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Décryptage

Pour le 8 Mars, la Syrie et le Liban sont dans l’orbite russe

La petite phrase de Sleiman Frangié devant le conseil de l'ordre des rédacteurs sur « l'évolution positive de la situation régionale » mérite qu'on s'y arrête. Le chef des Marada n'est pas entré dans les détails, mais des sources proches du 8 Mars confirment cette évaluation et donnent même des détails sur les contours de la solution qui se dessine dans la région. Selon ces sources, l'accord russo-américain qui semble se préciser devrait modifier la situation et aboutir à un partage des influences dans la région. Les premiers effets de cet accord se sont concrétisés à travers la trêve conclue dans le sud de la Syrie, qui semble d'ailleurs tenir. Mais s'il faut en croire les mêmes sources, ce n'est pas le seul point de cette entente qui ne dit pas encore son nom entre Russes et Américains.

Les dirigeants des deux puissances seraient donc arrivés à la constatation suivante : la situation au Moyen-Orient est devenue si confuse qu'elle menace la stabilité du monde. Comme les deux pays ne veulent pas entrer en conflit direct, il serait donc préférable de trouver des possibilités d'entente qui passent par un partage des zones d'influence, sachant que les intérêts stratégiques et économiques sont importants aussi bien pour les Russes que pour les Américains. Or, plus l'entente tarde à se préciser et plus d'autres protagonistes sont en train de fausser le jeu, profitant du flou dans les relations entre les États-Unis et la Russie. C'est notamment le cas de puissances régionales comme la Turquie et l'Iran, mais aussi de formations comme le groupe État islamique dont l'effet de nuisance a dépassé les lignes rouges qui lui étaient fixées.

Selon les sources du 8 Mars, cette soudaine « rationalisation » du conflit entre les Russes et les Américains est le résultat des six années de guerre en Syrie, ainsi que de la situation en Irak, au Yémen et en Libye, où le camp pro-américain a multiplié les revers. En Irak par exemple, les États-Unis n'ont pas réussi à imposer un pouvoir qui leur est acquis, se voyant contraints de partager leur influence avec l'Iran.

Alors que les Américains prenaient leur temps pour entraîner et équiper la nouvelle armée irakienne (après la dissolution de la précédente), l'Iran a réussi à former les forces de mobilisation populaire, une armée parallèle composée de chiites, de sunnites et de chrétiens, mais sous la houlette de l'Iran. Cette force que les Américains ont commencé par combattre a finalement obtenu la reconnaissance du pouvoir officiel et elle a joué un rôle déterminant dans la libération de Mossoul, mais aussi dans la libération d'une grande partie de la frontière irakienne avec la Syrie, faisant ainsi la jonction avec les forces du régime syrien et leurs alliés de l'autre côté de la frontière. Justement, en Syrie, après six ans de combats acharnés, les Américains ont découvert qu'ils n'ont pas de véritable levier dans ce pays, les forces kurdes exceptées.

Tous les autres groupes qu'ils avaient contribué à former et à équiper soit se sont fondus dans les groupes extrémistes, soit ont essuyé des revers et ont été contraints de céder du terrain. Au Yémen, c'est le bourbier le plus total et la Libye peine à sortir du chaos.

Dans le camp adverse, les Russes n'ont cessé d'enregistrer des victoires depuis qu'ils ont commencé à s'impliquer militairement d'abord en Syrie, mais aussi dans l'ensemble de la région. Alep, Palmyre, la région du Sud, une partie de la frontière avec l'Irak et la Turquie, les Russes sont désormais de toutes les batailles en Syrie, mais aussi de toutes les victoires. Les sources du 8 Mars précitées racontent que lors d'un bombardement aérien russe sur une position de Daech, à la frontière irako-syrienne, trois officiers américains ont été tués. Les Américains ont aussitôt riposté en bombardant une position de l'armée syrienne. Les Russes ont alors fait tomber un des avions américains les plus récents et considéré comme le plus performant. À la suite de cette confrontation qui devenait de plus en plus grave, les Russes et les Américains seraient donc convenus de tenter de trouver un accord qui consiste en un partage des zones d'influence.

En gros, on peut dire que la Syrie et le Liban sont sous l'influence russe, alors que les pays du Golfe restent sous l'influence des États-Unis. Les Américains gardent bien sûr des bases en Syrie et cherchent à imposer leur influence dans le triangle à la frontière jordano-israélienne (pour préserver les intérêts israéliens et en même temps contenir les appétits d'Israël), mais le véritable pouvoir est aux Russes qui ont développé leur base à Tartous et ont installé une autre à Hmaïmim. Les Russes utilisent aussi des bases militaires iraniennes, ce qui montre que leur influence s'étend aussi de Bagdad à Téhéran. Les sources du 8 Mars estiment que l'entente russo-américaine, si elle se confirme, devrait accélérer le processus de solution en Syrie et, surtout, démarrer le grand chantier de la reconstruction, sur lequel de nombreuses parties libanaises misent beaucoup. Ces parties prévoient le début de ce processus à partir de l'automne...


La petite phrase de Sleiman Frangié devant le conseil de l'ordre des rédacteurs sur « l'évolution positive de la situation régionale » mérite qu'on s'y arrête. Le chef des Marada n'est pas entré dans les détails, mais des sources proches du 8 Mars confirment cette évaluation et donnent même des détails sur les contours de la solution qui se dessine dans la région. Selon ces...

commentaires (4)

Après tous ces massacres, destructions et souffrances nous aboutissons bel et bien à un nouveau Sykes-Picot que l'Histoire appellera Trump-Poutine

Raminagrobis

17 h 50, le 14 juillet 2017

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Commentaires (4)

  • Après tous ces massacres, destructions et souffrances nous aboutissons bel et bien à un nouveau Sykes-Picot que l'Histoire appellera Trump-Poutine

    Raminagrobis

    17 h 50, le 14 juillet 2017

  • UN article des plus réalistes qui dit les chose COMME elles se présentent et non comme " on voudrait rêver qu'elles fussent " . Une preuve simple comment les usa qui étaient venus avec de gros bras en 2001 en irak se trouvent aujourd'hui entrain de négocier avec russe et iranien une présence assurementtde plus en plus reduite ??? EN ÉQUIVALENCE QU'ATTENDENT ILS POUR BOMBARDER LA CORDE DU NORD ?????? COMPRENEZ VOUS CELA LES AMIS ? BON WEEK-END SCARLETT.

    FRIK-A-FRAK

    15 h 29, le 14 juillet 2017

  • Encore un article à sens unique, avec des affirmations gratuites qui ne tiennent pas la route... Ainsi, selon vos sources, il y a eu bombardement russe sur Daech, avec mort de 3 officiers américains qui se trouvaient là par hasard, entraînant une riposte américaine sur une position syrienne, suite à quoi les russes font tomber un avion américain des plus sophistiqués.... Un baratin enfantin, avec élucubrations d'Orientaux qui prennent leurs désirs pour la réalité: un incident pareil aurait fait la une dans tous les médias du monde occidental avec même réunion de l'ONU et réactions en chaîne de dénonciation... Or, on sait que les américains ont simplement bombardé l'armée syrienne qui voulait reprendre la zone-frontière irako-syro-iranienne, qu'ils considèrent un corridor sécuritaire pour surtout empêcher le trafic d'armes pour le Hezbollah et la sécurité d'Israel: explication plus logique mais de source opposée.

    Saliba Nouhad

    13 h 08, le 14 juillet 2017

  • LE BARATIN MAITRE INCONTESTABLE DE CE DECRYPTAGE DE LA DESINFORMATION...

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    12 h 54, le 14 juillet 2017