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Hariri hausse le ton : La présence massive de réfugiés syriens au Liban est "une bombe à retardement"

Liban

"Des violences sociales menacent la sécurité et la stabilité politique du pays", prévient le Premier ministre libanais à Bruxelles.

J.A.R. | OLJ
05/04/2017

Le Premier ministre libanais, Saad Hariri, a présenté mercredi le plan que le Liban compte mettre en œuvre pour traiter la crise des réfugiés syriens, appelant la communauté internationale à prendre ses responsabilités.

L'histoire d'Abdallah
M. Hariri a débuté son discours prononcé à Bruxelles, à l'ouverture d'une conférence internationale sur l'avenir de la Syrie et des pays de la région, par l'histoire d'Abdallah, un fermier libanais vivant avec sa femme et ses cinq enfants dans une petite cabane à Ersal, bourgade sunnite située à la frontière avec la Syrie.

Abdallah et les siens ont accueilli en 2011 une famille syrienne ayant fui la guerre dans son pays.  "Peu de temps après avoir accueilli cette famille, une association distribuant des aides humanitaires frappe à la porte d'Abdallah. Mais l'aide se révèle à peine suffisante pour les déplacés syriens et ne prenait pas en compte le besoins de la famille libanaise d'accueil. Aujourd'hui, Abdallah est aussi pauvre que les Syriens qu'il a hébergés, partage son repas avec eux et supporte seul le poids de leur présence. Les tensions entre les deux familles se sont accrues", raconte le chef du gouvernement libanais.

"Ce qui précède est l'histoire des quatre millions de Libanais qui hébergent un million et demi de déplacés syriens, auxquels s'ajoute un demi-million de réfugiés palestiniens déjà installés", indique-t-il.

Cette conférence constitue le point d'orgue de la tournée européenne du chef du gouvernement libanais qui s'est rendu dans ce cadre en France, où il s'est vu remettre les insignes de la Légion d'honneur par le président François Hollande, et en Allemagne, où il s'est entretenu avec la chancelière Angela Merkel.

 

(Lire aussi : À Bruxellles, Hariri s’emploiera à poser les conditions du Liban)

 

"Bombe à retardement"
M. Hariri a ensuite dressé un bilan global. "Le taux de croissance du PIB libanais est passé de 8% avant la crise à un peu plus de 1%. Depuis le début du conflit, le Liban a perdu 18 milliards de dollars jusqu'en 2015. Le taux de pauvreté a atteint 30%, le chômage a doublé, atteignant les 20% sur l'ensemble de la population et 30% chez les jeunes", a-t-il déclaré, ajoutant que les services publics libanais "sont surchargés et les infrastructures durement éprouvées" et que "la dette et le déficit budgétaire ont augmenté".

"De plus, les estimations suggèrent que plus de 500 000 jeunes Syriens et Libanais sont en danger car le mécontentement social augmente. 90% des jeunes Libanais se sentent menacés par les déplacés syriens et les tensions entre les deux communautés atteignent un niveau dangereux. Cela pourrait causer des troubles et des violences sociales menaçant la sécurité et la stabilité politique du pays", a souligné M. Hariri.

"La situation actuelle au Liban équivaut à une bombe à retardement", a prévenu le Premier ministre, qui a affirmé que "le Liban a respecté ses engagements".

 

(Lire aussi : Hariri à Bruxelles pour « monnayer » l’accueil des déplacés)

 

Stratégie à long terme
"La stratégie que nous vous proposons repose sur deux piliers : le lancement d'un programme d'injection massive de capitaux, qui aiderait à générer des emplois en direction des Libanais et des ressortissants syriens, et la mise en place de structures d'éducation pour les déplacés syriens, notamment en termes de formation technique et professionnelle", a déclaré M. Hariri.

"La crise en Syrie a duré plus de temps que nous aurions pu le prévoir", a déclaré M. Hariri.  "Il est de notre responsabilité de faire renaître l'espoir", a-t-il ajouté, soulignant que "pousser les réfugiés dans une situation d'insécurité conduirait à l'extrémisme".

"Nous appelons la communauté internationale à prendre ses responsabilités envers le Liban qui n'arrive plus à supporter le fardeau des réfugiés syriens", avait déclaré M. Hariri à Bruxelles avant l'ouverture de la conférence. "Nous voulons que le Liban se développe pour préserver la présence des Syriens sur notre territoire, d'autant que nous ne pouvons supporter d'aucune manière la présence d'un million et demi de réfugiés", a-t-il poursuivi, ajoutant que "le Liban assume sa part de l'action humanitaire". "La communauté internationale doit investir dans l'avenir du Liban", avait-il conclu.

 

 

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aliosha

Papa Noel c'est fini. Il faut etre propre et presenté tous nos plans de redressements noir sur blanc avec TRANSPARENCE ...

RE-MARK-ABLE

ON L'A DIT ET ÉCRIT AVANT LE MARQUIS DE SAAD .

ET ÇA A FAIT RIRE CERTAINS .

OÙ EST SCARLETT HADDAD ????????

L'Orient-Le Jour

Merci pour votre commentaire, l'erreur a été corrigée
Bien à vous

M.V.

Vu qu'Angela Merkel ,en voulait un Million ...elle doit faire un effort pour en prendre 1 Millions de plus ...

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

PARAGRAPHE 6 LIGNE 2 A LA FIN DOIT ETRE DEBUT ET NON DEBIT...

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

AINSI SE COMPORTENT CEUX A L,APPARTENANCE NATIONALE CONTRAIREMENT AUX AUTRES DONT L,APPARTENANCE EST PLUS QUE DOUTEUSE ET QUI N,ATTIRENT QUE LES MAUX ET LES PROBLEMES SUR LE PAYS...

Antoine Sabbagha

On ne peut pas dire mieux ,et nous ne pouvons que saluer notre premier ministre Hariri .

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