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À La Une - crise

Coup de tonnerre diplomatique : Riyad et ses alliés rompent avec le Qatar

Accusé de soutenir le "terrorisme", le Qatar dénonce une décision "injustifiée".

 

La rupture des liens diplomatiques de l'Arabie saoudite et de quatre de ses alliés avec le Qatar est accompagnée de mesures économiques comme la fermeture des frontières terrestres et maritimes, des interdictions de survol et des restrictions sur le déplacement des personnes. REUTERS/Hamad I Mohammed

L'Arabie saoudite et plusieurs de ses alliés ont rompu lundi avec le Qatar accusé de soutenir le "terrorisme", la plus grave crise diplomatique à frapper le Moyen-Orient depuis des années. Le Qatar, riche pays gazier du Golfe à la politique étrangère controversée, a réagi avec colère, en accusant à son tour ses voisins de vouloir le mettre "sous tutelle" et de l'étouffer économiquement.

Cette crise intervient deux semaines après une visite du président américain Donald Trump à Riyad où il a exhorté Arabes et musulmans à se dresser contre les groupes extrémistes et fustigé l'Iran dont le rapprochement avec le Qatar exaspère ses voisins. Plusieurs Etats, dont les Etats-Unis, la Russie, la Turquie et l'Iran, ainsi que la Ligue arabe, ont appelé au dialogue pour la désamorcer.

L'Arabie saoudite, Bahreïn, les Emirats arabes unis, le Yémen, l'Egypte et les Maldives ont annoncé la rupture des liens diplomatiques avec le Qatar. S'y ajoutent des mesures économiques comme la fermeture des frontières terrestres et maritimes, les interdictions de survol et des restrictions sur le déplacement des personnes.

Première conséquence: la suspension par l'Egypte et six compagnies aériennes du Golfe des vols sur Doha dont la compagnie Qatar Airways sera obligée de rallonger ses nombreuses routes vers l'Europe et les Amériques en raison de la fermeture de l'espace aérien saoudien. La fermeture du seul accès terrestre au Qatar, via l'Arabie saoudite, affectera les importations de biens de consommation, notamment de produits alimentaires.

 

 

Ruée sur les supermarchés
Affolés par le blocus de facto saoudien, des habitants de Doha ont pris d'assaut les supermarchés, où des queues se sont formées et où le lait, le riz ou le poulet ont rapidement disparu des rayons. "C'est un cycle de panique", dit Ernest, un Libanais, poussant deux chariots pleins à craquer.

Pour tenter de rassurer les habitants, le gouvernement a affirmé qu'il prendrait "toutes les mesures nécessaires pour mettre en échec les tentatives de nuire à (sa) population et (son) économie". La Bourse de Doha a elle aussi accusé le coup, clôturant en baisse de 7,58%.

Cette crise est la plus grave depuis la naissance en 1981 du Conseil de coopération du Golfe (CCG -Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Koweït, Oman et Qatar). Ce dernier y a toujours occupé une place à part, poursuivant sa propre politique régionale et affirmant son influence par le sport et les médias, avec l'organisation du Mondial-2022 de football et la chaîne de télévision Al-Jazira dont les bureaux à Riyad ont été fermés.

Le Qatar est accusé par ses détracteurs de soutenir les réseaux jihadistes el-Qaëda et groupe Etat islamique (EI), ainsi que les Frères musulmans classés "terroristes" par certains pays arabes. Il est aussi accusé de soutenir "les activités de groupes terroristes soutenus par l'Iran dans la province (saoudienne) de Qatif" où se concentre la minorité chiite, ainsi qu'à Bahreïn. L'Iran chiite est le grand rival régional de l'Arabie saoudite sunnite et leurs relations diplomatiques sont rompues depuis 2016.
Le Qatar a par ailleurs été exclu de la coalition militaire arabe qui combat au Yémen des rebelles pro-iraniens.

 

(Lire aussi : Crise autour du Qatar : enjeux, contexte et conséquences)

 

Appels au dialogue
Pour le Qatar, la rupture est une décision "sans fondement" dont "l'objectif clair est de placer l'Etat sous tutelle". Cela est "totalement inacceptable", ont dit les Affaires étrangères à Doha. Le Qatar, dirigé par le jeune émir cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, "n'interfère pas dans les affaires d'autrui" et "lutte contre le terrorisme et l'extrémisme", selon elles.

