Le patrarche Raï. Photo d'archives Ani
Le patriarche maronite Béchara Raï a souhaité dimanche que le Liban reste ferme dans ses revendications de souveraineté et a exprimé l’espoir que les négociations avec Israël débouchent sur une paix juste et durable, dans son homélie dominicale lors d'une messe célébrée à Harf Miziara (caza de Zghorta).
« Nous prions pour que les négociations et les efforts en cours portent leurs fruits sous la forme d’une paix juste et durable, qui préserve le Liban, mette fin aux attaques, conduise à un retrait de notre territoire, permette aux déplacés de retourner dans leurs villages et lance les efforts de reconstruction », a déclaré Mgr Raï.
Ces déclarations du dignitaire religieux chrétien interviennent alors que le Liban a conditionné sa participation au prochain cycle de négociations directes avec Israël, attendu début septembre, à l’acceptation par l'État hébreu d'une série de demandes, selon une source proche de la délégation libanaise. Beyrouth maintient sa demande de création de nouvelles « zones pilotes », Khiam et Bint Jbeil figurant parmi les localités proposées, ainsi que d’un cessez-le-feu total et de l’arrêt des démolitions et travaux de terrassement menés par l’armée israélienne. Selon la même source, le Liban ne veut pas que la poursuite des discussions devienne une fin en soi et cherche des avancées concrètes sur le terrain avant d’accepter de continuer le processus.
Le patriarche a également renouvelé son soutien à l’armée libanaise, qu’il a décrite comme « l’institution qui unit la nation », appelant à la renforcer, à l’équiper et à garantir un traitement équitable à ses membres. « L’État seul » doit détenir l’autorité sur la loi ainsi que sur les décisions de guerre et de paix, a-t-il ajouté.
Le cardinal Raï a aussi exprimé son soutien aux personnes confrontées à des difficultés économiques. « Nous réclamons de véritables réformes, pas des slogans : une justice indépendante, une administration transparente et une reddition de comptes qui n’épargne personne », a-t-il dit, appelant à faire toute la lumière sur l’enquête concernant l’explosion au port de Beyrouth en 2020. Mgr Raï s’est enfin félicité de la récente décision du Conseil d’État concernant la confiscation de terrains par l’État.
Mgr Audi : œuvrer pour le bien commun
De son côté, Mgr Elias Audi, métropolite grec-orthodoxe de Beyrouth, a affirmé, dans son homélie, que le monde n’avait pas besoin de partis politiques et d’associations se vantant de défendre les droits des chrétiens, mais plutôt de responsables et de dirigeants qui ne multiplient pas les promesses et œuvrent discrètement pour le bien commun.
Les propos de Mgr Audi interviennent dans un contexte de préoccupations renouvelées au sein de certains milieux chrétiens concernant la représentation de la communauté dans les institutions publiques libanaises. Un rapport publié fin juillet par Labora, une organisation affiliée au patriarcat de Bkerké, a critiqué ce qu’il décrit comme une faible présence des chrétiens dans les récentes nominations gouvernementales, suscitant des appels de certaines personnalités politiques chrétiennes à remédier à ce qu’elles considèrent comme une marginalisation croissante. Des responsables gouvernementaux ont rejeté ces affirmations.

