et salaires, dont les estimations divergent. Le président de la Chambre Nabih Berry et le président de la commission des Finances, Ibrahim Kanaan, en ont parlé hier, ainsi que du projet de budget qui doit voir bientôt le jour, pour la première fois depuis 12 ans.
L'actualité locale est par ailleurs marquée par la polémique sur la poche « rebelle » de Esral et, plus généralement, la présence syrienne au Liban et ses retombées de tous ordres. Sur le plan militaire, l'armée est toujours à l'offensive dans les camps de déplacés syriens de Esral, alors même que quelques centaines de familles syriennes s'engagent dans une opération retour. Même si ce mouvement est limité, il donne le ton à ce qui peut suivre. La communauté internationale s'obstine, pourtant, à demander au Liban de garder ces déplacés tant que leur retour n'est pas « volontaire », précisant qu'il n'y a pas encore en Syrie de « zone sûre ».

De fait, pour une partie de la population syrienne ayant fui son sol, le sentiment d'insécurité est lié moins à une zone de combat qu'à l'existence d'un régime répressif qui ne tolère aucune opposition.
Ce qui n'empêche pas le sentiment d'exaspération des Libanais de grandir, à mesure que des déplacés syriens se substituent aux Libanais dans les rouages économiques. C'est sans doute ce qui a poussé le ministre de l'Économie à parader à Bourj Hammoud, ordonnant la fermeture des commerces ouverts sans autorisation par des Syriens.

À l'heure où les « grands joueurs » semblent s'être entendus sur un partage d'influence dans la région, faute d'une modification des frontières – le Liban et la Syrie devant graviter dans l'orbite russe –, des voix s'élèvent pour dire qu'il est grand temps de planifier le retour dans leur patrie d'autant de déplacés syriens possibles. C'est notamment l'avis de Samir Geagea qui a affirmé hier : « En raison de l'usure progressive de nos infrastructures et les risques sécuritaires qui se multiplient, ainsi que la tension qui s'intensifie entre Libanais et Syriens, il est temps que les réfugiés rentrent chez eux. »

Mais ces demandes ne rencontrent aucun écho international, bien au contraire, et ressemblent de plus en plus à des monologues prononcés dans le désert, alors même que le sentiment de xénophobie s'exacerbe, poussant l'opinion à accepter l'inacceptable.

En attendant, et pour mieux contrôler la circulation des personnes dans le pays, la Sûreté générale a publié une circulaire hier annulant l'autorisation accordée à LibanPost d'accepter les demandes de renouvellement des permis de séjour dans ses bureaux, aux travailleurs relevant des bureaux de la Sûreté de Jezzine, Chmistar et Kobeyyate. En outre, le demandeur doit se présenter dans les bureaux indiqués en compagnie de son garant libanais. Mais là aussi, il s'agit d'une goutte d'eau dans la mer.

 

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C'est une semaine particulièrement chargée, une semaine « lourde » que la convocation de la Chambre par Nabih Berry pour les 18-19 juillet annonce pour bientôt. Le pays n'a plus désormais que quelques jours pour se préparer à encaisser le choc économique de la nouvelle grille des traitements et salaires dont on parle depuis cinq ans, et dont le montant approximatif (1,2 milliards de...

commentaires (2)

DES PAROLES EN L,AIR ! MAIS J,AI AIME LE CORBEAU ET LE RENARD...

LA LIBRE EXPRESSION

12 h 45, le 14 juillet 2017

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Commentaires (2)

  • DES PAROLES EN L,AIR ! MAIS J,AI AIME LE CORBEAU ET LE RENARD...

    LA LIBRE EXPRESSION

    12 h 45, le 14 juillet 2017

  • a mon avis, le sieur demistura est le seul a savoir demeler les et regler le probleme des refugies. apres tout, nous avons tous vu les miracles effectues par lui s'agissant de la guerre syrienne elle-meme !

    Gaby SIOUFI

    09 h 59, le 14 juillet 2017

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