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Politique - Liban-Sud

Dynamitages dans le Sud, incendies dans la Békaa : nouvelles destructions israéliennes au Liban

Les troupes de l'État hébreu ont ouvert le feu à la mitrailleuse sur un véhicule de l’armée libanaise près de Khiam, proposée par Beyrouth comme future « zone pilote ».

Dynamitages dans le Sud, incendies dans la Békaa : nouvelles destructions israéliennes au Liban

Un soldat de l'armée libanaise inspectant des destructions causées par l'armée israélienne à une maison du village de Zaoutar el-Gharbiyé, dans le sud du Liban, le 8 août 2026, dans l'une des premières « zones pilotes » mises en place fin juillet. Photo Mahmoud Zayyat / AFP

L'armée israélienne a poursuivi dimanche ses dynamitages au Liban-Sud, notamment à Zaoutar el-Charqiyé (caza de Nabatiyé), tandis que ses drones ont largué des bombes incendiaires dans la Békaa occidentale, provoquant d’importants incendies dans des zones boisées et montagneuses.

Ces nouvelles destructions ont été signalées alors que Beyrouth a conditionné sa participation au prochain cycle de négociations directes avec Israël à l’acceptation de plusieurs exigences, au premier rang desquelles l'arrêt de ces démolitions quotidiennes dans les villages occupés au Liban-Sud.

Dans la nuit de samedi à dimanche, l’armée israélienne a bombardé avec des obus d'artillerie le secteur situé entre Zaoutar el-Charqiyé et Maifadoun, dans le caza de Nabatiyé, avant de pénétrer dans Zaoutar el-Charqiyé pour plusieurs opérations de dynamitage. Cette localité est la partie orientale située dans les premières « zones pilotes » établies en vertu de l'accord-cadre signé le 26 juin entre le Liban et Israël.

D'autres dynamitages du même type ont eu lieu après 2h du matin à Qantara, dans le caza de Marjeyoun, ainsi qu’à Haddatha, dans celui de Bint Jbeil. La déflagration à Qantara a été entendue jusque dans plusieurs villages du caza de Tyr, selon notre correspondant au Liban-Sud, Mountasser Abdallah.

L'armée libanaise ciblée par des tirs israéliens

Dans le caza de Marjeyoun, une force israélienne a ouvert le feu à la mitrailleuse sur un véhicule de l’armée libanaise près du triangle Khiam-Debbine-Hammam. Le véhicule a été endommagé, sans faire de blessé, a précisé la troupe dans un communiqué.

À Mansouri, l’artillerie israélienne a pris de nouveau pour cible le quartier d’al-Machaa, où plusieurs habitations ont été démolies pendant la nuit. Dans la matinée, l'aviation israélienne a également mené une frappe contre le pont de Mansouri, qui enjambe le canal d’irrigation entre Qasmiyé et Ras el-Aïn. Aucune évaluation de l’ampleur des dégâts subis par le canal n'a encore pu être effectuée, le site restant trop dangereux pour être approché.

Des habitants de cette localité côtière, dont la moitié est occupée par Israël, ont appelé à un rassemblement lundi près d’un barrage de l’armée libanaise à Amiriya sous le slogan « Mansouri n’est pas occupée ». Ils ont notamment dénoncé l'ordre d’évacuation forcée dont leur village a fait l'objet mercredi dernier dans un communiqué israélien, alors qu'ils réclament de pouvoir rester sur leurs terres après y avoir reconstruit leurs maisons et repris leurs activités quotidiennes.

Des tirs d'artillerie ont par ailleurs ciblé les hauteurs de Ali Taher, colline stratégique située au sud de Nabatiyé, où des drones israéliens ont largué des barils explosifs. Des véhicules militaires israéliens se sont par ailleurs déplacés de Haddatha en direction des abords de Aïta el-Jabal (Bint Jbeill), tandis que des tirs de ratissage à la mitrailleuse étaient effectués en direction de la localité.

À Froun, le président de la municipalité, Hassan Adel Baz, a appelé le Premier ministre Nawaf Salam pour lui demander de fournir des logements préfabriqués aux familles déplacées dont les habitations ont été détruites, alors que l’école qui accueille certaines d'entre elles doit être bientôt libérée pour la rentrée scolaire. Froun est également l'une des localités concernées par les zones pilotes.

