X

À La Une

Rupture avec le Qatar : ce qu’il faut savoir

repère

Tout savoir sur le contexte, les mesures prises et les réactions face à ce séisme diplomatique qui a secoué le Moyen-Orient.

OLJ/AFP
05/06/2017

Trois Etats du Golfe, l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et Bahreïn, ainsi que l'Egypte, ont rompu lundi avec le Qatar, accusé de "soutien au terrorisme", et pris un train de mesures visant à l'isoler. Cette crise diplomatique est la plus grave depuis la création en 1981 du Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui regroupe l'Arabie saoudite, Bahreïn, les Emirats arabes unis, le Koweït, Oman et le Qatar.

 

Pourquoi ?

Riyad, Abou Dhabi et Manama ont justifié la rupture de leurs relations diplomatiques avec le Qatar par son "soutien au terrorisme", y compris el-Qaëda, le groupe Etat islamique (EI) et la confrérie des Frères musulmans. "Le Qatar accueille divers groupes terroristes pour déstabiliser la région, comme la confrérie des Frères musulmans, Daech (acronyme en arabe de l'EI) et el-Qaëda", a souligné Riyad.

Selon l'Arabie saoudite, Doha soutient aussi "les activités de groupes terroristes soutenus par l'Iran dans la province de Qatif (est)", où se concentre la minorité chiite du royaume saoudien, ainsi qu'à Bahreïn, secoué depuis plusieurs années par des troubles animés par la majorité chiite de ce pays.

 

 

 

Les mesures

- Rupture immédiate des relations diplomatiques avec le Qatar, Bahreïn, les Emirats et l'Egypte ordonnant à leurs diplomates de quitter Doha dans les 48 heures.

- Le Qatar a également été exclu de la coalition militaire arabe qui combat, sous commandement saoudien, des rebelles pro-iraniens au Yémen. Cette dernière mesure a été saluée par le gouvernement du président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi qui a aussi rompu avec Doha. 

- Fermeture des espaces aériens des trois pays du Golfe ainsi que de l'Egypte aux vols de la compagnie aérienne du Qatar. L'Egypte a également annoncé la fermeture des frontières "maritimes" avec le Qatar qui, selon le ministère égyptien des Affaires étrangères, "insiste à adopter un comportement hostile vis-à-vis" du Caire.

Les compagnies Etihad, Emirates et flydubai des Emirats arabes unis ont suspendu les vols sur Doha à partir de mardi matin. Dans des communiqués séparés, ces compagnies émiraties ont précisé que la suspension des vols avec le Qatar entrera en vigueur mardi matin "jusqu'à nouvel ordre". Les trois compagnies affirment assurer leurs vols prévus lundi et proposer à leurs clients "d'autres options", y compris des remboursements complets de billets d'avions. Elles présentent leurs excuses pour "la gêne" causée par la suspension de leurs vols en direction du Qatar.

Saudia, le transporteur national saoudien a également annoncé la suspension à partir de ce lundi matin de tous les vols à destination et en provenance du Qatar.

Qatar Airways a à son tour annoncé la suspension de tous ses vols vers l'Arabie saoudite.

 

 

- Fermeture de la frontière terrestre de l'Arabie saoudite avec le Qatar, ce qui bloque les importations de biens par voie terrestre du Qatar à travers l'Arabie saoudite.

- Interdiction pour les ressortissants des trois pays de se rendre au Qatar.

- Il a été demandé aux ressortissants du Qatar, visiteurs ou résidents permanents dans les trois pays, de partir dans un délai de 14 jours. Cette mesure contredit un accord sur la libre circulation au sein du Conseil de coopération du Golfe (CCG: Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Koweït, Oman, Qatar).

- Seuls les pèlerins du Qatar peuvent se rendre sur les lieux saints musulmans en Arabie saoudite.

- Fermeture des bureaux de la chaîne de télévision qatarie Al-Jazira en Arabie.

 

La réponse de Doha

Le Qatar a réagi avec colère en accusant à son tour ses voisins du Golfe de vouloir le mettre "sous tutelle" et de l'étouffer économiquement

Doha a rejeté une décision "injustifiée" et "sans fondement". Elle a été prise "en coordination avec l'Egypte" et a un "objectif clair : placer l'Etat (du Qatar) sous tutelle, ce qui marque une violation de sa souveraineté" et est "totalement inacceptable", a affirmé le ministère des Affaires étrangères à Doha. Le Qatar "n'interfère pas dans les affaires d'autrui" et "lutte contre le terrorisme et l'extrémisme", a-t-il ajouté.
L'émirat prendra "les mesures nécessaires pour mettre en échec les tentatives d'affecter sa population et son économie", a ajouté le ministère.

