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Moyen-Orient - Guerre

L'Iran exige que les États-Unis acceptent « toutes » ses conditions pour rouvrir Ormuz ; 11 morts dans une frappe houthie au Yémen

« Tant que les États-Unis ne changeront pas de comportement, le détroit d'Ormuz restera fermé », a prévenu le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien.

Une photo fournie par le bureau de la présidence iranienne montre le président iranien Masoud Pezeshkian (au centre, au second plan) lors d'une conférence de presse à Téhéran, le 8 août 2026. Photo Bureau de la présidence iranienne / AFP

Le détroit d'Ormuz, enjeu majeur de la guerre au Moyen-Orient, restera verrouillé tant que Washington n'acceptera pas « toutes » les conditions posées par Téhéran, ont insisté dimanche les Gardiens de la Révolution, éloignant l'espoir d'un règlement rapide du conflit.

« L'ennemi a concentré tous ses efforts sur l'ouverture du détroit d'Ormuz (...) et maintenant ce détroit est en réalité pour nous un théâtre de guerre et plus seulement une voie maritime », a martelé le corps des gardiens, puissante armée idéologique iranienne. « Notre stratégie actuelle est de maintenir ce détroit fermé jusqu'à ce que l'ennemi accepte toutes nos conditions ».

Loin devant le nucléaire et les missiles iraniens mis en avant fin février pour justifier l'offensive américano-israélienne, la réouverture de ce passage vital pour le commerce mondial des hydrocarbures est désormais la priorité n°1 de Donald Trump. Ces derniers jours encore, il n'a cessé de promettre que les discussions allaient bon train et que son déblocage était imminent.

Mais les conditions drastiques listées samedi par Téhéran augurent d'un bras de fer : les Etats-Unis doivent « mettre fin définitivement à la guerre et à l'agression » contre l'Iran et ses alliés, y compris au Yémen et en Irak, lever le blocus imposé aux ports iraniens, « indemniser intégralement l'Iran pour les dommages causés » par les hostilités, lever les sanctions contre l'économie et débloquer « sans condition » les avoirs iraniens gelés, a notamment énumé le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, Mohammad Bagher Zolghadr.

Nombre de ces dispositions figuraient déjà dans le protocole d'accord irano-américain signé en juin, qui devait ouvrir la voie à des négociations plus larges et avait permis une brève réouverture d'Ormuz couplée d'un reflux des prix du pétrole - avant que le processus ne déraille.

Alors que des divergences avec les États-Unis ont émergé au fil du conflit, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a lui insisté dimanche sur le volet nucléaire, redisant qu'« avec ou sans accord », l'Iran « n'aurait pas d'armes nucléaires ».

« Échange de messages »

Tout en réfutant la tenue de négociations avec Washington - dont le président américain s'est plusieurs fois prévalu - le chef de la diplomatie iranienne a fait état dimanche d'« un échange de messages à travers des intermédiaires ».

« Ça ne s'appelle pas une négociation. Ça s'appelle échanger des messages », a argué Abbas Araghchi. Il a exclu de renouer le dialogue « tant que les violations américaines » du protocole d'accord ne cessaient pas. Et d'autres responsables ont adopté un ton menaçant : « si des forces militaires américaines pénètrent en Iran, nous leur couperons les pieds et apporterons une réponse décisive et dissuasive à toute action ennemie », a prévenu Ali Jahanshahi, commandant des forces terrestres, cité par la télévision d'Etat.

L'Iran affirme ne dialoguer qu'avec Oman, l'autre pays riverain du détroit d'Omuz, pour tracer un futur itinéraire de passage. Ces discussions en sont toujours à leur « phase finale », a redit M. Araghchi, alors que Téhéran refuse de revenir à la situation d'avant-guerre et entend imposer à terme des frais de service à Ormuz, contre l'avis de Washington.

Les bombardements américains ont eux cessé depuis plus d'une semaine. Mais Donald Trump avait conditionné cette suspension à la conclusion d'un accord rapide, laissant planer la menace de nouvelles frappes massives.

Dans ce contexte, l'amiral Brad Cooper, chef du commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom), s'est rendu samedi en Israël, aux Émirats arabes unis et à Bahreïn, pour une « évaluation de la situation », selon la radio israélienne publique Kan. Ni Washington ni Israël n'ont confirmé le déplacement.

Les houthis visent un port yéménite et une raffinerie saoudienne

Sur le front de guerre le plus récent, les rebelles yéménites houthis ont tout d'abord revendiqué dimanche une frappe de drone sur la raffinerie du géant pétrolier saoudien Aramco, sur la mer Rouge. Riyad, qui soutient le gouvernement yéménite face à ces rebelles, a annoncé qu'un incendie, dont il n'a pas précisé la cause, avait été maîtrisé sur le site de Jazan.

Les houthis, soutenus par l'Iran, ont par la suite tiré des missiles balistiques et des drones sur des « troupes de l'ennemi saoudien et des dépôts d'armes dans la zone de Mokha », ville portuaire yéménite plus au sud, faisant selon une source médicale au moins 11 morts, civils et militaires.

Après quatre ans d'accalmie, les hostilités dans ce conflit ont repris en juillet, marquant une nouvelle étape de l'embrasement régional consécutif à la guerre irano-américaine. Les houthis avaient alors annoncé un blocus des navires saoudiens en mer Rouge, devenue un passage essentiel pour le transport d'hydrocarbures depuis que le détroit d'Ormuz est verrouillé par l'Iran. Ils ont aussi frappé à plusieurs reprises le royaume, pour la première fois depuis une trêve négociée en 2022.

Dans ce contexte, l'Arabie saoudite, alliée des États-Unis et déjà ciblée par l'Iran pendant la guerre, a signé vendredi avec le Pakistan et la Turquie un pacte de défense mutuelle. « Il est important de nous réapproprier davantage notre région, car les puissances hégémoniques extérieures ne résolvent pas les problèmes de la région, elles les exacerbent », a justifié le chef de la diplomatie turque Hakan Fidan dans une interview à l'agence publique Anadolu. Le ministre a estimé que l'alliance ne devait « pas se limiter à trois pays », disant penser notamment que l'Égypte la rejoindrait « à la prochaine étape ».

Le détroit d'Ormuz, enjeu majeur de la guerre au Moyen-Orient, restera verrouillé tant que Washington n'acceptera pas « toutes » les conditions posées par Téhéran, ont insisté dimanche les Gardiens de la Révolution, éloignant l'espoir d'un règlement rapide du conflit.« L'ennemi a concentré tous ses efforts sur l'ouverture du détroit d'Ormuz (...) et maintenant ce détroit est en réalité pour nous un théâtre de guerre et plus seulement une voie maritime », a martelé le corps des gardiens, puissante armée idéologique iranienne. « Notre stratégie actuelle est de maintenir ce détroit fermé jusqu'à ce que l'ennemi accepte toutes nos conditions ».Loin devant le nucléaire et les missiles iraniens mis en avant fin février pour justifier l'offensive américano-israélienne, la...
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