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Liban - Que faire ce week-end

Voyage à Jabal Moussa, paradis de la biodiversité

Cinq nouveaux sentiers ont été inaugurés hier dans la grande réserve naturelle du Kesrouan. Un lieu où l'écotourisme continue de s'affirmer pour la préservation de la faune et la flore.

Photo Mohammad Yassin

Envie d'aventure ? D'échapper au quotidien urbain ? La solution est simple : prendre un bol d'air frais dans les délicieuses hauteurs libanaises. La réserve naturelle de Jabal Moussa ouvre ses portes aux visiteurs à seulement 50 kilomètres au nord de Beyrouth, entre les cazas du Kesrouan et de Jbeil. Ces montagnes abritent une biodiversité rare au Liban. Des pivoines du Kesrouan, des sites archéologiques romains, de nombreux oiseaux et même des loups cohabitent dans ce lieu à la richesse extraordinaire. L'Orient-Le Jour joue au guide et conseil touristique pour une région qui mérite d'être (re)découverte.

 

Discuter avec Michel
Si vous venez de Beyrouth, prenez soin de partir en début de matinée. Vous éviterez ainsi les embouteillages et vous apprécierez les températures douces, en pleine saison estivale. Au total, ce sont 15 sentiers qui sont à votre disposition pour profiter de la randonnée. Que vous soyez débutant, expert ou même accompagné de vos enfants, chacun y trouve son compte. Suivez notre itinéraire, et les routes sinueuses vous mèneront à Qehmez, un des 7 villages qui composent la réserve. Mais libre à vous de découvrir les six autres bourgs aux spécialités multiples : Jouret el-Termos, Nahr el-Dahab, Ghbalé, Aabri et Chouwan.

À Qehmez, un guide vous accueille en famille, en groupe ou pour une visite privée. Quelques clics suffisent pour réserver sur le site internet de Jabal Moussa. L'Association pour la protection de Jabal Moussa (APJM) se charge de vous contacter pour confirmer votre demande. Commencez par le Juniper Trail, un nouveau sentier long de 3,5 kilomètres, accessible aux débutants comme aux plus avancés. Une bouteille d'eau dans une main et un bâton de marche dans l'autre, observez la flore propre à la région, comme le pivoine du Kesrouan, une fleur rosée et rare. Pendant la marche, des porcs-épics croisent votre chemin et vous amuseront jusqu'à ce que vous atteigniez Qornet el-Mzaar, le point culminant de la réserve. Au bout du sentier, la croix de Yahchouch, haute de 14 mètres, est érigée. Chaque année, une procession a d'ailleurs lieu sur ce site, en lien avec la fête de la Sainte-Croix du 14 septembre, une marche qui s'achève sur une messe au pied de la croix.

Pour le repas, oubliez les sandwiches ! Des plats locaux vous attendent au sein des six maisons d'hôtes mises en place par l'association. Parmi les six familles, quatre vous accueillent avec du taboulé, de la labné et, bien sûr, de l'arak, l'alcool national libanais. Pour un prix abordable, deux maisons vous hébergent en plein milieu de la réserve : le dépaysement est total. Si vous avez la chance de le rencontrer, discutez avec Michel, un ancien qui, du haut de ses 82 ans, un keffieh autour du cou, exprime encore son attachement à sa région. C'est dans une maison située derrière les forêts qu'il s'est installé il y a 55 ans. Alors qu'il est aujourd'hui le doyen des habitants, il ne quitterait son village pour rien au monde.

Quant aux enfants, ils peuvent aussi apprendre à planter eux-mêmes des fleurs et participer à des jeux éducatifs. Et aux amoureux d'histoire, il est conseillé de partir à la découverte des nombreux sites archéologiques et religieux qui ponctuent ces montagnes naturelles. Les escaliers romains sont une étape incontournable, à la croisée des deux circuits partant de Mchati et de Qehmez. N'oubliez pas de vous rendre auprès des pierres gravées commandées par l'empereur Hadrien au IIe siècle après Jésus-Christ, au milieu de la forêt sauvage. Pour une touche plus religieuse, rendez-vous sur les sites de Mar Élias à Mchati, ou de Mar Geryès et Mar Takla à Asnawbar.

 

L'écotourisme comme credo
Avant de partir, n'oubliez pas de marquer un arrêt dans la cabane présente à chaque point d'entrée de la réserve pour bénéficier d'informations et pour repartir avec des souvenirs. Du miel, du thym, des poupées en tissu... Les habitants des sept villages ont mis la main à la pâte pour vous proposer des produits du terroir d'une qualité remarquable. L'argent est directement reversé à l'APJM qui s'occupe de la formation des guides, des maisons d'hôtes, et surtout de la préservation et du développement de la réserve naturelle.
Hier jeudi, cinq nouveaux sentiers sont inaugurés. Ces derniers sont entièrement financés par l'Agence américaine pour le développement international (USAid), dans le cadre du projet LIVCD. Véritable ode à l'écotourisme, ce programme a pour but d'améliorer la compétitivité du tourisme rural dans le Jabal Moussa. 800 emplois supplémentaires ont bénéficié aux populations locales et 18 guides sont maintenant opérationnels sur la réserve. Un développement dont se réjouit Georges Tohmé, le président du CNRS.

« Pendant la guerre, nous, les scientifiques, nous nous sommes cachés dans les montagnes. Nous voulions continuer notre travail de recherche sur la faune et la flore. Je n'aurais jamais cru que cette région deviendrait ce qu'elle est aujourd'hui », lance-t-il avec passion. Pierre Doumet, le président de l'APJM, précise ses ambitions : « Nous voulons sauver ce qui reste de notre réserve, pas seulement par l'interdiction, mais aussi en créant de nouvelles activités pour donner l'envie aux Libanais de redécouvrir Jabal Moussa. »

 

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Envie d'aventure ? D'échapper au quotidien urbain ? La solution est simple : prendre un bol d'air frais dans les délicieuses hauteurs libanaises. La réserve naturelle de Jabal Moussa ouvre ses portes aux visiteurs à seulement 50 kilomètres au nord de Beyrouth, entre les cazas du Kesrouan et de Jbeil. Ces montagnes abritent une biodiversité rare au Liban. Des pivoines du Kesrouan, des...

commentaires (3)

il serait bon d'ajouter une adresse pour se renseigner, touristes et residents auraient plus facilement acces a la region

kindarji joseph

12 h 11, le 16 juin 2017

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Commentaires (3)

  • il serait bon d'ajouter une adresse pour se renseigner, touristes et residents auraient plus facilement acces a la region

    kindarji joseph

    12 h 11, le 16 juin 2017

  • IL N,Y MANQUE QUE LES CHANTS DES OISEAUX MASSACRES ET DECAPITES AU LIBAN...

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    09 h 47, le 16 juin 2017

  • Excellent, bravo et e bientot

    Jack Gardner

    07 h 56, le 16 juin 2017

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