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Liban - Camps palestiniens

À Aïn el-Héloué, calme précaire... jusqu’au prochain round de violence

La pression exercée par les partis politiques et les notables de Saïda sur les factions palestiniennes mène à une accalmie.

Lourds dégâts matériels à Aïn el-Héloué.

Aujourd'hui, les écoles de Saïda, limitrophes du camp de Aïn el-Héloué, rouvriront leurs portes. Hier, le calme restait précaire dans le camp palestinien le plus peuplé du Liban ainsi que dans les quartiers alentour au cœur de la capitale du Liban-Sud.

Aujourd'hui également, la vie devrait reprendre petit à petit dans le camp de Aïn el-Héloué, après des combats qui ont duré plusieurs jours, coûtant la vie à un civil et occasionnant de lourds dégâts matériels.
Ce calme restera précaire cependant, et les habitants de Saïda et de Aïn el-Héloué s'attendent, inévitablement, à un autre round de violence.

La situation à Aïn el-Héloué ne s'est calmée que sous la pression de tous les notables de Saïda, et un rien peut plonger à nouveau le camp palestinien le plus peuplé du Liban dans la violence.
Hier, la députée du courant du Futur Bahia Hariri, le secrétaire général de l'Organisation populaire nassérienne Oussama Saad, et Bassam Hammoud, vice-présent du conseil politique de la Jamaa islamiya, se sont mobilisés pour calmer la situation. Ils ont reçu divers responsables palestiniens, notamment une délégation formée à l'issue de la réunion de mardi à l'ambassade de l'Autorité palestinienne à Beyrouth, et cela dans le but de consolider le cessez-le-feu. Mme Hariri est même entrée en contact avec le chef de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, pour souligner que les Libanais tiennent à la stabilité de Aïn el-Héloué et de Saïda.

Dans le caza de Tyr, qui compte quatre camps palestiniens, et probablement pour éloigner le spectre de la contagion, une réunion du comité de coordination libano-palestinien s'est tenue dans la ville chef-lieu du caza en présence d'un représentant du président de la Chambre Nabih Berry.
À Beyrouth, le Premier ministre Saad Hariri a présidé une réunion sécuritaire pour discuter notamment de la situation du camp de Aïn el-Héloué. « Les notables de la capitale du Liban-Sud se sont mobilisés parce que si la situation devient véritablement ingérable à Aïn el-Héloué, c'est avant tout Saïda qui va en pâtir. Il y aura au moins 100 000 réfugiés palestiniens déplacés du camp. Et le problème qui se posera ne sera pas uniquement d'ordre humanitaire mais aussi sécuritaire », souligne une source bien informée à L'Orient-Le Jour.

 

(Lire aussi : Rapports de force et contrôle du camp au cœur des affrontements de Aïn el-Heloué, l'analyse de Scarlett Haddad)

 

Généralement, quand les combats éclataient à Aïn el-Héloué, c'est le Fateh qui œuvrait en premier lieu pour parvenir à un cessez-le feu dans le but d'épargner la violence à sa propre communauté. Or la branche armée de l'OLP est devenue, avec le temps, la cible des fondamentalistes du camp qui gagnent de plus en plus de terrain.

Il convient de signaler qu'à Aïn el-Héloué, contrairement à tous les autres lieux du Moyen-Orient où ce cas de figure pourrait se présenter, Jund Allah – branche sunnite du Hezbollah – cohabite parfaitement avec les groupuscules fondamentalistes relevant de l'État islamique et d'el-Qaëda. Selon la source bien susmentionnée, « une telle configuration est possible grâce à l'argent qui est versé à ces groupuscules fondamentalistes satellites de l'État islamique et d'el-Qaëda ». Plus que jamais donc, le Fateh veut mener une bataille jusqu'au bout pour prouver que c'est lui qui finira par mener le jeu dans le camp palestinien. C'est pour cette raison que les combats s'étalent désormais sur plusieurs jours et ne s'arrêtent que sous des pressions venues de l'extérieur.

Sur un autre plan, les réfugiés palestiniens de Aïn el-Héloué subissent une autre forme de pression, venue des autorités sécuritaires libanaises qui veulent que des hors-la-loi impliqués dans des affaires de terrorisme leur soient livrés. Il semble, selon la source précitée, que la partie libanaise est surtout intéressée par Chadi Mawlaoui, impliqué dans des actes terroristes contre l'armée à Tripoli et qui a trouvé refuge depuis plusieurs mois à Aïn el-Héloué.

 

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Aujourd'hui, les écoles de Saïda, limitrophes du camp de Aïn el-Héloué, rouvriront leurs portes. Hier, le calme restait précaire dans le camp palestinien le plus peuplé du Liban ainsi que dans les quartiers alentour au cœur de la capitale du Liban-Sud.
Aujourd'hui également, la vie devrait reprendre petit à petit dans le camp de Aïn el-Héloué, après des combats qui ont duré...
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