Par ailleurs, dans la Békaa-Ouest, des drones israéliens ont largué des projectiles et des bombes incendiaires dans la montagne de Aïn el-Tiné, déclenchant de vastes incendies sur des terrains boisés et montagneux, a rapporté notre correspondante dans la région Sarah Abdallah.

Beyrouth pose ses conditions

Sur le plan politique, une source proche de la direction de la délégation libanaise a indiqué samedi que le Liban ne participerait pas au prochain cycle de négociations directes avec Israël, prévu début septembre, si Tel-Aviv n’acceptait pas au préalable ses conditions. « Il n’y aura pas de nouvelles négociations tant qu’Israël n’aura pas accepté les conditions du Liban », parmi lesquelles « un cessez-le-feu total » et « l’arrêt des destructions et des travaux de terrassement menés par l’armée israélienne », a affirmé cette source.

Beyrouth continue également de réclamer l'établissement de nouvelles zones pilotes, proposant notamment Khiam et Bint Jbeil comme prochains secteurs dans lesquels l’armée libanaise se redéploierait. Le lieutenant-général Joseph Clearfield, président du mécanisme de surveillance du cessez-le-feu dirigé par les États-Unis qui s'est rendu en Israël, est attendu à Beyrouth pour discuter d’un éventuel élargissement de ces zones, selon des médias locaux.

Les négociations continuent toutefois de diviser la classe politique libanaise. L'uléma chiite Ali Fadlallah a estimé dimanche qu'elles devaient être jugées en fonction de leurs résultats, citant « la libération du territoire, le retour des habitants, le retour des prisonniers et le lancement de la reconstruction », tout en appelant le Liban à ne faire « aucune concession ».

Pour sa part, le député Hezbollah Hussein Hajj Hassan, président du bloc parlementaire de Baalbeck-Hermel, a critiqué les négociations directes lors de l’inauguration d’un puits d’eau potable alimenté par l’énergie solaire à Chemstar, dans la Békaa. Selon lui, les sept cycles de pourparlers n’ont produit aucun résultat tangible et il a accusé la délégation libanaise de se conformer aux « diktats américains et israéliens ». « Les résultats doivent être mesurés à l’aune de ce qui est réellement accompli sur le terrain », a-t-il déclaré.

À l’autre bout de l’échiquier, le député des Forces libanaises (FL), Nazih Matta, qui s’exprimait sur la radio Sawt Kol Lebnan, a estimé qu’« Israël a gagné la guerre et se trouve désormais en position d’imposer ses conditions », laissant le Liban « obligé de suivre une voie bien précise ». Le parlementaire a également a appelé à renforcer le soutien à l’armée libanaise et accusé le Hezbollah de ne pas coopérer avec elle. « Si ma maison se trouvait dans le Sud, je dirais à l’armée libanaise : fouillez ma maison ».

De son côté, le président des Kataëb, Samy Gemayel, a déclaré que le parti chrétien, farouchement opposé au Hezbollah, « restera aux côtés de l’État dans la bataille pour reconquérir le Liban et ne changera pas de position sous la pression ». Il a ajouté que les Kataëb faisaient clairement la distinction entre la communauté chiite, partenaire de la fondation et de la construction du Liban, et le projet iranien incarné, selon lui, par le parti-milice pro-iranien.

L'armée israélienne a poursuivi dimanche ses dynamitages au Liban-Sud, notamment à Zaoutar el-Charqiyé (caza de Nabatiyé), tandis que ses drones ont largué des bombes incendiaires dans la Békaa occidentale, provoquant d’importants incendies dans des zones boisées et montagneuses.Ces nouvelles destructions ont été signalées alors que Beyrouth a conditionné sa participation au prochain cycle de négociations directes avec Israël à l’acceptation de plusieurs exigences, au premier rang desquelles l'arrêt de ces démolitions quotidiennes dans les villages occupés au Liban-Sud.Dans la nuit de samedi à dimanche, l’armée israélienne a bombardé avec des obus d'artillerie le secteur situé entre Zaoutar el-Charqiyé et Maifadoun, dans le caza de Nabatiyé, avant de pénétrer dans Zaoutar el-Charqiyé pour...
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