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Liban

À Bruxellles, Hariri s’emploiera à poser les conditions du Liban

Réfugiés syriens

Le Premier ministre se présente devant la conférence internationale sur la Syrie avec une proposition concrète pour justifier la demande d'aides.

05/04/2017

Après son passage à Berlin, le Premier ministre, Saad Hariri, se rend aujourd'hui, accompagné d'une délégation ministérielle, à Bruxelles où s'ouvre la Conférence internationale sur l'avenir de la Syrie et des pays de la région. Une rencontre au cours de laquelle sera longuement examinée la question des aides aux réfugiés et leur situation dans les pays d'accueil.

La conférence, qui se tiendra au niveau ministériel, réunira 70 délégations représentant des pays, des organisations internationales et la société civile. Ce rendez-vous sera l'occasion de faire le point sur les engagements pris par la communauté internationale lors de la conférence de Londres en février 2016 et « non tenus » selon le Liban, « partiellement », diront des responsables de l'ONU.

Pour la première fois depuis le début de la crise en Syrie, le Liban s'adressera à ses interlocuteurs européens et internationaux avec un plan directeur en main définissant les besoins du pays et la stratégie que le gouvernement compte mettre en place pour faire front à ce qu'il considère désormais « comme un fardeau devenu trop lourd à porter par le Liban seul ». C'est sur ces deux aspects principalement que M. Hariri s'adressera aux pays participants.

« Le Premier ministre se rend à Bruxelles dans un nouvel état d'esprit : désormais, ce n'est plus la communauté internationale qui pose les conditions, mais le Liban », affirme Ziad el-Sayegh, l'expert sur les questions liées aux réfugiés, qui accompagne la délégation libanaise.

 

(Lire aussi : À l'Élysée, Saad Hariri, commandeur de la Légion d'honneur)

 

Devant les pays donateurs, M. Hariri évoquera la lourde crise économique par laquelle passe le pays en ce moment et la nécessité de faire en sorte de mener de pair l'aide humanitaire et le développement. Ce dernier devrait profiter aux sociétés d'accueil par le biais de l'amélioration de leurs infrastructures génératrices d'emplois, qui devrait bénéficier aussi bien aux Libanais qu'aux Syriens.

Il s'agit de voir notamment comment mettre à profit la main-d'œuvre syrienne et l'investir dans les secteurs agricoles et du bâtiment, une pratique qui est largement « antérieure à la crise en Syrie », comme le rappelle M. Sayegh. Ce dernier tient à souligner au passage que ce sont principalement les ouvriers syriens qui ont aidé à la reconstruction du Liban après la guerre civile et que leur apport est aujourd'hui primordial dans le secteur agricole où la main-d'œuvre locale fait défaut.

En essayant de créer des opportunités de travail aussi bien pour les Libanais que pour les Syriens, le Premier ministre entend répondre à une situation de concurrence qui a exacerbé, au cours des dernières années, la tension sociale. « Désormais, on passe de la politique politicienne à la définition de politiques publiques », commente encore M. Sayegh qui met en avant le choix fait par le gouvernement libanais de « centraliser la décision et l'action en privilégiant la coordination ». Et de souligner, en réponse à une question de L'OLJ, que « l'État doit en même temps retrouver sa crédibilité aussi bien auprès de l'opinion publique libanaise qu'auprès de la communauté internationale en faisant montre de transparence ».

« Il n'est jamais trop tard pour bien faire », commente le directeur d'une ONG locale impliquée, depuis des années, dans le travail avec les réfugiés et qui a requis l'anonymat. Le responsable espère toutefois que cette stratégie annoncée ne restera pas lettre morte « comme bien d'autres avant elle », et que le gouvernement pourra être à même de centraliser et de gérer le dossier comme il se doit.

 

 

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