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Liban

Le Liban pourrait payer cher un éventuel rapprochement avec le régime syrien

Pat.K. | OLJ
11/07/2017

Si le Hezbollah et les partis relevant du 8 Mars réussissent à imposer leur demande de discuter directement avec le gouvernement syrien le retour des réfugiés, le Liban pourrait resserrer les liens avec la Syrie, notamment avec le président Bachar el-Assad et son équipe, notent des sources politiques bien informées.
Durant le week-end, plusieurs voix s'étaient élevées dans ce sens, surtout avec la chute de Mossoul, l'intensification des bombardements à Raqqa et le rapprochement effectué entre Moscou et Washington en ce qui concerne la crise syrienne. Les partis pro-Assad au Liban veulent donner à nouveau de l'importance à Bachar el-Assad et cela en proposant notamment de discuter avec les autorités de Damas du retour des réfugiés syriens.
Pour les partis qui formaient le 14 Mars, cette requête et ses appels n'ont pas pour but le retour des réfugiés mais misent sur la création d'un comité qui ouvrirait de nouveaux canaux de communication entre Beyrouth et Damas, alors que la page du Conseil supérieur libano-syrien avait été à jamais close avec le retrait de l'armée syrienne du Liban en 2005 et l'ouverture historique d'ambassades dans les deux pays. Ces appels ont pour but de légitimer le régime syrien et de rendre ainsi service à Bachar el-Assad.
Des sources proches du camp souverainiste précisent ainsi à l'agence al-Markaziya que « ces appels n'émanent pas d'une initiative du Hezbollah et proviennent d'une demande directe faite au parti chiite par Damas et Téhéran. De plus, le comité qui pourrait être formé pourrait constituer une porte qui permettra à la Syrie de s'ingérer à nouveau dans les affaires libanaises ».
Ces sources mettent en garde contre une telle initiative qui pourrait coûter très cher au Liban, surtout avec les guerres et les tiraillements dans la région et avec la décision récente des États-Unis et des pays du Golfe de réduire le pouvoir de l'Iran au Moyen-Orient et dans le Golfe. Cela s'est dernièrement traduit par l'isolement du Qatar, pays membre du CCG. Beyrouth pourrait dynamiter son rapprochement avec Riyad et d'autres capitales du Golfe, après une relance ayant suivi quelques années de relations assez difficiles.
Il convient également de préciser que de nombreux diplomates ont déjà mis en garde le Liban contre le fait de tendre la main au régime de Bachar el-Assad.
Mais tout cela n'a pas empêché hier les partis du 8 Mars de poursuivre leur campagne pour ouvrir des canaux de communication avec le régime syrien.
Le ministre de l'Industrie, Hussein Hajj Hassan, a ainsi appelé à « un dialogue direct avec le gouvernement syrien, qui est un gouvernement légitime, pour discuter du retour des réfugiés dans leur pays ». « Celui qui réclame le contraire ne veut pas que les Syriens rentrent chez eux », a-t-il ajouté, en allusion au Premier ministre Saad Hariri.
Pour sa part, le ministre des Déplacés Talal Arslane, qui a reçu hier l'ambassadeur de Syrie au Liban, Ali Abdelkarim Ali, a estimé dans une déclaration à la presse que « les liens entre le Liban et la Syrie vont bien au-delà des relations entre deux ambassades ou d'une frontière commune. Les deux pays bénéficient de liens bien plus étroits, en matière d'histoire, de politique, d'économie et de géographie. Il faut œuvrer à développer de très près les relations officielles entre le Liban et la Syrie ». « Les liens entre le Liban et la Syrie ne devraient en aucun cas être discutés en Conseil des ministres car pour le Liban elles ne peuvent pas être remises en cause », a-t-il poursuivi.

Nadim Gemayel
L'ambassadeur syrien a, de son côté, déclaré que « tous ceux qui ont misé sur la chute du régime syrien savent désormais qu'ils ont eu tort. Ils savent que la Syrie a à sa tête un chef visionnaire et solide ». Évoquant la popularité de M. Assad, il a rappelé les embouteillages qui s'étaient formés à Hazmieh, sur le chemin de l'ambassade de Syrie au Liban, lors des dernières élections présidentielles syriennes en juin 2014.
L'un de ceux qui refusent totalement un tel réancrage entre Beyrouth et le régime Assad, le député Nadim Gemayel, est monté hier au créneau lors d'un meeting à Ehmej (caza de Batroun) pour rejeter « le retour à l'équation qui prévalait au Liban entre 1990 et 2005 », c'est-à-dire la renonciation à la souveraineté et à la liberté en contrepartie de la sécurité. « Nous ne sommes pas prêts à troquer la botte syrienne pour une autre, iranienne, qui tente de contrôler le Liban », a-t-il lancé.

Pat.K.

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