Alliée à la fois de Riyad et de Doha, Washington a invité les pays du Golfe à rester "unis". Les Etats-Unis disposent à Al-Udeid au Qatar d'une grande base aérienne où sont stationnés 10.000 soldats américains. Cette base, siège du commandement militaire américain chargé du Moyen-Orient, est utilisée pour les raids contre l'EI en Syrie et en Irak.

La Turquie a proposé son aide pour désamorcer la crise, alors que les chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif et russe Sergueï Lavrov se sont entretenus séparément par téléphone avec leur homologue qatari et ont appelé au dialogue.

La semaine dernière, le Qatar s'était dit victime de "hackers" ayant publié sur le site de l'agence officielle QNA de faux propos attribués à l'émir Tamim. Ces propos, considérés comme authentiques par Riyad et Abou Dhabi, rompaient avec le consensus régional sur des sujets sensibles, notamment l'Iran, vu comme un allié stratégique alors qu'il est considéré par Riyad comme "le fer de lance du terrorisme". Ils contenaient aussi des commentaires négatifs sur les relations entre l'administration Trump et le Qatar. Il s'agit "d'une campagne menée par Riyad et Abou Dhabi pour isoler le Qatar et par extension l'Iran", souligne l'analyste James Dorsey.

Déjà en 2014, Riyad, Manama et Abou Dhabi avaient rappelé leurs ambassadeurs à Doha pour protester contre le "soutien" du Qatar aux Frères musulmans.

 

 

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commentaires (7)

LES COUPS DE TONNERRE ONT COMMENCE... ET S,ETENDRONT PAR DESSUS LE GOLFE ARABIQUE...

JE NE COMMENTE PAS. JE PARLE AU PEUPLE.

17 h 08, le 06 juin 2017

Tous les commentaires

Commentaires (7)

  • LES COUPS DE TONNERRE ONT COMMENCE... ET S,ETENDRONT PAR DESSUS LE GOLFE ARABIQUE...

    JE NE COMMENTE PAS. JE PARLE AU PEUPLE.

    17 h 08, le 06 juin 2017

  • Il y a un pays qui rigole bien Israel Et pendant ce temps les palestiniens sont toujours dans la mouise

    FAKHOURI

    18 h 51, le 05 juin 2017

  • chou messieurs les iraniens vous aviez promis quoi au Qatar ... peut etre de le placer a la tete du GCC!?!?! ben faut revoir votre stratégie maintenant hiennnn les petits coquins

    Bery tus

    16 h 30, le 05 juin 2017

  • PRESSION INTERNATIONALE SUR L'ARABIE ET LES PAYS DU GOLF. OU VOUS COUPEZ AVEC QATAR OU BIEN ON COUPE AVEC VOUS. À VOUS DE CHOISIR. C'EST FAIT. LES COPTES VONT ÊTRE RASSURÉS PAR CE GESTE JE L'ESPÈRE.

    Gebran Eid

    15 h 15, le 05 juin 2017

  • C'est l'hôpital qui se fiche de la charité ! et pour le PSG...? :-)

    M.V.

    11 h 30, le 05 juin 2017

  • ca recommence : arabes unis un jour, desunis toujours faisant face a israel, daech et Co

    Gaby SIOUFI

    10 h 26, le 05 juin 2017

  • ON A BIEN LU QU'IL S'AGISSAIT DU qatar et non de l'Iran NPR !!!!!!!!!! JE CONTINUE À DIRE QU'ON VA Y ARRIVER DOUCEMENT MAIS SÛREMENT AU FAIT RÉEL ET AVÉRÉ QUE LA SOURCE DES RACINES DU TERRORISME SE TROUVE A ryadh ou jeddah. Tant qu'on aura pas déraciner les ramifications de ces sources on aura encore et encore des attentats wahabosalafistes dans le monde . On attend la réaction du qatar qui doit aussi en savoir sur cette source encore plus nauseeuse. WA SALAMMMMMMMMMMMMMMMMMMM. .....

    FRIK-A-FRAK

    09 h 57, le 05 juin 2017

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