 

(Lire aussi : Crise autour du Qatar : enjeux, contexte et conséquences)


Le contexte

Cette crise intervient une semaine après une vive polémique suscitée par des propos attribués à l'émir du Qatar, le cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani. Ce dernier aurait critiqué la volonté de Riyad d'isoler diplomatiquement l'Iran tout en prenant la défense du Hezbollah et des Frères musulmans. Il aurait également tenu des propos assez négatifs sur les relations entre l'administration de Donald Trump et le Qatar, pourtant un proche allié des Etats-Unis. Les autorités qataries ont affirmé avoir été victimes de "hackers", mais cela n'a pas empêché Riyad et Abou Dhabi de bloquer, en conséquence, les médias qataris, comme Al-Jazira, sur leurs territoires.

La rupture des relations avec le Qatar intervient en outre 15 jours après une visite à Riyad du président des Etats-Unis qui avait exhorté les pays musulmans à se mobiliser contre l'extrémisme.

 

(Lire aussi : Le Conseil des pays du Golfe, une fragile unité à l'épreuve)



Les réactions


- Le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson a appelé les pays du Golfe à tenter de régler leurs divergences et à rester unis après la rupture des relations diplomatiques avec le Qatar. Le secrétaire d'Etat américain a cependant déclaré qu'il ne s'attendait pas à ce que cette crise "ait un impact significatif, ou d'impact du tout, sur le combat uni contre le terrorisme dans la région et dans le monde".

 - L'Iran a appelé le Qatar et ses voisins du Golfe à "un dialogue franc" pour résoudre leurs différends.
"La résolution des différends dans les pays de la région, y compris les problèmes actuels entre les trois voisins du Qatar et ce pays, n'est possible que par des moyens politiques et pacifiques et un dialogue franc entre les parties", indique un communiqué de Bahram Ghasemi, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères.

- La Turquie a appelé au dialogue et s'est déclarée prête à y aider. "Il peut y avoir des problèmes entre les pays (...) mais il faut que le dialogue se poursuive", a déclaré le chef de la diplomatie turque Mevlüt Cavusoglu lors d'une conférence de presse à Ankara.

- Le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, a regretté que les relations entre le Qatar et ses voisins du Golfe se soient dégradées au point d'entraîner une rupture des relations diplomatiques.

- Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a exprimé durant une conversation téléphonique avec son homologue qatari sa "forte préoccupation face à l'émergence d'un nouveau foyer de tensions dans le monde arabe" et appelé au dialogue pour faire face à "des défis sans précédents, en particulier à la menace du terrorisme".

- Le ministre israélien des Affaires étrangères a estimé que la rupture des principales monarchies du Golfe et de l'Egypte avec le Qatar ouvrait la porte à une coopération avec ces pays dans la lutte contre le terrorisme. La rupture avec le Qatar "est encore une nouvelle illustration du fait que même les Etats arabes comprennent que le danger réel sur la scène régionale ne vient pas d'Israël, des juifs ou du sionisme mais du terrorisme", a indiqué Avigdor Lieberman au Parlement.

- Florian Philippot, vice-président du Front national, a demandé à la France d'imiter trois Etats du Golfe et l'Egypte et de rompre à son tour avec le Qatar, accusé de soutenir le "terrorisme".

 

Lire aussi 

Après les sanctions, les Qataris se ruent sur les supermarchés

A Bahreïn, sévérité accrue contre les opposants depuis le voyage de Trump

Trump peut-il couper les tentacules de la « pieuvre iranienne » ?

L’Iran dénonce le « show » de Riyad et rejette les accusations de Trump

À Riyad, Trump et Salmane attaquent violemment l’Iran

À la une

Retour à la Une

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Bery tus

heheheh c'est l'hôpital qui se fou de la charite dans ce cas precis combien de fois les propagandistes iraniens ont accuser le Qatar et sa chaine el jazira de connivence avec les terroristes loool ... maintenant ils prennent sa defense ca fait rire !! et bien messieurs les iraniens il fat revoir votre lecture et stratégie maintenant la promesse seule faite au Qatar de devenir les chef du GCC tombe a l'eau !!!!

Dernières infos

Les + de l'OLJ

1/1

Les articles les plus

A WEEKLY EDITION CURATED AND
PERSONALIZED BY OUR EDITORIAL TEAM

SIGN UP TO OUR NEWSLETTER IN ENGLISH

More Info See Sample
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

L'Orient-Le Jour vous offre 5 articles

Nous sommes un journal indépendant, nous chérissons notre liberté qui découle de notre autonomie financière comme de nos principes éthiques. Votre soutien, cher lecteur, est plus que nécessaire pour pérenniser nos initiatives.

Je poursuis la lecture

4

articles restants