Liban

Le Conseil des ministres se réunira sans entériner une réforme électorale

L’éclairage
03/05/2017

C'est un Conseil des ministres au pronostic de réussite très peu optimiste qui doit se tenir demain jeudi au Sérail. À l'ordre du jour pour le gouvernement, le sempiternel projet de loi électorale ainsi que d'autres points importants, comme la prorogation du mandat du gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, mais ce qui est sûr, c'est que la question de la création d'un sénat ne sera pas abordée.

Loi électorale d'abord : aucune avancée ne semble se profiler d'ici à jeudi, bien au contraire. Le trouble semble bien installé entre les différentes parties au débat, puisque malgré un optimisme affiché en début de semaine par le parti des Forces libanaises, l'heure est désormais bien plus à la morosité dans ce dossier.

Les divergences demeurent entre les partisans de la loi fondée sur la formule d'habilitation et celle comprenant un système proportionnel. De toute évidence, le gouvernement n'entérinera aucun des projets de loi électorale proposés jusque-là en l'absence d'une mouture finale validée par tous les ministres. C'est en tout cas une source ministérielle FL qui l'assure, même si celle-ci relève qu'une proposition de vote au sein du Conseil a été faite, provoquant immédiatement un tollé dans les milieux du Hezbollah et du PSP.

 

(Lire aussi : Nasrallah se pose en arbitre suprême : Le consensus sinon le chaos)

 

Le Hezb estime en effet qu'une telle mesure aurait pour conséquence de produire encore plus de dissension sur la scène interne. Le PSP partage ce point de vue et a fait savoir par le biais du député Ghazi Aridi que les tensions seront exacerbées si un tel scénario se produisait. Pour lui, cette loi ne doit pas être le fruit d'un vote mais bien d'un consensus politique. Son parti refuse d'autre part de lier le dossier de la loi à la question de la création d'un sénat. D'abord parce que les chrétiens en revendiquent d'ores et déjà la présidence et que le PSP ne désire pas fabriquer une pomme de discorde supplémentaire en l'état actuel des choses, ensuite parce que la mise en place d'une Chambre haute suppose aussi et surtout un remaniement constitutionnel. Cette mesure nécessite du temps, de la réflexion et la mise en place de toute une logistique sur le plan technique pour que l'élection des potentiels futurs sénateurs puisse avoir lieu. En résumé, le PSP se dit aussi « guère confortable » politiquement et seul un consensus avec les autres formations politiques pourrait être de nature à le rassurer.

Ainsi, même s'il est évident que la loi électorale sera discutée en Conseil des ministres, c'est un autre sujet pressant qui sera vraisemblablement validé : la prorogation du mandat du gouverneur de la Banque centrale qui arrive à expiration le 31 juin prochain. L'urgence vient du fait qu'il semble le seul qualifié à prendre en charge les dossiers de l'étape à venir, à savoir les pourparlers avec le Fonds monétaire international et les États-Unis concernant les sanctions imposées pour enrayer les flux financiers du Hezbollah. Le Congrès américain serait vraisemblablement en train de préparer une loi renforçant les sanctions, ce qui inquiète les milieux du parti chiite et le pousse à presser la reconduction de M. Salamé.

 

(Lire aussi : Législatives : le patriarche Raï marque sa préférence pour le projet de Marwan Charbel)

 

Pour eux, il est le seul à bénéficier actuellement de la confiance des leaders américains et des responsables du FMI, donc le seul à même de mener au mieux des négociations qui s'avèrent délicates. La nouveauté, cette fois, provient du fait que la décision verra le jour sous forme de loi, alors qu'elle émane traditionnellement du Trésor américain et qu'elle est accompagnée de simples décrets d'application.

 

Lire aussi

Un comité d'experts pour sortir de l'impasse ?

Pas de divergences politiques profondes, affirme Bassil

 

Pour mémoire

Le maintien de la loi de 1960 se confirme

À la une

Retour à la page "Liban"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

ARRAB IYEM IL TINE... VENDEURS EXCLUSIFS : LES TINO-HEZBIOTES !

Bery tus

Mais si tout devrais être par consensus alors pq avoir un parlement ?!?! Bande d'hypocrite tout ceux qui demande la démocratie consensuel !! Bassil l'a demandé juste par respect pour son ex-allie .. donc si je comprend bien un parti veut le consensus quand ca l'arrange mais quand il s'agit d'aller en syrie ALORS ON S'EN FICHE DU CONSENSUS ET DES AUTRES COMMUNAUTÉS ?!? Vous en faite pas je crois que les autres partie ont bien noté

Dernières infos

Les + de l'OLJ

1/1

Les signatures du jour

Décryptage de Scarlett HADDAD

Des législatives internes et des enjeux externes

Citoyen grognon de Anne-Marie El-HAGE

Douze à l’heure

Le Journal en PDF

Les articles les plus

x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

X
Déjà abonné ? Identifiez-vous
Vous lisez 1 de vos 10 articles gratuits par mois.

Pour la défense de toutes les libertés.